‹ Éléments de chimie (volume 2)Chapitre 43 sur 149 · ÜC GAZ OXYDE DE CARBONE · texte numérisé non relu

ÜC GAZ OXYDE DE CARBONE

DX CAZ OX.T0E DE CARBOÆ. CD. Équivalent = X33.

L’oxyde de carbone est un produit de l’art; jusqu’à présent il n’a été obtenu qu’à l’état gazeux. Il est incolore, transparent, élastique, insipide , inodore, sans action sur Vinfusum de tournesol , et plus léger que l’air ; son poids spécifique est de 0,96783. II n’est décomposé ni par le calorique ni par la lumière.

Le gaz oxygène n’a d’action sur lui qu’à une température rouge ; alors il brûle avec une flamme bleue , et donne naissance à de l’acide carbonique. Le soufre, le carbone, l’iode et le phosphore, ne lui font éprouver aucune altération. Le gaz hydrogène ne le décompose qu’à la température du rouge blanc ; il se dépose du carbone, et il se forme de l’eau.

Le chlore gazeux exerce une action remarquable sur le gaz oxyde de carbone; il se combine avec lui comme il s’unirait à un corps simple, et constitue un acide appelé acide chioroxy carbonique.

Si l’on prend un ballon d’une capacité déterminée, et qu’on y fasse le vide ; si l’on y introduit successivement des volumes égaux de gaz oxyde de carbone et de chlore secs, et qu’on expose le ballon au soleil, et mieux encore, suivant M. Dumas, à la lumière diffuse, au bout d’un certain temps (15 ou 20 minutes si l’appareil est exposé au soleil), l’expérience étant terminée, si on débouche le ballon dans une cuve à mercure, l’on remarquera que le métal pénètre dans l’intérieur et remplit la moitié de la capacité du ballon ; donc, par l’action que les gaz ont exercée l’un sur l’autre , leur volume a été diminué de moitié, et le poids spécifique du produit doit être très-considérable. Ce gaz, découvert par le docteur John Davy, qui l’a appelé phosgène (engendré par la lumière), est nommé par quelques chimistes français gaz acide chloroxycarbonique, et par d’autres chlorure d’oxyde de carbone — CO, Cl. Il est incolore et doué d’une odeur suffocante; il irrite la conjonctive et augmente la sécrétion des larmes ; il éteint les corps enflammés ; son poids spécifique est de 3,438 ; il rougit fortement la teinture de tournesol. Il n’est point décomposé par les corps sim pies, étudiés précédemment. L’étain, le zinc, etc., lui enlèvent le chlore à une température élevée, forment des chlorures, et le gaz oxyde de carbone est mis à nu ; il ne répand point de vapeurs à l’air ; mis en contact avec l’eau, il est décomposé, même à la température ordinaire: èn effet, le chlore s’unit à l’hydrogène de l’eau, et donne naissance à de l’acide chlorhydrique ; tandis que l’oxyde de cai-bone , saturé par l’oxygène de l’eau , passe à l’état d’acide carbonique.

CO, Cl . HO C02 HCl

A. cMoroiycarboiiitpe; * Ean. ’ Acide carbonique. ’ Acide cblorbydrique.

Vazote n’agit point sur le gaz oxyde de carbone ; il exerce une action marquée sur les sels de protoxyde de cuivre (voy. Cuivre).

Caractères distinctifs. Lorsqu’on approche une bougie allumée de l’ouverture d’une cloche remplie de ce gaz et exposée à l’air atmosphérique, il absorbe -l’oxygène de celui-ci, brûle avec une flamme bleue, et se change en gaz acide carbonique : aussi l’eau de chaux versée dans la cloche après la combustion est-elle troublée ; 2“ il n’est pas sensiblement soluble dans l’eau.

Il a été découvert par Priestley; Clément et Désormes l’ont bien fait connaître. Injecté dans les veines, il brunit beaupoup plus le sang que le gaz acide carbonique ;j’espiré, il agit comme un poison énergique : or, comme il se produit dans nos foyers de combustion toutes les fois que le charbon s’y trouve en grand excès, il joue nécessairement un grand rôle dans l’asphyxie par la vapeur du charbon (voy. Adde carbonique).

