DE L IODE
une t*:“mpéralure rouge, il peut se combiner avec lui, et donner naissance à du gaz acide iodhydrique.
Si Ton projelle de l’iode dans un flacon plein de chlore gazeux, il se forme aussitôt du protochlorure d’iode 1 Cl , brun, demi iiqiÿdej^otitenant peut-être un peu d’iode en excès ; car si l’on fait arriver un courant de gaz chlore sur ce composé , il se décolore peu à peu , devient blanc jaunâtre, répand une odeur irritante, et constitue le perchlorure d’iode, I C13, solide, cristallisable et déliquescent.
L’iode est soluble dans l’eau pure, mais en petite quantité, dans la proportion de 7 sur 1,000 environ de son poids. Lorsque l’eau est chargée d’un sel , de chlorhydrate ou d’azotate d’ammoniaque plus pard|||^ lièrement, elle en dissout une plus grande quantité, quoique, sui^t Gay-Lussac, ce phénomène soit indépendant de toute décomposition.
Caractères distinctifs. Indépendamment de ses propriétés physiques^, qui , à la rigueur, serviraient seules à le faire reconnaître, on peut le distinguer de tous les autres corps : 1“ par les vapeurs violettes qu’il fournil lorsqu’on le volatilise; 2" par la belle couleur bleue qu’il communique à une dissolution d’amidon dans l’eau ; ce moyen est si sensible qu’il permet de retrouver des traces d’iode qui ne pourraient être dé- ^ celées par d’autres agents; il faut toujours opérJ||||^S^es>ligueurs plutôt acides qu’alcalines; le corps bleu, formé p^^^^Ke l’action de l’iode sur l’amidon, devient blanc lorsqu’on le cSl^^squ’à 90° c. ; celui-ci reprend la couleur bleue dès qu’on le fait refroidir; si, au contraire , on le fait bouillir pendant quelques minutes , il se décolore entièrement pour ne plus reprendre sa première coloration; dans ce dernier cas, il s’est formé de l’acide iodhydrique qui reste dans la liqueur.
( Voy. tome II , article Amidon. )
Il sert à la préparation des plaques daguerriennes. Il doit être rangé parmi les stimulants ; il agit directement sur le système reproducteur, et particulièrement sur l’utérus, d’après Coindet : aussi est-il regardé comme un des emménagogues les plus actifs. A la dose de 4 à 6 grammes, il.déterrnine l’ulcération de la membrane muqueuse de l’estomac, et la mort. (Voy. mon Traité de médecine légale, tome III, 4° édit.) Des obse'i'vatioris nombreuses ont prouvé qu’il pouvait faire disparaître complètement ou incomplètement la plupart des goitres, et que son usage était également suivi de succès dans une multitude d’affections scrofuleuses, dans les indurations des testicules, dans la blennorrhagie , etc. Il peut être employé à l’intérieur, à la dose de 5 centigrammes dissous dans 400 grammes d’eau distillée, mêlée à 6 centigrammes de sel commun; extérieurement on le prescrit §oit en solution iodurée plus chargée d’iode, soit sous forme
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de pommade, dans laquelle on fait entrer aussi Tiodure de potassium, l’iodure de soufre, ou les iodures de mercure. Il serait imprudent d’administrer à l’intérieur une forte dose d’iode , qui ne manquerait pas d’agir comme poison, ainsi que je l’ai déjà dit (voy, lodure de potassium).
