CARBONATES DE CUIVRE
On n’a pas isolé le carbonate neutre de cuivre. La mysorine, que l’on a considérée longtemps comme un carbonate neutre naturel de cuivre, n’est, très-probablement qu'un mélange de cuivre carbonaté d’oxyde de cuivre et d’autres carbonates.
1518. Malachite. En versant dans une dissolution légèrement chauffée de sulfate de cuivre un carbonate alcalin, on obtient un précipité volumineux qui se transforme à l’ébullition en une poudre verte employée dans la peinture à l’huile, sous le nom de vert minéral; c’est, un carbonate bibasique de cuivre, 2CuO,COa.IIO, de même composition que la malachite , carbonate vert de cuivre, très-abondant dans l’Oural et dans la Sibérie, que l’on emploie dans la confection d’objets d’ornement.
1519. A*sirite. — On trouve aussi dans la nature un autre carbonate de cuivre, l’azurite, carbonate sesquibasique, 3CuO,2CO’,HO, remarqua ble par sa belle couleur bleue, qu’on employait autrefois dans la fabrication des papiers peints, avant que l’outremer artificiel fût à si bas prix1. Sa poussière constituait les véritables cendres bleues , qu’il ne faut pas confondre avec les cendres bleues artificielles, mélange de chaux, de sulfate de chaux et d’hydrate bleu de cuivre, obtenu en précipitant le sulfate de cuivre par de la chaux, et employé au même usage.
Pendant longtemps on a fabriqué, en Angleterre, par un procédé tenu secret, de véritables cendres bleues ; il est probable qu’on utilisait la. réaction en vases clos du carbonate de chaux sur l’azotate de cuivre en dissolution (693). Car les carbonates de soude ou de potasse, donnent bien en réagissant sur l’azotate de cuivre, en présence d’une petite quantité d’eau, un très-beau produit bleu, mais c’est un carbonate double. Celui de potasse est facilement décomposable par l’eau, mais le sel de soude
Na0,C02-f Cu0,C02,
1 L'outremer est une magnifique couleur bleue qu’on retire du lapis-lazuli, minéral assez rare qui nous vient du nord de l’Asie. On sait peu de chose sur la composition de ce corps, mais on peut l’imiter aujourd’hui par des procédés dus à divers chimistes, et notamment à M. Guimet.