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DES SELS DE PROTOXYDE DE 'VAIVTALE

Ces sels sont à peine connus. Ils ne sont qu’incomplétement précipités par l’acide chlorhydrique. L’eau bouillante les décompose en sels acides incolores qui se précipitent et en sels basiques solubles. Le zinc en .sépare, au bout d’un certain temps, de l’acide tantaliqite, pourvu qu’ils soient unis à de l’acide clilorhydriqué.

DU IVlOnil'Hl ET DE PÉLOPIVIW.

Le niobium, découvert par H. Rose en 184G, dans des tantalites provenant de l’Amérique septentrionale, est obtenu en chauffant dans un courant de gaz ammoniac du chlorure de niobium saturé de gaz ammoniac. Il est soluble dans un mélange d’acides azotique et fluorhydrique, et insoluble dans l’eau régale. Il forme avec l’oxygène de l’acide m'oiique blanc, jaunissant lorsqu’on le chauffe, et redevenant blanc par le refroidissement , décoraposable par le chlore et le charbon , qui le convertissent, à une température rouge, en chlorure que l’eau transforme en acides niobigue et chlorhydrique. L’acide niobique donne une liqueur bleue, lorsqu’on fait agir le zinc sur sa dissolution dans l’acide chlorhydrique. Le niobate de potasse, traité par un acide, puis par la teinture de noix de galle, donne un précipité brun foncé.

Lepélopium, obtenu pour la première fois en 1846 par H. Rose, forme avec l’oxygène de V acide pélopique, lequel, traité par le chlore et le charbon, donne un chlorure jaune, fusible à 212°, décomposable par l’eau comme celui de niobium, et volatil. Le pélopate de potasse, traité par un acide, puis par la teinture de noix de galle, donne un précipité orange.

DE ETIiMÉlVIEM. 11. Équivalent = 750.

L’ilménium , découvert en 1847 par Hermann , dans l’yttrotantalite de Sibérie, présente la plus grande analogie avec le tantale, le niobium et le pélopium ; son existence est douteuse pour quelques chimistes. D’après Hermann , il forme avec l’oxygène de l’acide ilménique d’un jaune foncé quand il a été calciné, insoluble dans l’acide chlorhydrique, alors même qu’il est hydralé, formant avec l’acide sulfurique un composé qu’une grande quantité d’eau décompose en laissant précipiter de l’acide ilménique hydralé. Vilménate de soude, mêlé à de l’acide chlorhydrique, donne, avec la noix de galle ou avec le cyanure jaune de potassium et de fer, des précipités bruns beaucoup plus foncés que ceux que l’on obtient dans les mêmes conditions avec le tantalate ou le niobate de soude.

DU BISlIlETa. Bi. Équivalent =: 1330.

Le bismuth se trouve, 1° à l’état natif, en France, en Saxe, en Bohême, en Souabe,en Suède; mais il contient toujours un peu d’arsenic et d’ar-

bü BiâMufü. ^61

gent ; 2” combiné avec l’oxygène; 3° uni avec le soufre, le tellure, le plomb et l’arsenic.

Il est solide, d’une couleur blanche rougeâtre, très-fragile, à moins qu’il ne soit très-pur, car alors il est un peu ductile ; il est formé de grandes lames brillantes; son poids spécifique varie de 9,83 à 9,88.

Il entre en fusion à la température de 264°; si on le laisse refroidir très-lentement, il cristallise en cubes tellement disposés les uns par rapport aux autres, qu’ils forment une pyramide quadrangulalre renversée; on n’observe ce phénomène qu’autant que le métal est pur ; comme l’eau il se dilate au moment de sa solidification. Les cristaux de bismuth sont ordinairement recouverts d’une couche très-mince d’oxyde qui leur donne de belles teintes rouges , bleues et vertes. Il est complètement volatil sous le charbon, à une température d’environ 30° du pyromètre de Wedgwood (Chaudet).

Il n’agit ni sur l’air ni sur le gaz oxygène secs, à la température ordinaire; mais il se ternit dans ces gaz humides. Il s’oxyde à l’aide de la chaleur, et l’absorption de l’oxygène est accompagnée d’un dégagement de calorique et de lumière, comme on peut s’en convaincre en projetant sur le sol du bismuth chauffé au rouge blanc. Le phosphore ne se combine pas directement avec le bismuth; il existe cependant un composé de phosphore et de ce métal, facilement décomposable rime température peu élevée , et que l’on obtient en traitant une dissolution saline de bismuth par le phosphure d’hydrogène gazeux, ht soufre s’unit avec lui à l’aide de la chaleur ; en fondant parties égales de bismuth et de soufre, et en abandonnant la masse à un refroidissement lent, on obtient lun monosulfure, Bi S, qui cristallise dans l’excès du bismuth; on décante I celui-ci pendant qu’il est encore liquide. Il existe encore un sesquisult fure, Bi^ S^, noir, floconneux, et insoluble dans l’eau, que l’on prépare en ; précipitant un sel de bismuth par l’acide sulfhydrique ; on le trouve en l'Suède, en Saxe et en Bohème , mais il n’est pas pur.

