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LIV. 11, CH AP. Vil, SULFATES

pose une portion de l’acide en oxygène, qui suroxyde l’oxyde de fer, et en acide sulfureux, qu’on recueille avec l’acide anhydre :

2Fe0,S03 = Fe203 + SO2 4- SO3.'

Les sulfates des oxydes des dernières sections se comportent, en général, comme le sulfate de cuivre ; mais si l’on prend les sulfates de bases plus puissantes, comme le sulfate de magnésie ou le sulfate de zinc, la température à laquelle l’oxyde peut se séparer de l’acide est trop élevée pour que ce dernier puisse exister, du moins en quantité notable ; 011 recueille donc un mélange d’acide sulfureux et d’oxygène, et il reste de la magnésie ou de l’oxyde de zinc1.

Le sulfate de protoxyde de manganèse se décomposerait comme le sulfate de magnésie, si le protoxyde de manganèse n’avait, comme on le sait (583), la propriété de se suroxyder quand on le chauffe dans l’air ou dans l’oxygène et de se transformer en oxyde salin. 11 doit donc se dégager moins d’oxygène que dans le cas précédent. C’est ce que montre la formule suivante :

3v(Mn0,S03) = Mn504 4 3S02 + 20.

696. Action du carbone. — • Le carbone réduit tous les sulfates à une température suffisamment élevée.

Les sulfates alcalins et alcalino-terreux, chauffés avec du charbon à la témpérature du rouge vif, se transforment en monosulfures ; il se dégage alors de l’oxyde de carbone :

lv0,S03 + 4C^kS + 4O) ;

Ba0,S05 4 4C = BaS 4- 4CO.

On utilise souvent cette propriété pour obtenir les. sulfures de ces métaux.

Les sulfates des métaux terreux (de magnésie, d’aliunine) se réduisent à l’état d’oxydes ; il se dégage un mélange d’oxyde de carbone, d’acide sulfureux et même de soufre. Cette réaction pouvait naturellement se prévoir : les sulfures de magnésium et d’aluminium ne se forment qu’avec une extrême difficulté ; Faction désoxydante du charbon s’est donc portée exclusivement sur l’acide sulfurique, et c’étaient les produits de la réaction mutuelle de ces deux corps qu’on devait obtenir.

Avec les sulfates métalliques, la réaction varie beaucoup suivant la température à laquelle 011 opère et la quantité du charbon. Nous allons

1 Le sulfate de zinc donne encore à la distillation une très-petite quantité d'acide

sulfurique anhydre.

en voir la raison, en considérant quelques exemples tirés d’un travail de Gay-Lussac sur ce sujet.

1° Influence delà température. — Si l’on chauffe du sulfate de zinc sec avec du charbon à la température du rouge sombre, on obtient un dégagement d’acide carbonique et d’acide sulfureux dans la proportion de 2 volumes du premier pour 1 du second ; il reste de l’oxyde de zinc parfaitement pur 1 :

2(Zn0,S03 *) -h C = 2ZnO -h 2S02 + CO2.

En portant rapidement le mélange de sulfate de zinc et de charbon à une température très-élevée, on obtient du sulfure de zinc et de l’oxyde de carbone :

Zn0,S03 + 4C — ZnS + 4CO.

Remarquons qu’un excès de charbon ne peut changer, dans la première expérience, les résultats que nous venons d’indiquer. En effet, dans le premier cas, la température étant peu élevée, le charbon ne peut réagir que sur l’acide sulfurique, puisque l’oxyde de zinc n’est réductible qu’à une température élevée; il se produit nécessairement de l’acide carbonique et de l’acide sulfureux :

2S05 + C = 2S02 -f- CO2 .

Dans le second cas, la température est suffisamment élevée pour que l’acide sulfureux et l’oxyde de zinc soient réduits par le charbon ; il en résulte du soufre et un métal qui s’unissent; il ne se dégage que de l’oxyde de carbone, parce qu’à cette température, l’acide carbonique est réduit par le charbon en excès.

Les sulfates de nickel, de cobalt, de cuivre, d’argent, de mercure, facilement décomposables par la chaleur, chauffés avec du charbon au rouge très-obscur, donnent nécessairement un dégagement d’acide sulfureux et d’acide carbonique, mais, de plus, leur oxyde est ramené à l’état de métal :

CuO,SOs + C = SO2 + CO2 -f Ciii

Mais si l'oil opérait à une température élevée, surtout avec le sulfate de cuivre, on obtiendrait du sulfure de cuivre et de l’oxyde de carbone, à raison de la réduction de l’acide sulfureux par le charbon et de l’affinité du soufré pour le cuivre.

1 On pourrait donc obtenir du zinc métallique en chauffant dti sulfate de zinc avec

Un excès de charbon, doucement d’abdrd, pour décomposer , l’acide sulfurique ; au

rouge vif ensuite, pour réduire l’oxyde de zinc formé dans la première partie de

l’opération.

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