DEI» SELS DE MAGIVÉSIE
Les sels de magnésie sont entièrement décomposés par \dL potasse (hydrate de protoxyde de potassium) et par les carbonates de potasse et de soude; la magnésie, ou le carbonate de magnésie précipités, ne se dissolvent pas dans un excès du réactif décomposant. Les dissolutions de magnésie ne sont pas précipitées à froid par le bicarbonate de potasse ni par le carbonate d’ammoniaque effleuri (1), parce que ces carbonates renferment assez d’acide carbonique pour tenir la magnésie en dissolu-
(1) Le carbonate d’ammoniaque effleuri a perdu une partie de sa base, et se trouve converti presque entièrement en bicarbonate-
lion; mais si on chauffe le mélange, l’excès d’acide carbonique se dégage, et le carbonate de magnésie blanc se précipite; le carbonate d’ammoniaque transparent on non effleuri précipite les sels de magnésie, excepté lorsque les liqueurs sont très-étendues, et qu’elles contiennent un grand excès de carbonate d’ ammoniaque ; le précipité est du carbonate de magnésie ou du carbonate ammohiaco-magnésien, suivant la quantité de carbonate d’ammoniaque employé (Guibourt). L’amwonmçwe ne décompose jamais complètement ces dissolutions, elle n’en précipite qu’une portion de magnésie; l’autre portion reste dans la liqueur, et forme avec l’ammoniaque un sel double soluble ; si le sel magnésien était acide, ou qu’il fût mélangé d’un sel ammoniacal, il ne serait point précipité par l’ammoniaque, parce qu’il se formerait un sel double soluble. Les sulfures ne précipitent pas les dissolutions salines de magnésie. Il en est de même de Voxalate d’ ammoniaque. Les sels de magnésie chauffés au chalumeau, avec un peu d’azotate de cobalt, donnent un résidu d’une couleur rose.
D’après M. Grange, le goitre prend naissance et se développe sur les terrains magnésiens, où par conséquent les populations font usage d’eau contenant un ou plusieurs sels de magnésie; suivant lui, c’est aux sels magnésiens renfermés dans certaines eaux qu’il faut attribuer le développement du goitre, 'dont on peut par conséquent se préserver en séparant la magnésie des eaux potables (séance de l’Institut du 10 décembre 1849). Cette assertion a ))esoin d’être confirmée par des observations ultérieures; déjà'M. Dumas, professeur au lycée de Valence (Drôme), l’a vivement combattue en déclarant que le goitre n’avaitjamais paru dans des contrées dont les habitants ne boivent que des eaux fortement magnésiennes.
Carbonate neutre = MgO, CO*. Il existe dans la nature à l’état amorphe et quelquefois cristallisé en rhomboèdres; dans ce cas, il est anhydre. On le trouve aussi dissous dans certaines eaux; combiné au carbonate de chaux, il constitue la dolomie. Il offre des propriétés différentes suivant la manière dont il a été préparé.
Si le carbonate neutre de magnésie s’est déposé à la température ordinaire d’une dissolution de magnésie dans l’acide carbonique, les prismes hexaèdres ont alors pour formule MgO, CO*, 3 HO; ils sont inaltérables à l’air et résistent à l’action de l’eau bouillante. Les eaux magnésiennes gazeuses ne sont autre chose qu’une dissolution aqueuse de carbonate neutre dans l’acide carbonique. On administre ce carbonate en médecine à la dose de quelques décigrammes dans les mêmes circonstances que la magnésie. Si l’on abandonne à elle-même, à une température