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DE LA CRISTALLISATION

lution est abaïuiomiée à ello-mOme ou soumise à une douce chaleur; par ce moyeu, le licjuide s’évapore, les molécules solides se rapprochent et fournissent des crislaux réguliers. En général les solides qui cristallisent dans l’eau en retiennent une portion.

Le même corps peut, en cristallisant, donner des solides dont la forme varie; ces formes diverses dérivent tantôt l’une de l’autre, tantôt lecon- Iraire a lieu. Ainsi, pour le premier cas, un corps AB peut cristalliser en rhombes, en prismes hexaèdres, en dodécaèdres, etc.; on désigne ces formes sous le nom de /ormes secondaires. Chacun de ces cristaux peut être transformé, par la division mécanique, en une forme qui sera la même pour tous, et que l’on connaît sous le nom de forme primitive ; ainsi on relire, dans quelques circonstances, un rhomboïde du prisme héxaèdre, du dodécaèdre, et du rhomboïde dont je viens de parler. Le cristal qui constitue la forme primitive peut encore être subdivisé et fournir de plus petits cristaux, que l’on appelle molécules intégrantes ; la forme de ces molécules peut être différente de celle de la forme primitive.

Le second cas, celui dans lequel les formes diverses sous lesquelles un corps peut cristalliser ne dérivent pas l’une de l’autre, a été désigné sous le nom de dimorphie ; on ne l’a encore reconnu que dans un petit nombre de corps, tels que le soufre, peut-être le diamant et le graphite, les acides lilanique et arsénieux, le persulfure de fer, les sulfates de magnésie, de zinc et de nickel, le mellitate d’ammoniaque, le carbonate de chaux dans l’arragonite, le spath calcaire, etc. Dans tous les cas où l’on peut produire artificiellement cette transformation d’une forme dans une autre, ce phénomène se manifeste par la perte de transparence des cristaux, parce qu’alors le cristal d’une forme se trouve changé en un agrégat de beaucoup d’individus de l’autre forme.

Isomorphisme. — Il est des corps très-différents par leur nature qui peuvent se remplacer mutuellement dans une série de composés, qui jouissent de la propriété de cristalliser sous des formes appartenant au même système cristallin, sans- altérer sensiblement la forme cristalline primitive de ces composés, quoique la valeur des angles ne soit pas rigoureusement la même : ces corps sont appelés isomorphes ( de t'oroç , semblable, et de poptpŸi, forme). Exemples : 1° que l’on ait des crislaux cubiques d’iodure de potassium (iode potassium) : si on fait dissoudre cet iodure dans l’eau, et qu’on le décompose par du chlore, on obtiendra du chlorure de potassium, qui fournira aussi des crislaux cubiques : on voit que le chlore a remplacé l’iode , sans que la forme cubique ait été changée; le chlore et l’iode sont donc des corps isomorphes. 2” Que le carbonate de protoxyde de fer ( composé d’acide carbonique et de

protoxyde de fer), dont la forme cristalline rentre dans le système rhomboédrique , soit décomposé par des oxydes qui se substituent au protoxyde de fer et qui se combinent avec l’acide carbonique , tels que les protoxydes de plomb, de baryum, de strontium, de calcium, de magnésium et de manganèse, il en résultera des carbonates de protoxyde de plomb, de baryum, etc., dont les cristaux affecteront la même forme rhomboédrique, si ce n’est que les angles varieront. On dira que les protoxydes de fer, de plomb, de baryum, de strontium, de calcium, de magnésium et de manganèse, sont isomorphes. Il ne faut pas croire cependant que les différences des angles de ces rhomboèdres doivent être trèsnotables : ainsi ces angles seront 107® pour le carbonate de fer, 107°, 20 pour le carbonate de manganèse, 107°,40 pour celui de zinc, 107°, 25 pour celui de magnésium , et 105°, 5 pour celui de calcium. 3° Que l’on ait de l’alun octaédrique composé d’acide sulfurique , d’alumine , de potasse et d’eau; qu’on substitue à l’alumine du sesquioxyde de fer, il se formera des cristaux octaédriques composés des mêmes proportions d’acide sulfurique, de potasse et d’eau, que les premiers, et dans lesquels le sesquioxyde de fer aura remplacé l’alumine: on dira que l’alumine et le sesquioxyde de fer sont isomorphes. :

L’expérience prouve que lorsque deux corps présentent des compositions semblables, ils affectent , en général, des formes cristallines prèsque identiques , et réciproquement, lorsque deux corps composés présentent des formes cristallines à peu près identiques, quand ils sont isomorphes, ils ont en général des compositions semblables.

DE E’AFFUVITÉ.

L’affinité est cette modification de l’attraction qui porte les corps de nature différente â s’unir entre eux ; c’est en vertu de cette force que les molécules des corps simples se combinent pour former les corps composés. Beaaucoup de causes peuvent la modifier ou la favoriser.