Extraction. Après avoir dissous dans l’eau toutes les matières solubles contenues dans le produit de la calcination de certains fucus et varechs, on évapore la liqueur jusqu’au point où elle laisse cristalliser les sels qu’elle contient , et en particulier le carbonate de soude ; on décante, et l’on obtient ainsi toute la liqueur surnageante , qui porte le
a d’eau mère de soude de varech. Cette eau contient plusieurs tances , et entre autres du sel marin et de l’iodure de potassium (composé d’iode et de potassium). On la concentre et on l’introduit dans une cornue avec une certaine quantité de bioxyde de manganèse et d’acide sulfurique concentré; on adapte au col de cette cornue une allonge et un ballon bilubulé, et on chauffe doucement. Bientôt l’iode se volatilise sous forme de vapeurs violettes, et vient se condenser dans le col de la cornue ou dans le récipient , en lames bleuâtres, cristallines, qu’il faut laver avec de l’eau contenant un peu de potasse pour le débarrasser d’une.certaine quantité d’acide sulfurique qu’il renferme; ensuite on le fait sécher en le pressant entre deux feuilles de papier, et on le distille de nouveau ; il reste dans la cornue du sulfate de potasse et du sulfate de protoxyde de manganèse. Suivant M. Gaultier de Claubry, le fucus saccharinus fournil plus d’iode que les autres espèces dont il a fait l’analyse. — ‘ Théorie. Le bioxyde de manganèse cède un équivalent d’oxygène au potassium de l’iodure et le transforme en protoxyde de potassium qui s’unit à l’acide sulfurique; l’iode est mis àtiu ; le pro^ toxyde de manganèse provenant du bioxyde décomposé, se combine avec une autre portion d’acide sulfurique et forme du sulfate de protoxyde.. Ainsi:
2 S03, 2 HO Kl Mn 0^ ^ KO SQS Mn 0, SQS 2 HO L
Acide sulfariqae. ^ lod. depot. ’ B. de mang. Suif, de ppt. ^ Suif, de maug. ’ Eau. ’ Iode.
En procédant ainsi , il se produit, d’après M. Soubeiran, une certaine quantité de chlorure d’iode , parce que les eaux mères contiennent des chlorures qui sont décomposés en mettant du chlore à nu , ce qui occasionne une perte,
M. Persoz , après avoir examiné et discuté le procédé qui vient d’être décrit et ceux qui ont été proposés soit par M. Soubeiran , soit par MM. Labiche et Chantrel, donne la préférence au suivant, aussi bien
DE LIODE.
pour extraire i iode des eaox mères de la soude de varech, que pour retirer celui que renfenneot les eaux des bains iodurés dans la composition desquels on Ta fait entrer, et même de l’urine des malades soumis à un traitement ioduré. {Journal de pharmacie , août 1847.)
On commence par faire passer du gaz acide sulfureux dans les eaux iodurées , jusqu’à ce qu’elles exhalent une légère odeur.; on fait alors dissoudre successivement dans la liqueur 1 partie de sulfate de bioxyde de cuivre et une partie de bisulfite de soude; on l’abandonne ensuite à elle-même ou on la fait bouillir, suivant que l’on désire avoir immédiatement, ou seulement au bout de quelques heures, un précipité de protiodure de cuivre; on lave celui-ci sur un filtre, on le dessèche, et orÊ^ extrait l’iode en le calcinant en vases clos, après l’avoir mélangé à dSix équivalents de bioxyde de manganèse.
ThéoHe. Le sulfate de bioxyde de cuivre et le bisiy|É^ de soude se décomposent et donnent du sulfate de soude et du sjdfmmde bioxyde de cuivre insoluble; celui-ci se précipiterait s’il n^v^^it pas dans la liqueur un excès d’acide sulfureux, et l’opératiofiseraitmanquée; cet acide agit encore en ramenant le sulfite de bioxyde à l’état de sulfite de protoxyde; c’est sur celui-ci que doit agir l’iodure de potassium. En vertu de la loi des doubles décompositions, il se formera du sulfite de potasse soluble et du protoiodure de cuivre insoluble. L’acide sulfureux offre encore l’avantage de décolorer les liqueurs et de transformer en iodure de potassium l’iodate de potasse qu’elles ptmrraient contenir. (Voy. le Journal de pharmacie de janvier 1837 pour un autre procédé d’extraction de l’iode, donné par M. Barruel.)
L’iode est rarement pur ; quand il est entièrement soluble dans l’alcool et volatil sans résidu , il retient encore des quantités notables de fer; on reconnaît très-bien ce métal en faisant bouillir, pendant quelque temps, l’iode avec de l’acide chlorhydrique affaibli ; mais on n’efilève pas ainsi tout le fer : on n’y parvient qu’en traitant l’iode tenu en suspension dans quinze ou vingt fois son poids d’eau par un courant rapide de gaz acide sulfhydnque; tout le fer se trouve dans le soufre déposé. Poui’ obtenir l’iode pur, on sature par la potasse l’acide iùdhydrique qui reste dans la liqueur, et l’on fait arriver du chlore en excès dans l’iodure de potassium dissous; quand l’iode qui s’est précipité a été redissous par un excès de chlore, on verse cette liqueur dans une autre dissolution d’iodure de potassium, contenant au moins trois fois plus d’iodure que la première. L’iode se précipite ; il est ensuite recueilli , lavé et séché. (Millon , Ann. de eh. et de phys.^ tome IX ; 1843.
