LIV. III, Cil AP. XXXII, MÉTALLURGIE
médiaire par sa composition entre le fer et la fonte blanche ordinaire. Il contient environ 0,7 p. 100 de carbone, tandis que le fer n’en contient que 2 à 3 millièmes; il renferme en outre d’autres matières qui ne paraissent pas essentielles, ce sont des traces d’azote, de soufre, de phosphore, de silicium et de quelques métaux ; il faut remarquer en effet que le fer contient lui-même des quantités tout aussi appréciables de ces diverses matières et qu’il est même possible d’obtenir des aciers en contenant moins que le fer.
L'acier fond à une température supérieure à celle de la fonte, mais d’autant plus facilement qu’il est plus carburé; il est malléable à chaud et à froid, un peu plus dur que le fer, mais il se lime facilement quand il a été recuit. Chauffé près de son point de fusion, il devient pulvérulent ; aussi éprouve-t-on de la difficulté à le souder soit avec luimême, soit avec le fer ; mais s’il est peu carburé, on le soude facilement.
Sa propriété caractéristique est de devenir extrêmement dur et cassant lorsqu’on le refroidit brusquement après l’avoir chauffé au rougecerise. La dureté croît avec la rapidité du refroidissement, mais il est possible de la diminuer en le réchauffant progressivement (recuit) ; il reprend alors de l’élasticité. Pendant le recuit, l’acier poli prend une coloration particulière suivant le degré de température où on le porte, et l’on peut se régler sur cette coloration pour obtenir un degré de dureté convenable pour un usage déterminé. A 225 degrés il devient jaune pâle, jaune foncé à 238, pourpre à 250, violet à 263, et bleu à 322. Si on continue à le chauffer jusqu’au rouge, il perd tous les effets de la trempe primitive.
La densité de l’acier est d’environ 7,7, mais elle diminue par la trempe. 11 est plus tenace et plus élastique que le fer; sa cassure est grenue, son grain uniforme; l’acier non trempé est tellement sonore, qu’on peut l’employer pour la confection des cloches.
1883. Production do fer. — En 1860, on a extrait en Angleterre plus de 8 milliards de kilogrammes de minerai, d’une valeur de 61,673,000 fr. On en a retiré 3,887,980,000 kilogrammes de fonte représentant une valeur de 31 7,598,750 fr. (Annales des mines, t. III, 1863. Bulletin.)
En 1862 , la production de la fonte était un peu supérieure (4,006,500,000 kilogrammes).
Dans les autres pays l’importance de cette industrie est beaucoup moins considérable ; en France et aux États-Unis la production est un
peu moins du 1/3 de celle de l’Angleterre ; la Prusse, la Belgique, l’Autriche et la Russie viennent bien après ces deux pays.
On estimait, il y a dix ans, à 150,000,000 de kilogrammes la production de l’acier en Europe; mais depuis cette époque la fabrication de l’acier a considérablement augmenté dans tous les pays et l’on estime qu’en France la valeur des produits bruts de l’industrie des fers, fontes et aciers, représente actuellement une valeur de 200,000 millions de francs.
NOTE I