BROMURES ET I0DURES DE PLATINE
1687. Les bromures et iodures de platine correspondent aux chlorures ; comme eux ils donnent naissance à de nombreux bromures et iodures doubles isomorphes des chlorures doubles correspondants. On prépare le bibromure de platine en dissolvant le platine dans un mélange d’acide azotique et bromhydrique ; en évaporant à une douce chaleur on obtient une masse brune et déliquescente de bibromure.
Le protobromure est une poudre d’un vert brun, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide bromhydrique et le bromure de potassium. On l’obtient en chauffant à 200° le bromure de platine acide.
Les iodures de platine ont peu d’intérêt.
CYANURES DE PLATINE.
On n’a pas isolé le protocyanure de platine, mais on connaît de nombreuses combinaisons de ce corps avec les cyanures alcalins et métalliques.
1688. Cyanure de platine et de potassium. — KCy-f- PtCy + 0 110. On l’obtient d’ordinaire en chauffant au rouge naissant un mélange à
parties égales de platine en éponge et de cyanure jaune parfaitement desséché. On reprend par Feau la masse calcinée ; la liqueur ainsi obtenue laisse déposer des cristaux de cyanure double. Il se forme également, avec dégagement d’hydrogène, quand on chauffe du platine divisé avec une solution concentrée de cyanure de potassium (H1 Sainte- Claire Deville et Debray).
Ce sel cristallise en longs prismes rhomboïdaux qui paraissent jaunes à la lumière transmise et bleus à la lumière réfléchie. Ils sont efflorescents ; mais on ne peut leur enlever complètement leur eau sans les décomposer. Leur solution précipite un grand nombre de dissolutions métalliques en donnant des composés qui rentrent tous dans la formule générale MCy -+- PtCy ; il existe aussi des cyanures doubles de platine et de barium, de magnésium et d’yttria qui sont solubles. On donne à ces composés le nom de platinocyanures ; ils sont remarquables par la beauté de leurs nuances; deux des plus intéressants sont les platinocyanures de magnésium et d’yttria qui cristallisent en beaux prismes dichroïques, rouges par transmission et d’un vert extrêmement riche par réflexion.
En traitant le sel de cuivre ou de mercure en suspension dans l’eau, par l’hydrogène sulfuré, on obtient une dissolution d’acide platinocyanhydrique (HGy-t-PtGy), qu’on évapore, et l’on reprend le résidu par un mélange d’alcool et d’éther qui le laisse déposer spontanément en prismes d’une couleur bleue foncée si la cristallisation a été lente ; si elle est rapide les cristaux ont tantôt des reflets cuivrés ou dorés. On peut les chauffer à 140° sans les détruire. Leur dissolution se comporte comme un acide puissant.
Les autres cyanures de platine sont moins importants.