L1V. III, G II A P. XXXII, MÉTALLURGIE
saisir, et c’est là le point délicat, le moment où l’acier prend nature pour arrêter l’affinage. Les fontes employées pour la fabrication de l’a-
Fig. 194.
cier puddlé sont des fontes de choix provenant ordinairement du traitement du fer spathique et contenant du manganèse.
1878. Procédé Ressemer. — Dans le procédé Bessemer, qui date de 1856, on fait passer un courant d’air énergique dans une masse de fonte en fusion de manière à brûler le fer et le silicium. La fonte est contenue dans de grandes cornues ( convertisseur ) en terre réfractaire, recouvertes d’une tôle épaisse solidement boulonnée (fig. 195 et 196) qui peuvent tourner autour d’un axe horizontal. Un peu au-dessous de cet axe, un tuyau amène le vent d’une machine soufflante dans 1 espace semi-annulaire, extérieur à la cornue, et passe de là par un tuyau latéral dans une boîte située à la partie inférieure du convertisseur, et dont le fond supérieur est une plaque réfractaire percée de trous qui
CHIMIE INORGANIQUE, distribuent 1 air dans la masse fondue. Pendant l’affinage la chaleur dégagée est énorme, il sort de l’appareil une flamme rougeâtre et de brillantes gerbes d'étincelles; lorsqu’il est terminé, les étincelles ces-
Fig. 195. Fig. 196.
sent et la flamme devient beaucoup plus blanche; l’appareil contient alors du fer en fusion, que l’on transforme en acier en y coulant au moyen d’une poche en fer une fonte manganésifère qui donne au métal la quantité de carbone nécessaire à la qualité de l’acier que l’on veut produire.
1879. Du rôle du manganèse dans la métallurgie du fer. —
D’après MM. Troost et ïlautefeuille, le manganèse aurait un double rôle. Il enlève au fer toutes les matières étrangères qu’il peut contenir, soufre, phosphore, silicium, etc.1, et donne avec ces corps des produits plus oxydables que ceux du fer, et qui, par conséquent, passent plus facilement dans la scorie, ou se transforment en produits gazeux. C’est ce qui se passe dans l’affinage ou le puddlage du fer ou de l’acier.
Dans le procédé Bcssemer, l’oxydation du métal, si elle est poussée assez loin, peut déterminer l’élimination presque complète du silicium et même du soufre du phosphore, mais on obtient alors un métal inti-
* Cela tient à ce que le manganèse en s’unissant à ces divers corps dégage plus de chaleur que ne le ferait le fer en donnant les composés correspondants et à ce que leur oxydation est aussi accompagnée d’un plus grand dégagement de chaleur.