Viode peut s’unir au bismuth ; l’iodure qui en résulte, Bi^ P, est bruniniarron et insoluble dans l’eau.

Le chlore gazeux se combine avec ce métal réduit en poudre fine, et I I y a dégagement de calorique et de lumière d’un bleu pâle. Le chlorure, | li2 CP, connu autrefois sous le nom de beurre de bismuth, est blanc, dé-

I iquescent, fusible, volatil , et se transforme dans l’eau en oxychlorure l 'lanc insoluble, Bi2 C13,2Bi2 03, 3H0, et en chlorure qui reste dis- Ir ous dans l’acide chlorhydrique formé aux dépens de l’hydrogène c'e H - eau. Le chlorure de bismuth est soluble dans l’acide chlorhydrique

II lible, et il se produit un chlorhydrate de chlorure. On l’obtient en

rj62 PREMIÈRE PARTIE.

chauffant 1 partie de bismulh avec 2 de sublimé corrosif. Ce chlorure

l)cut former des combinaisons doubles avec les chlorures alcalins.

Le bismuth n exei ce aucune action sur Vcizotc, Si on le laisse dans l eau au contact de lair, on obtient des paillettes blanches de carbonate de bismulh 5 il ne décompose l’eau lentement et difficilement c|u’à une tempéiatuie très-élevée. Il n’agit pas sur les acides borique^ carbo~ nique el phosphorique. L’acide sulfurique concentré et bouillant se combine avec lui après l’avoir oxydé; d’où il suit qu’une portion d’acide est décomposée, et qu’il y a dégagement de gaz acide sulfureux. L’acide sulfureux n’agit point sur lui. L’acide azotique l’attaifue, et se décompose avec d’autant plus d’énergie qu’il est plus concentré; le métal s’oxyde et se dissout dans la portion d’acide non décomposé, il se dégage du gaz bioxyde d’azote. L’acide chlorhydrique liquide n’agit que très-lentement sur le bismulh. L’acide arsénique peut aussi se combiner avec lui après l’avoir oxydé.

Le bismuth s’allie à plusieurs métaux et donne des alliages très-fusibles, mais il ne forme avec ceux qui ont été précédemment étudiés que des composés peu importants.

Caractères distinctifs. 1" Ses propriétés physiques ; 2® sa dissolution dans l’acide azotique, avec lequel il forme un azotate facilement reconnaissable (voy. Sels).

Extraction. Si le bismulh que l’on trouve à l’état natif ne contient pas du cobalt, on se borne à le fondre ; il ne tarde pas à se rassembler au fond des creusets et à se séparer de la gangue; dans le cas où celle-ci serait très-abondante, il faudrait mêler la mine avec un fondant terreux et alcalin. Si le bismuth natif contient du cobalt, on le chauffe dans des tuyaux de fer que l’on incline légèrement dans un fourneau; le bismuth fond et vient se condenser dans un récipient de fer, mais il contient presque toujours de l’arsenic, du plomb, de l’argent et un peu de soufre; on le chauffe jusqu’au rouge avec un dixième de son poids d’azotate de potasse qui acidifie le soufre et l’arsenic, et oxyde en partie le bismuth et le plomb ; on traite par l’eau, qui dissout le sulfate et l’arséniate de potasse, et laisse du bismulh, de l’oxyde de bismulh , du plomb et de l’argent; on dissout ce mélange dans l’acide azotique, et on en sépare l’argent par l’acide chlorhydrique, et le plomb par l’acide sulfurique; enfin on décompose l’azotate de bismulh par la polas.se, et on réduit l’oxyde précipité, au moyen du charbon.

On peut obtenir du bismulh pur en fondant dans un creuset un mélange de sous-azotate de bismuth et de flux noir (charbon et carbonate de potasse).

DES OXYDES DE DTSMUTIt.

DES OXYDES DE RISiDYTII.

Protoxyde, Bi2 03. — On trouve quelquefois un peu de cet oxyde à la surface du bismuth natif anhydre. Il est d’un beau jaune, fusible à la température rouge-cerise, et susceptible de donner un verre jaune qui perce les creusets. 11 n’éprouve aucune altération de la part de l’air ni du gaz oxygène. L’hydrogène et le carbone s’emparent de son oxygène à une température élevée. Le soufre le décompose également, et s’unit à l’oxygène pour former de l’acide sulfureux, et au métal qu’il fait passer à l’état de sulfure. Le chlore en sépare l’oxygène et se combine avec le métal , pourvu que la température soit assez élevée; à froid, il n’exerce aucune action sur lui. 11 est insoluble dans l’eau et les alcalis. L’acide azotique le dissout à merveille. Il est formé de 89,86 de bismuth et de 10,14 d’oxygène. On le fait servir de fondant aux dorures sur porcelaine. On l’obtient en décomposant le sous-azotate de bismuth par la chaleur. A l’état (Pkydrate, le protoxyde de bismuth est blanc et insoluble dans l’eau; si on le fait bouillir avec un excès de dissolution alcaline, il se déshydrate et cristallise en petites aiguilles brillantes. On l’obtient en décomposant un sel soluble de bismuth par l’ammoniaque.

