‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 19 sur 149 · DU CAI.ORI9VE · texte numérisé non relu

DU CAI.ORI9VE

Le calorique est un fluide extrêmement subtil, faisant partie constituante de tous les corps, et dont les -caractères principaux sont : 1° de se mouvoir sous forme de rayons lorsqu’il est libre ; 2“ de produire par son accumulation sur tous les corps une dilatation plus ou moins sensible (1), suivie quelquefois de décomposition; 3“ d’agir par conséquent en sens contraire de l’attraction ; 4° de nous faire éprouver, lorsqu’il est en contact avec nos organes, une sensation particulière, connue sous le nom de chaleur; 5*’ enfin de déterminer, par sa soustraction, des effets inverses aux précédents , savoir la contraction et le sentiment de froid.

Le calorique, en agissant sur les corps , peut les fondre d’abord sans les altérer (acide borique, borate de soude, hydrate de potasse, etc.), les fondre et les volatiliser (phosphore, soufre, chloi’hydrate d’ammoniaque), les volatiliser sans les fondre (arsenic); les fondre, les décoroposeï', et en volatiliser les produits (azotate d’ammoniaque, qui après la fusion se décompose en eau et en protoxyde d’azote ; sulfate de fer, qui se transforme en sesquioxyde de fer, en acide sulfurique, etc.); les décomposer sans les fondre ( bioxyde de manganèse , qui se partage en un oxyde particuliei;^Mn 0‘*,.eten oxygène); enfin lè calorique peut unir des corps qui ne peuvent pas se combiner à froid ( plomb et soufre, oxygène et hydrogène). Quelquefois la combinaison ne s’effectue qu’à une température déterminée, au delà de laquelle elle est détruite; ainsi le mercure absorbe l’oxygène à 330° environ , et forme un composé qui perd son oxygène si on le chauffe plus 'fortement.

(1) Il n’y a qu’un très-petit nombre de corps qui fassent exception.

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La lumière , comme le calorique , détermine la dilatation et l’échauffement des corps, phénomènes qui depuis longtemps ont conduit les physiciens à admettre qu’elle renferme du calorique; elle opère également la décomposition de certains corps. Les rayons lumineux du soleil-, qui sont plus denses que les autres , influent davantage sur la composition des corps ; en général , ils tendent à dégager l’oxygène de ceux qui en contiennent : ainsi l’acide azotique concentré est ramené à l’élat d’acide hypoazotique , l’or et l’argent sont séparés à l’état métallique des dissolutions salines, etc. La faculté d’éclairer, d’échauffer, et d’agir chimiquement sur les corps, reconnue aux rayons lumineux, fait que l’on s’accorde aujourd’hui à regarder ceux-ci comme formés : 1° de plusieurs rayons lumineux cotores; 2“ de rayons calorifiques obscurs, susceptibles d’échauffer et de dilater les corps ; 3° d’autres rayons obscurs, capables ÙQ produire des effets chimiques, tels que la coloration en violet du chlorure d’argent.

Les rayons calorifiques obscurs qui font partie de la lumière sont susceptibles d’échauffer et de dilater les corps; ils sont réfractés par le prisme et produisent un spectre plus allongé que celui que forment les rayons lumineux colorés , parce que ceux-ci sont moins réô’angibles que les autres. Si l’on plonge un thei'momètre dans les différentes parties du spectre produit par les rayons calorifiques obscurs, on voit qu’il ne s’échauffe pas dans le rayon violet ni à côté de lui en dehors du spectre, et qu’il s’échauffe beaucoup , au contraire, dans le rayon rouge et surtout à une faible distance de l’extrémité rouge du spectre ; dans les parties intermédiaires du spectre, la température est d’autant plus élevée qu’on s’approche davantage de la portion rouge. (Voy., pour plus de détails, la lettre de M. Mellon!; Annales de chimie, décembre 1831.) Les rayons calorifiques de la lumière du feu sont également susceptibles d’être réfractés, condensés et décomposés, de manière à former un spectre de sept couleurs principales; mais ils contiennent moins de calorique que ceux de la lumière du soleil , et to laissent échapper avec plus de facilité: en effet, ils ne peuvent traverser une lame de verre sans se combiner avec elle, sans l’échauffer; tandis que les rayons luniiineux traversent le verre sans l’échauffer sensiblement, comme l’a prouvé, depuis longtemps Mariotte ( Traité des couleurs ).

Quant aux rayons obscurs qui font partie de la lumièêe , qui sont susceptibles de produire des effets chimiques, et que M. Draper propose de

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nommer tithoniques , on sait qu’ils sont également réfractés par le prisme, qu’ils ne produisent point de chaleur, qu’ils ne suivenUpoint de5 conducteurs métalliques, qu’ils n’ont pas le pouvoir de déterminer la dilatation des corps, et qu’ils se trouvent au delà de la portion violette du spectre solaire ; ainsi un papier enduit de chlorure d’argent blanc ne change point de teinte dans le rayon rouge, tandis qu’il noircit beaucoup à l’extrémité externe du rayon violet. A la vérité, quelques expériences tendent à faire ci’oire que la portion rouge du spectre peut également produire un certain nombre d’effets chimiques, en sorte qu’il est des physiciens qui pensent que le côté violet favorise la décomposition ou la réduction de plusieurs corps, tandis que le rouge faciliterait l’oxydation. Mais ces faits ne sont ni assez nombreux ni assez concluants pour que l’on doive adopter encore cette opinion, quoiqu’ils démontrent que les rayons qui tombent aux deujc extrémités du spectre ne sont pas de même nature. Il est probable, d’ailleurs, que plusieurs des phénomènes soi-disant chimiques développés par la portion rouge du spectre, dépendent uniquement de ce que la température de celte extrémité est plus élevée que dans aucune autre portion du spectre,

DIT F1.U1DE; ÉliECTRIOVE.

La plupart des physiciens admettent, pour expliquer les phénomènes électriques, deux fluides, le fluide électrique positif o\x vitré, et le fluide électrique négatif ou résineux.

A. Tous les corps de la nature contiendraient à la fois ces deux fluides, qui seraient combinés et se neutraliseraient tellement , qu’au premier abord on ne se douterait pas de leur existence dans les corps.

B. On connaît plusieurs moyens propres à détruire cette combinaison: alors l’un de ces fluides, ou tous les deux à la fois, deviennent sensibles, et l’on voit qu’ils jouissent toujours de la même propriété, savoir celle d’attirer d’abord et de repousser ensuite les corps légers: le fluide vitré attire en outre le fluide résineux et en est attiré, tandis que les fluides du même nom se repoussent.

C. Les moyens 'dont il s’agit sont : 1° le frottement : il suffit de frotter pendant quelques instants un morceau de résine ou de verre ’poui’'les rendre électriques, ou pour leur communiquer la pi’opriété d’attirer d!abord et de repousser ensuite les corps légers ; 2° la chaleur : il est des corps qui, étant chauffés à un degré convenable, s’électrisent, tandisqu’ils ne donnaient aucun signe d’électricité à froid ; je citerai la tourmaline; 3° le contact ; on sait qu’en pressant l’un contre l’autre deux

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