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Alliages du palladium.
1759. Le palladium s’unit facilement à la plupart des métaux, en donnant des alliages cassants sans applications. Les dentistes utilisent seulement l’amalgame de palladium, comme mastic pour le plombage des dents en remplacement de l’amalgame de cuivre. On le prépare plus facilement encore que ce dernier, en triturant dans un mortier le palladium divisé que donne la précipitation de ses dissolutions parle sulfate de protoxyde de fer; on obtient ainsi une matière plastique, qui durcit rapidement et s’altère peu sous les influences diverses auxquelles on la soumet .
Le palladium a été employé pur ou même allié à un peu d’or pour la fabrication des cercles divisés des instruments d’astronomie. L’argent, à raison de sa blancheur, est plus propre que tout autre métal à cet usage, mais au bout de quelque temps il est terni par les exhalaisons sulfureuses de l’air, il devient jaune et finalement noir. Le palladium ne subit pas ce genre d’altération.
Le cercle mural de l’observatoire de Grenwich est en palladium pur, celui de Paris contiendrait un peu d’or.
RHODIUM Rh= 52,16.
Le rhodium a été découvert par Wollaston en 1805, en même temps que le palladium. Le minerai de Colombie en contient plus de 5 p. 100 qui restent dans l’eau mère du minerai de platine, après la précipitation de ce métal par le sel ammoniac, avec le palladium.
1740. Voici comment Wollaston isolait ce métal. L’eau mère du platine étant traitée, comme il a été dit, pour en retirer le palladium au moyen du cyanure de mercure (1716), on verse dans la liqueur de l’acide chlorhydrique, pour détruire le cyanure de mercure en excès et le transformer en chlorure. Le résidu bien desséché et pulvérisé était mis en digestion avec de l’alcool (Dr=0,857) qui dissout les chlorures doubles (jue le platine, l’iridium, le cuivre et le mercure forment avec le chlorure de sodium, et qui ne dissout pas celui de rhodium et de sodium. Ge sel reste sous forme de poudre d’un beau rouge foncé ; on le lave avec de l’alcool, puis on le réduit par l’action de la chaleur seule, ou
mieux en le chauffant au rouge sombre dans un courant d’hydrogène.
Aujourd’hui, on retire le rhodium des osmiures ou plutôt d’une espèce particulière de résidus par des procédés qui seront décrits plus loin (1760).
1741. Propriétés. — Le rhodium réduit du chlorure se présente sous forme de poudre métallique, brillante, d’une couleur blanche à reflet rougeâtre. Il est moins fusible que le platine, mais on le fond néanmoins dans le four en chaux (1675) au moyen du gaz de l'éclairage et de l’oxygène. Il est difficile de l’empêcher de rocher et sa surface se recouvre d’une couche noire d’oxyde RhO si on ne le laisse pas refroidir dans l’hydrogène, sa densité est égale à 12.1 ; il est peu malléable (H. Sainte- Glaire-Deville et Debray).
Le rhodium précipité de ses dissolutions par l’acide formique est une poudre noire très-divisée, qui a la propriété de décomposer l’acide formique en acide carbonique et hydrogène. Il transforme aussi l’alcool en présence des alcalis en acétate alcalin, avec dégagement d’hydrogène (II. Sainte-Claire-Deville et Debray).
Le rhodium ainsi précipité est soluble dans l’acide sulfurique concentré à chaud et dans l’eau régale il en est de même du métal obtenu en réduisant les dissolutions de rhodium par l’alcool, en présence d’un grand excès de potasse. Mais le rhodium fortement chauffé perd cette solubilité et devient absolument inattaquable par tous les acides simples et par l’eau régale. Pour le dissoudre, il faut le réduire en poudre fine et l’attaquer au rouge par le bisulfate de potasse, qui le transforme en sulfate double soluble, ou bien encore le mélanger avec du sel marin et chauffer le mélange au rouge sombre dans un courant de chlore. Il se forme alors un chlorure double soluble dans l’eau (1748).
Le rhodium métallique est attaqué par le chlore au rouge, mais le chlorure (Rh2Cl3) ainsi obtenu n’est pas soluble dans l’eau. Le soufre Latia que aussi, à chaud, en donnant une masse fusible qui ne se décompose qu’à une température très-élevée.