DU PHOSPHORE. Ph. Équlralent = 400.
(De çwç, lumière, parce qu’il est lumineux dans l’obscurité.)
Le phosphore n’a jamais été trouvé pur dans la nature; il entre dans la composition de plusieurs produits minéraux et animaux; combiné avec l’oxygène , le carbone, l’azote et l’hydrogène, il constitue la laitance de carpe et une partie de la matière cérébrale et des nerfs; uni à l’oxygène et à la chaux, il fait la base de la portion dure du squelette idês animaux et de toutes les parties ossifiées. Le phosphate de chaux, jj^existe si abondamment en Estramadure, et plusieurs autres phos- ^Mtes métalliques que l’on trouve dans la nature, contiennent également du phosphore.
Le phosph(^^ur est un corps solide, transparent ou demi -transparent, d’unlÇe^corné, incolore (1), flexible, et assez mou pour céder au couteau raye facilement avec l’ongle; il a une odeur d’ail Irès-sensiblé , il paraît insipide; son poids spécifique est de 1,840; la densité de sa vapeur à 500" c. est de 4,355.
Si l'on met du phosphore au fond d’une fiole contenant de l’eau, et qu’on élève la température Jusqu’à 44°, 2 c., il entre en fusion et il est transparent comme une huile blanche ; si on le- laisse refroidir trèslentement, il conserve sa transparence et se solidifie; toutefois il n’est pas rare de voir le phospho're, ainsi fondu, rester liquide pendant plusieurs minutes au milieu d’une eau dont la température n’est que de 12“ ou 15° c. ; mais il se solidifie aussitôt qu’on le touche avec un corps étranger. D’après M. Thénard, le phosphore chauffé jusqu’à 70° et refroidi subitement devient noir ; pour que cela- ait lieu, il faut agir sur d|^@fiosphore distillé au moins trois ou quatre fois, et dans certains èas huit à dix. Si on rompt la pellicule qui se forme à la surface du phosphore fondu, au moment où il va se figer, et que l’on fasse écouler les parties encoi'e liquides, il ne cristallise qu’avec la plus
(1) Quand le phosphore est jaunâtre , jaune verdâtre ou brunâtre, qu’il a été conservé à l'abri du contact de la lumière , et qu’il ne doit par conséquent pas sa couleur à cet agent, ces colorations dépendent, d’après Dupasquier, d’une certaine quantité de phosphure d’arsenic : cet arsenic provient de l’acide sulfurique employé pour obtenir le phospha'.e acide de chaux (/o«rn. de pharm., septembre 18Î4). Dupasquier aurait dû dire que, l’acide sulfurique du commerce étant rarement arsenical, les colorations dues à cette cause doivent être fort rares.
WJ PiiospoôîÆ. 7 7
grande difficaUé: on obtient , au contraire, facilement des cristatrs de phosphore en le dissolvant dans’ les huiles essentielles et surtout dans le sulfure de carbone. Si , lorsqu’il est fondu dans l’eau chaude, on agite pendant quelque temps la 6ole qui le contient, il se convertit en une poudre que l’on a employée en médecine ; cette poudre est bien autrement ténue si, au lieu d’eau, on a employé de l’alcool à 36 degrés. Soumis à une température d’environ 290°, le phosphore se volatilise et peut être distillé (voy. pl. 3 , fig. 6) ; on fait ette expérience dans une atmosphère d’hydrogène : on maintient un courant de ce gaz dans une petite cornue tubulée, dans laquelle on a placé une vingtaine de grammes de phosphore, et qui communique avec un récipient également tubulé et portait un tube recourbé, dont l’extrémité plonge dans un vase rempli d’eau ; lorsque l’air de l’appareil a été chassé et remplacé par l’hydrogène, on chauffe la cornue avec quelques charbons rouges, et la distillation du phosphore a lieu rapidement : par ce moyen, le phosphore volatilisé peut se condenser sans avoir le contact de l’air, qui l’enflammerait. Si le phosphore est soumis pendant longtemps à une température de 240° à 2.50°, il devient rouge.