Peroxyde {acide bismuthique) Bi2, 0^. — Il est solide, d’un brun foncé, comme l’oxyde puce de plomb, et il fournit, par une chaleur capable de volatiliser le mercure, de l’oxygène et du bismuthate de protoxyde; quelques chimistes pensent, au contraire, qu’il se transforme en un oxyde intermédiaire, BiO^. Il ne peut se combiner avec les acides qu’autant qu’il perd de l’oxygène et qu’il est ramené à l’état de protoxyde ; c’est ainsi qu’il agit à froid sur les acides sulfurique, phosphorique et chlorhydrique concentrés, et à une légère chaleur sur l’acide azotique. Il ne se combine que difficilement avec les alcalis.

Préparation. En chauffant dans un creuset de la soude avec du protoxyde de bismuth, celui-ci s’oxyde, et l’on obtient du bismuthate de soude Jacquelain). Si l’on vient à faire bouillir ce sel avec un excès de soude, l’acide bismuthique se deshydrate et se dépose (Frémy).

Bismuthates de protoxyde de bismuth. — Il existe plusieurs composés de ces deux oxydes; celui qui a pour formule Bi2 0S,Bi203 est décomposé oar les acides, sous l’influence de la chaleur, en oxygène et en un sel de 'Protoxyde.

Sous-oxyde de bismuth. — On a encore admis un sous-oxyde noir, qui i’enflamme à l’air comme de l’amadou, et que l’on obtient en chauffant

le bismuth A une température qui dépasse à peine le point de fusion de ce métal.

DES SELS DE BlSMLTa.

Ils sont en général d’une couleur blanche. Les dissolutions de bismuth sont Incolores et précipitées en blanc par l’eau, qui les transforme en un sel acide soluble et en un sous-sel insoluble. L’acide sulfhydrique et les sulfures solubles les précipitent en noir (sulfure de bismuth). La potasse, la soude et l’ammoniaque très-concentrées en séparent l’oxyde , qui est alors d’une couleur jaune, mais qui serait blanc si les liqueurs étaient étendues d’eau, parce qu’il contiendrait du sous-sel (Jacquelain) ;ce précipité est insoluble dans un excès d’alcali. Les carbonates de potasse et de soude y font naître un précipité blanc insoluble dans un excès de carbonate. Le sesquicarbonate d’ammoniaque les précipite et redissout le précipité s’il est employé en excès , propriété que l’on peut mettre à profit, d’après Léonard Laugier, pour séparer le bismuth de plusieurs autres métaux. L’infusion de noix de galle les précipite eu jaune légèrement orangé, et le chromate de potasse en jaune. Le fer, le zinc et l’étain, en séparent le bismuth; le cuivre n’agit qu’avec lenteur.

Azotate, Bi? 03,3 Az05,3H0. — Il cristallise en gros prismes quadrilatères comprimés, d’une couleur blanche, rougissant Vinfusum de tournesol; il attire légèrement l’humidité de l’air, et sa surface se recouvre d’un peu d’oxyde blanc ; chauffé jusqu’au rouge, il fournit de l’oxyde jaune : c’est même en suivant ce procédé que l’on peut se procurer avec plus d’avantage l’oxyde de bismuth. Il se dissout très-bien dans l’eau, pourvu qu’il soit assez acide ; cette dissolution, versée peu à peu dans une grande masse d’eau, est subitement décomposée, et transformée en azotate de bismuth basique insoluble, qui se précipite sous forme de flocons blancs ou de paillettes nacrées, et en azotate acide qui reste en dissolution; le précipité, bien lavé, constitue le blanc de fard ou le magistère de bismuth, Bi2Q3, AzO^,HO; toutefois sa composition varie suivant la quantité d’eau employée à sa précipitation, suivant la température et le temps pendant lequel le sous-sel et l’eau ont été en contact : on peut lui enlever tout l’acide en le traitant à plusieurs reprises par l’eau bouillante ; calciné avec du charbon, il laisse du bismuth ; il est soluble dans l’acide azotique. On peut se servir de l’azotate de bismuth comme encre de sympathie : en effet , les caractères tracés sur le papier avec sa dissolution sèchent et disparaissent; mais ils de-

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