Usages. Il réduit plusieui’s oxydes métalliques dans les travaux de métallurgie.

Composition. Il est formé de 42,86 de carbone et de 57,14 d’oxygène- Si l’on fait passer, dans un eudiomètre sur le mercure, à travers un mélange de 100 parties d’oxyde de carbone et de 50 d’oxygène, une étincelle électrique, il y aura une condensation de 50 .parties, et l’on obtiendra 100 parties d’acide carbonique complètement absorbable par une dissolution de potasse (oxyde de potassium). Or, dans un volume de gaz acide carboniqp, on trouve un volume de vapeur de carbone et un volume de gaz oSygène ; donc, dans un volume de gaz oxyde de carbone, il doit y avoir un volume de vapeur de carbone, et demi-volume de gaz oxygène. En retranchant de la densité de l’oxyde de carbone la demidensité de l’oxygène, le reste représente la quantité de carbone unie à ce dernier gaz.

0,96700 densité de l’oxyde de carbone. -

0,55285 demi-densité de l’oxygène.

Ce nombre 41415 représente par hypothèse un volume de vapeur de carbone.

La formule CO correspond à deux volumes de ce gaz.

Préparation. Il suffit, pour se procurer de l’oxyde de carbone, de

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mettre de l’oxygène en contact avec un excès de carbone , ou bien de. décomposer Tacide carbonique lui-même au moyen du carbone. Je citerai les procédés le plus ordinairement employés à la préparation de ce gaz. On introduit dans une cornue de grès parties égales de poudre de charbon et d’oxyde de zinc également pulvérisé; on adapte à son col un tube recourbé jfropre à recueillir les gaz; on place la cornue ainsi disposée sur un fourneau , et on la chauffe jusqu’au rouge ; l’air, dilaté par la chaleur, se dégage d’abord ; il ne faut donc pas recueillir les premières portions de gaz; puis le charbon, en s’emparant de l’oxygène que contient l’oxyde de zinc, le ramène à l’état métallique, tandis qu’il passe lui-même à l’état d’oxyde de cai’bone.

Si l’on fait passer peu à peu du gaz acide carbonique desséché sur du charbon rouge parfaitement calciné et contenu dans un tube de fer traversant un fourneau à réverbère , ce gaz sera décomposé , cédera une partie de son oxygène au charbon, le fera p'âsser et passera lui-même à l’état de gaz oxyde de carbone; mais l’opération ne peut avoir un plein succès qu’autant que le gaz acide carbonique passe à plusieurs reprises sur le charbon.

Il est encore un autre procédé, qui est plus commode et que l’on emploie dans les laboratoires. Il est fondé sur la composition de l’acide oxalique , qui peut être considéré comme formé par de l’acide carbonique et de l’oxyde de carbone, qui restent unis tant que cet acide contient un équivalent d’eau, mais qui se dissocient aussitôt qu’on leur enlève cette eau, parce que l’acide oxalique ne peut exister à l’état anhydre. Pour cela, on introduit dans une petite fiole 1 partie d’acide oxalique et 5 à 6 d’acide sulfurique concentré ; on adapte à son col un tube propre à recueillir le gaz, et l’on chauffe peu à peu. L’acide, qui est solide, fond d’abord , puis au sein du liquide se manifeste une vive effervescence due au dégagement du gaz. On recueille ce gaz sous des cloches, dans lesquelles il faut ensuite introduire un peu de dissolution de potasse pour absorber l’acide carbonique, et l’oxyde de carbone reste alors parfaitement pur. Dans cette opération, l’acide sulfurique, qui est trèsavide d’eau, enlève celle que contient l’acide oxalique, et l’acide carbonique et l’oxyde de carbone dont celui-ci est formé se dégagent. ~

Voici la formule qui peut représenter exactement ce qui a eu lieu:

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