La lumière solaire change en rouge la couleur blanche du phosphore pur renfermé dans de l’eau privée d’air, dans de l’huile d’olives, de l’esprit-de-vin ou de l’éther, etc., sans que le phosphore passe à l’état d’acide; le même phénomène a lieu lorsque le phosphore est placé sous une cloche vide ou dans le vide d’un baromètre : dans ce dernier cas , il se dépose en paillettes brillantes contre les parois de l’instrument. Le phosphore rouge est plus dense que le phosphore ordinaire; son poids spécifique est de 1,964. Il est inaltérable à l’air, insoluble dans l’éther et dans l’alcool. Il est moins combustible que le phosphore ordinaire , ne donne aucune lueur dans l’obscurité, et ne s’enflamme à l’air libre qu’à la température de 260”. Schi’oeter, à qui l’on doit ces détails, a reconnu que la production de cette matière rouge résulte d’une transformation isomérique du phosphore, qui jouit de propriétés nouvelles et très-différentes de celles qu’il possède dans l’état ordinaire. On peut encore obtenir ce phosphore rouge par l’action d’une faible lumière diffuse.
Le fluide électrique agit sur le phosphore, qui a le contact de l’air comme le calorique; du reste, ce corps simple est électro-positif par rapport à l’azote , et électro-négatif par rapport au bore et au carbone (voy. page 30). ,
Le gaz oxygène, très-sec et extrêmement pur, n’exerce aucune action sur lui, à une température qui ne dépasse pas 27°, et spus la pression.
ordinaire de l’atmosphère; mais si on diminue la pression, lors même que le thermomètre marqüe 20, 15, 10*00 6“, le phosphore se combine avec le gaz, brûle, devient lumineux dans l’obscurité, et se transforme en acide hypophosphorique. Cette phosphorescenceest-elle le résultat de la combinaison lente du phosphore avec l’oxygène ? Berzelius ne le pensait pas, et il l’attribuait à la vaporisation du phosphore; en effet, disaitil, le phosphore luit dans les gaz azote et hydrogène purs, et même dans le vide barométrique, et il continue à luire jusqu’à ce que l’espace oùla phosphorescence se produit soit saturé de vapeurs de phophore. Cependant quelques expériences récentes de Fischer tendent à prouver que la ÿiosphorescenCe du phosphore est due réellement à son oxydation. Quoi qu’il en soit, la combinaison du phosphore avec l’oxygène à froid est d’aiitantplus facile que la diminution de pression est plus considérable: aussi l’opère-t-on à merveille lorsqu’on introduit dans le vide barométrique du phosphore avec quelques bulles de gaz oxygène ; toutefois elle cesse de se produire si la températui’e est à 5 -{- 0" ou au-dessous. Si , au lieu de diminuer la pression, on l’augmente, l’oxygène ne se combine avec le phosphore qu’à une température au-dessus de 27®. Enfin la combustion du phosphore dans l’oxygène peut encore avoir lieu au-dessous de 27®, lorsque l’on mêle ce gaz avec une plus ou moins grande quantité d’un autre gaz , tel que de l’azote , de l’hydrogène ou de l’acide carbonique, qui agissent de la même manièi*e que la diminution de pression ; on doit la plupart de ces détails à M. Bellani de Monza.
Si l’on place un fragment de phosphore dans une petite coupelle , et qu’on l’introduise dans un flacon rempli de gaz oxygène, après l’avoir enflammé, il se dégage beaucoup de calorique et une lumière des plus vives; l’oxygène- est absorbé par le phosphore, et il en résulte un nuage dense, d’une couleur blanche, qui n’est autre chose que de l’acide phosphorique susceptible de rougir la teinture de tournesol. Une portion de phosphore employé passe à l’état d’oxyde rouge et tapisse l’intérieur de la coupelle. Cet acide, cet oxyde, et l’acide hypophosphorique, sont les seuls produits qui résultent de l’action directe du phosphore sur le gaz : on connaît cependant plusieurs autres composés de phosphore et d’oxygène que l’on obtient par des moyens indirects : tels sont les acides iiypophosphoreux et phosphoreux , et l’oxyde jaune de phosphore. Enfin, si l’on frotte un morceau de phosphore avec un corps quelconque, au milieu de l’air, le phosphore prend feu immédiatement.
Le soufre peut , en se combinant avec le phosphore, donner naissance à plusieurs composés plus fusibles que le phosphore; tels que Ph* S, PlU S, Ph3 Ph» S3, Ph^ S5 (Beraelius, Joum. de pharm., au-