OXYDES DU RHODIUM.
On connaît quatre oxydes du rhodium, qui répondent aux formules RhO, Rh203, RhO2 et RhO3; ces oxydes sont facilement réduits par l’hydrogène et quelquefois avec incandescence.
1742. Protoxyde de rhodium RhO. — Le rhodium pulvérulent chauffé au rouge se transforme en protoxyde noir amorphe; la cou-
LIV. III, CIIAP. XXVIII, ACIDE RHODIQUE. pellation de l’alliage de rhodium et de ploml) donne le même oxyde cristallisé (II. Sainte-Claire-Deville et Debray). Claus l’a également obtenu amorphe par la calcination de l’hydrate de sesquioxyde. C’est donc le plus stable des oxydes de rhodium, mais il se décompose néanmoins à une température extrêmement élevée.
1745. Sesquioxyde de rhodium Rh2ÜJ. — C'est le produit de la calcination de l’azotate de rhodium ; M. Frémy l’a obtenu en cristaux en chauffant au rouge le chlorure double de rhodium et de sodium dans un courant d’oxygène. Matière grise à reflets métalliques.
Lorsqu’on précipite la dissolution de rhodium par la potasse, il se forme un hydrate de sesquioxyde jaune-citron (Rh2035H0) qui retient toujours de la potasse. Cet hydrate est soluble dans la potasse concentrée, mais il se précipite complètement dans des liqueurs étendues.
La dissolution alcaline d’oxyde de rhodium donne, par une ébullition prolongée avec l’alcool, un précipité noir, facile à laver, de rhodium métallique.
L’hydrate jaune récemment précipité se dissout facilement dans tes acides (même dans l’acide acétique). Il devient insoluble par la calcination.
1744. Bioxyde de rhodium (RhO2). — Lorsqu’on fond le sesquioxyde de rhodium avec de la potasse et du nitre, on obtient une matière brune, insoluble dans les acides et dans les alcalis, qui est le bioxyde de rhodium anhydre.
Son hydrate vert (Rh02,2II0) se forme lorsqu’on fait passer un courant de chlore dans une solution concentrée de potasse tenant en dissolution ou en suspension de l’oxyde jaune (Rh205,Aq). La couleur de cet oxyde change peu à peu ; il cesse d’être gélatineux et devient vert . U se dissout facilement dans l’acide chlorhydrique en donnant un dégagement de chlore jusqu’au moment où tout est transformé en chlorure rose.
1745. Acide rhodique RhO3. — 11 se forme en outre dans l’expérience précédente une liqueur bleue qui, d’après Claus, contient du rhodate de potasse. L’acide azotique y produit un précipité floconneux bleu qui est peut-être de l’acide rhodique hydraté ; par la dessication, il se réduit en donnant l’hydrate vert de bioxyde.
CHLORURES DE RHODIUM.
1746. Sesquichlorure anhydre Rh2Cl3. — Le rhodium divisé, chauffé dans le chlore à une haute température, donne un chlorure rose, sesqui, insoluble dans l’eau, qui est le chlorure. C’est un corps rougebrun. que la potasse attaque en donnant de l’oxyde jaune hydraté de rhodium. D’après Claus, on l’obtient plus facilement en chauffant du chlorure double de rhodium et de sodium avec de l’acide sulfurique concentré. Le mélange est versé dans l’eau, qui dissout le sulfate de soude et un peu de sulfate de rhodium; il reste un résidu insoluble de sesquichlorure identique à celui qu’on obtient par voie sèche. Cette même réaction s’applique à la préparation du chlorure d’iridium.
1747. Sesquichlorure hydraté Rh2Cl6,8HO. — On l’obtient en évaporant doucement la solution chlorhydrique d’oxyde de rhodium hydraté et reprenant par l’alcool dans lequel il est soluble. 11 a une belle couleur rouge, et, quand on le calcine, il devient comme le produit préparé par voie sèche, insoluble dans l’eau sans perdre de chlore. Il ne se décompose en protochlorure qu’à une température élevée.
La solution aqueuse ou alcoolique de ce chlorure est rose ; sa dissolution fortement chlorhydrique est jaune.