1” L’affinité s’exercera avec d’autant plus d’intensité que la cohésion des corps sera moindre ; dès lors toute force qui tendra à diminuer la cohésion favorisera l’affinité.

2° La chaleur, en écartant les molécules des corps, en diminue la cohésion, et doit par conséquent favoriser l’affinité. Cependant on serait induit en erreur si l’on admettait ce principe sans restriction ; car il peut arriver que deux corps se combinent avec facilité à une certaine température, et qu’étant soumis à une chaleur plus intense, ils soient désunis.

3° La lumière agit dans le même sens que la chaleur.

DE l'affinité. 'T

L’état électrique dans lequel se trouvent les molécules influe puissamment sur leurs combinaisons, comme je le prouverai bientôt.

5° La tendance des corps à s’unir entre eux sera d’autant plus grande que leurs propriétés seront plus dissemblables : ainsi un acide qui rougit la teinture dirtournesol a beaucoup d’affinité pour un de ces oxydes qui possèdent au contraire la propriété de ramener à la couleur bleue primitive le tournesol rougi par un acide.

6° Lorsque deux corps sont susceptibles de s’unir, la réaction s’opérera en général beaucoup plus facilement s’ils sont libres, que si l’im d’eux est déjà combiné avec un autre corps : ainsi l’or et le mercure se combinent aussitôt qu’ils sont en contact; au contraire, l’or ne s’unit plus au mercure, si celui-ci est combiné avec le chlore.

Gependant il est des corps qui ne peuvent bien se combiner que lorsqu’un des deux au moins prend naissance sous l’influence de l’autre: l’hydrogène et l’arsenic sont dans ce cas ; on dit alors qu’ils se combinent à Vétat naissant.

1° La pression exercée sur lés corps soumis à quelque réaction , en déterminant le rapprochement des molécules, influe beaucoup sur le résultat des combinaisons : ainsi , que du carbonate de chaux (corps formé d’oxyde de calcium, qui est solide, et d’acide carbonique, qui est un corps gazeux) soit porté à la température rouge sous la seule influence de la pression atmosphérique^ l’acide carbonique se dégagera, et l’oxyde restera seul ; tandis que, si l’on fait l’expérience en plaçant ce carbonate dans un canon de fusil dont les ouvertures soient bien fermées , et par conséquent sous une forte pression , le carbonate fondra seulement sans éprouver la moindre altération.

On conçoit, d’après cela, combien la pression peut influer sur l’union d’un corps gazeux avec un corps solide ou liquide.

8“ La quantité des corps que l’on fait réagir les uns sur les autres exerce aussi de l’influence sur les combinaisons que l’on peut obtenir; cest ce que l’on a désigné sous le nom d’influence des masses. Que l’on fasse passer de la vapeur d’eau sur une grande quantité de fer chauffé au rouge dans un tube de porcelaine, l’eau sera décomposée, son oxygène formera de l’oxyde de fer avec le métal, et il se dégagera du gaz hydrogène, lequel , étant emporté par le courant de la vapeur, ne se trouvera qu en petite proportion au milieu de celle-ci. Maintenant, que l’on fasse passer du gaz hydrogène à travers le même oxyde de fer, à la même température, ce gaz se combinera avec l’oxygène de l’oxyde de fer, et formera de l’eau. Comment concilier ces deux faits, si ce n’est en ayant égard à Vinfluence des masses? Ne voit-on pas que, dans cette dernière

6 PUtMlÈnE PARTIE.

expérience, cha((ue molécule d’oxyde de fer se trouve dans la sphère d’activité d'un grand nombre de molécules de gaz hydrogène ? Je pourrais citer un grand nombre de faits à l’appui de cette proposition.

9" Un corps A peut se combiner en diverses proportions avec un autre corps B, et donner des composés différents : ainsi le produit formé de A et d’une partie de B jouira d’autres propriétés qu’un composé d’une partie de A et de deux ou trois parties de B. Exemple : Le plomb forme, avec quatre quantités différentes d’oxygène, quatre oxydes ou quatre composés qui ne se ressemblent pas; en effet, l’un est noir, un autre est jaune, le troisième est rouge , et le dernier est couleur de puce.

10° Il y a plus, un corps A peut se combiner avec un corps B dans un même nombre relatif d’équivalents, et donner naissance à des composés qui ont le même poids atomique, qui possèdent des propriétés différentes, et qui partant ne sont point identiques. On désigne celte classe • de corps sous le nom de corps isomères, du grec t’aojiEpr,; , qui signifie composé de parties égales. Je citerai, parmi ces corps isomériques, différents carbures d’hydrogène, tels que

Le métylène. . . .

Le gaz oléfiant. .

Le gaz de l’huile.

L’araylène

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