DES SELS FORMÉS PAR LE SESQUIOXYDE DE FER
tait autrefois le nom de teinture martiale alaaline de Stahl. Cette teinture ne tarde pas à laisser déposer une grande partie du sesquioxyde de fer qui entre dans sa composition.
Préparation. On Tobtient en versant de l’acide azotique assez concentré sur du fer; mais dans ce cas il est jaune, et il y a une grande portion de sesquioxyde formé qui ne se dissout pas dans l’acide. Si on veut l’avoir cristallisé et incolore , on fait agir l’oxyde noir sur l’acide concentré ( Vauquelin ).
Propriétés médicinales du fer. — ^Les préparations ferrugineuses doivent être regardées comme toniques, astringentes et apéritives ; elles déterminent la plénitude et la turgescence des vaisseaux, accélèrent la marche des humeurs, paraissent rendre la bile plus fluide, la couleur de la peau plus intense , etc. : aussi ne les emploie-t-on jamais dans les maladies aiguës des individus pléthoriques, principalement de ceux qui ont des affections de poitrine ou qui sont sujets à l’hémoptysie. Elles sont très-utiles, 1° dans les débilités d’estomac; 2° dans les engorgements scrofuleux ou laiteux des glandes ; 3“ dans certaines- hydropisies passives et dans la plupart des leucophlegmaties ; 4° dans les hémorrhagies passives et dans les écoulements atoniques du vagin, de l’urèthre, des intestins, etc. ; ainsi le flux abondant des menstrues, occasionné par le relâchement de l’utérus et la faiblesse de tous les organes , les flueurs blanches , certaines diarrhées , cèdent facilement à ces sortes de préparations; 5° dans la chlorose désignée par les auteurs sous le nom d’ictère blanc, où la vitalité de toutes les parties est singulièrement diminuée; 6° dans l’anémie ou privation du sang, maladie qui a beaucoup de rapports avec la précédente ; 7® dans la suppression des règles provenant d’un défaut de ressort de la matrice, car elles seraient dangereuses dans le cas où il y aurait pléthore, pesanteur de la matrice, ii’ritation, etc.; 8° dans les vomissements abondants et spasmodiques : elles sont inutiles lorsque ce symptôme dépend d’une affection organique du pylore, du foie , etc. ; 9® dans les affections vermineuses , suivant Alibert.
Parmi les préparations dont je viens de faire l’histoire, les plus employées sont la limaille de fer et d’acier (1), l’éthiops martial , le safran de Mars astringent et apéritif, l’eau ferrée et les dissolutions de carbonate ou de sulfate de fer ; les trois premières s’administrent depuis 20 cen-
(i; Pour obtenir la limaille de fer pure, on soumet à l’action d’une grosse lime un barreau de fer doux que l’on fixe solidement. Les limailles de fer du commerce c'.miienaeiit toujours du «livre, même lorsqu’on a cherché à les dâDarrasser de ce métal par l’aimant (Gobley).
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tigrammes jusqu’à 1 gramme, sous forme sèehe, et associées à divers extraits ou à des conserres toniques. On prépare les eaux ferrugineuses ordinairement avec un ou plusieurs centigrammes de carbonate ou de sulfate de protoxyde de fer, que l’on fait dissoudre dans de l’eau privée d’air : on a soin d’opérer la dissolution du carbonate à la faveur du gaz acide carbonique; l’eau ferrée est une préparation de ce genre. Quelques observations tendent à prouver que la dissolution de 1 gramme de sulfate de protoxyde de fer dans un litre d’eau peut être excessivement utile pour faire cesser certaines fièvres intermittentes; mais on ne doit jamais perdre de vue, dans l’administration de ce médicament, qu’il est vénéneux quand il est donné à forte dose. M. Smith a fait voir qu’il détermine l’insensibilité générale et la mort lorsqu’il est introduit dans l’estomac ou appliqué sur le tissu cellulaire à la dose de 8 grammes. Les fleurs martiales de sel ammoniac sont données en bols ou dans un bouillon , depuis
10 jusqu’à 60 centigrammes ; on emploie aussi , mais rarement , le sesquichlorure de fer (murîate) et la teinture martiale alcaline de Stahl. La teinture de Bestucheff n’est que de l’alcool élhéré tenant du sesquichîorure de fer en dissolution.
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II existe trois cyanures de fer,
Protoeyanure, FeCy. — Il est blanc , et bleuit promptement à l’air. On l’obtient en décomposant le bleu de Prusse, 3FeCy, 2Fe2Cy3,9H0, par l’acide sulfliydrique. Il est sans usages,
Sesquicyanure, Fe^Cy^.— Il est brun-jaunâfre, soluble dans l’eau ; toutefois M. Possal paraît l’avoir obtenu sous une modification particulière ;
11 était aloi’s verdâtre, et insoluble dans l’eau.
Cyanure magnétique, FeCy, Fe2Cy®, 3H0. — Il est pulvérulent, vert, inodore, insipide, insoluble dans l’eau décomposable, à 180», en cyanogène mêlé d’un peu d’acide cyanhydrique, en eau et en bleu de Prusse; la lumière le bleuit , et il se dégage du cyanogène. On l’obtient en faisant passer un excès de chlore dans une dissolutid» de cyanure jaune de potassium et de fer.
Bleu de Prusse, 3FeCy, 2Fe2Cy3,-9H0. — Le bleu de Prusse pur est composé de prolocyanure et de sesquicyanure de fer; il contient du cyanure de potassium et de fer lorsqu’il n’a pas été suffisamment lavé. Il est solide, d’un bleu extrénaement foncé, sans saveur, sans odeur, et beaucoup plus pesant que l’eau. Distillé à 200°, lorsqu’il a éié parfaitement desséché, il se décompose et fournit du cyanhVdrate et du carbonate