ÉMAIL
Silice
Potasse
Soude
Chaux
Alumine
Oxyde de fer
Oxyde de manganèse. . .
Oxyde de plomb
Oxyde d’étain
1824. Fabrication du verre. — Pour donner une idée des procèdes mis en œuvre dans les verreries, nous indiquerons la manière dont on fabrique le verre à vitres et le cristal. Les matières qui servent à la confection du verre (sable blanc, carbonate de chaux, de soude, débris de verre, etc.) sont mélangées et chauffées au rouge dans un four dépendant du foyer principal. Cette opération (fritte) a un double but : commencer la combinaison et permettre d’introduire une matière chaude dans les creusets où l’on fond le verre, afin de ne pas les briser en les refroidissant brusquement.
Ces creusets, en matière réfractaire sont chauffés au rouge vif dans un fourneau ordinairement circulaire (fig. 169); la combinaison s’ef-
fectue et le verre fond, les matières étrangères se rassemblent à la surface, on les enlève avec une cuiller en fer et on laisse refroidir, jusqu’au moment où le verre a pris le degré de consistance le plus propre au travail. S’il arrivait que les matières employées fussent un peu ferrugineuses, le verre prendrait la teinte du verre à bouteilles; en ajoutant une quantité convenable de bioxyde de maganèse, on fait disparaître cette teinte soit parce que le manganèse, en cédant de l’oxygène au fer, le fait passer à l’état de sesquioxyde qui colore peu le verre, soit plus probablement, comme le pense Liebig, parce que le silicate de sesquioxyde de manganèse violet a une couleur complémentaire de celle du silicate de protoxyde de fer ; dans ce cas, le mélange des deux couleurs reproduit du blanc ; mais, si l’on ajoute une trop grande quantité de manganèse, le verre prendra nécessairement la teinte violette du manganèse. Cette propriété de décolorer le verre a fait donner au manganèse le nom de savon des verriers. On emploie aussi l’acide arsénieux pour affiner le verre ; c’est à la fois une substance volatile et facilement
LIY. III, CHAP. XXXI, VERRES, réductible, elle peut céder de l’oxygène aux matières oxydables contenues dans les mélanges, et, en se volatilisant, elle entretient la masse dans un état d’agitation continuelle favorable à l’affinage du verre.
Le verre affiné, l’ouvrier en prend une certaine quantité au bout d’une canne creuse en fer, et il forme une boule de 5 décimètres environ de diamètre, en soufflant avec la canne dans l’intérieur de la masse (fig. 170). Il relève la canne au-dessus de sa tête et souffle dans la boule,
Fig. 175.
qui s’aplatit par son poids et s’élargit latéralement {fig. 171). En retournant la canne et lui imprimant un mouvement rapide d’oscillation, le verre, réchauffé s’il est nécessaire, s’allonge (fig. 172) et prend la forme d’un cylindre terminé par deux parties arrondies (fig.
175). Pour percer ce cylindre, l’ouvrier en chauffe l’extrémité dans le four et, en soufflant fortement, il pro- ÉÉj duit une ouverture que l’on régularise avec des ciseaux.
La pièce est refroidie brusquement, afin d’éviter les déformations, puis coupée à la hauteur convenable, de manière à avoir un cylindre (fig. 174); il suffit pour cela d’en enrouler, suivant une circonférence, un fil de verre chaud qui détermine une rupture nette. On ouvre ensuite le cylindre en hauteur par un procédé semblable, et on le porte dans un four où il se ramollit; on le rabat alors sur une surface plane, de manière à obtenir une plaque unie.
1825. Cristal. — La fabrication du cristal s’effectue ordinairement dans des creusets chauffés à la houille ; il faut alors employer des creusets fermés (fig. 175), car peu à peu les gaz de la houille finiraient par réduire l’oxyde de plomb. Le cristal se travaille d’ailleurs, comme le verre ordinaire, soit par soufflage, soit par moulage. Ainsi, par exemple, les boutons de porte sont obtenus en comprimant dans un
moule en bois ou en cuivre une masse de cristal ramollie ; les verres se façonnent avec du cristal fondu à la manière des objets en terre, seulement l’ouvrier se sert d’outils en fer, tandis que le potier se sert de sa main pour façonner l’argile.
Les verres d’optique se préparent comme le cristal ordinaire; l’affinage exige néanmoins des précautions particulières : on est obligé de brasser la masse pour en extraire les moindres bulles gazeuses ; on se sert à cet effet de ringards en fer recouverts d’un cylindre en terre réfractaire ; car le fer réduirait immédiatement le plomb.
Dans ces derniers temps, MM. Maès et Clémandot, de Clichy, ont préparé un cristal particulier en ajoutant de l’acide borique et de l’oxyde de zinc à du silicate de soude. Cette substance est d’une transparence parfaite et d’une grande dureté ; elle doit ces qualités à la faible quantité d’alcalis qu’elle contient.
TOTERIES.
1826. Argile. — L’argile la plus pure (kaolin) est le résultat de la décomposition des feldspaths sous l’influence de l’eau, qui leur enlève de la silice et tout l’alcali et laisse une matière dont la composition parait se rapprocher de la formule Al205,Si05,2H0. Mais le plus souvent, l’argile contient du sable quartzeux, du feldspath, de l’oxyde de fer et du carbonate de chaux. L’argile pure est éminemment plastique, c’està-dire qu’elle forme avec l’eau des pâtes liantes, faciles à pétrir et à façonner sous toutes les formes ; mais les matières étrangères diminuent sa plasticité et la rendent maigre. L’argile travaillée prend un peu de consistance par la dessiccation; on peut, alors la tourner avec un outil tranchant, ce qui permet de donner aux objets ainsi façonnés un trèsgrand fini; par la cuisson à une température élevée, elle acquiert beaucoup de dureté. Ces précieuses qualités font de l’argile la base de toutes les pâtes céramiques qui servent à la fabrication des poteries.
Toutefois les poteries ne se fabriquent pas avec de l’argile seule, parce qu’elle éprouve un retrait trop considérable et qu’elle pourrait même se gercer par la cuisson; on y ajoute alors des substances dites dégraissantes (ciment), qui diminuent le retrait de la matière, mais elles diminuent aussi sa plasticité, la rendent plus difficile à travailler et plus poreuse après la cuisson. L’argile pure, lorsqu’elle est cuite, est déjà assez poreuse pour happer à la langue comme l’argile desséchée; cette propriété ne permettrait pas de l’employer dans la plupart