‹ Éléments de chimieChapitre 24 sur 378 · DV CHLORE GAZEUX · texte numérisé non relu

DV CHLORE GAZEUX

Le chlore est un gaz non permanent, d’après M. Faraday, d’une couleur jaune verdâtre, d’une saveur désagréable , d’une odeur piquante et tellement suffocante qu’il est impossible de le respirer, même lorsqu’il est mêlé â l’air, sans éprouver un sentiment de strangulation et un resserrement dans la poitrine ; son poids spécifique est de 2,44 : loin de rougir la teinture de tournesol, comme le font les acides, il la détruit eu la jaunissant; il éteint les bougies allumées, après avoir fait prendre à la flamme un aspect pâle d’abord , ensuite rouge.

Exposé à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés, le cJilore gazeux n’éprouve aucune altération lorsqu’il est parfaitement sec. — Expérience (pl. l*"®, tig. 5). Si l’on introduit dans une grande fiole A, placée sur un fourneau F, le mélange nécessaire pour qu’il se dégage du chlore gazeux (voyez page 67); si l’on adapte à cette fiole, à l’aide d’un bouchon percé, un tube convenablement recourbé T, qui se rend dans un long cylindre de verre C, rempli de chlorure de calcium , matière capable d’absorber toute l’humidité contenue dans le chlore; si de l’extrémité T de ce cylindre part un autre tubeS^ recourbé de manière à pouvoir se rendre dans un tuyau de porcelaine vide.

(I) Plusieurs chimistes portent le poids de l’équivalent du chlore à 450 , ce qui correspond à 30 fois celui de l’hydrogène.

placé dans un fourneau à réverbère M, et que l’on entoure de charbon ; enfin si de l’extrémité E du tuyau de porcelaine part un troisième tube R, qui va se rendre dans une cloche P, disposée sur la cuve pneumato- chimique, on pourra démontrer l’assertion que je viens d’établir. En effet, que l’on commence par allumer le charbon contenu dans le fourneau à réverbère, afin de faire rougir le tuyau de porcelaine ; lorsque ce tuyau sera rouge, que l’on chauffe légèrement la fiole A, le chlore se dégagera , traversera le cylindre C, cédera son humidité au chlorure de calcium, à travers lequel il passera pour se rendre dans le tuyau de porcelaine rouge de feu , puis se dégagera par le tube 71, pour remplir la cloche P, sans qu’il ait subi la moindre altération.

Le chlore gazeux sec peut être liquéfié par un simple abaissement de température, en le faisant passer dans un tube en TJ entouré d’un mélange d’acide carbonique solide et d’éther. Déjà M. Faraday avait vu que l’on obtenait le même résultat en le comprimant dans un tube froid, pourvu qu’il eût été préalablement desséché sur l’acide sulfurique. S’il est humide et qu’on le refroidisse, il se congèle au-dessous de 4°,5-f-0, et ressemble, par ses ramifications, à la glace qui se dépose à la surface des carreaux pendant la gelée : ces cristaux d’hydrate de chlore sont des octaèdres allongés à base rhomboïdale, et paraissentformés de 27,7 parties de chlore et de 72,3 d’eau. Si , après les avoir desséchés, on les introduit dans un tube de verre que l’on scelle ensuite hermétiquement, on voit qu’il suffit d’élever la température à 38® pour les décomposer et obtenir deux liquides : l’un jaune pâle, qui est de l’eau; l’autre jaune verdâtre, plus foncé, qui est du chlore liquide; on remarque en outre, au-dessus de ces liquides, une atmosphère de chlore gazeux. Celte expérience, faite en 1823 par M. Faraday, prouvait déjà que le chlore n’est pas un gaz permanent, puisqu’il peut être réduit à l’état liquide par la compression de sa propre atmosphère.

Le chlore gazeux parfaitement sec n’éprouve aucune altération de la part de la lumière; sa puissance réfraclive est de 2,623, celle de l’air étant prise pour unité (Dulong). Si le chlore contient de l’eau, celle-ci est décomposée, le chlore s’unit à l’hydrogène pour former de l’acide chlorhydrique, et l’autre principe constituant de l’eau, l’oxygène, se dégage en partie, tandis qu’une autre portion forme, avec le chlore, de l’acide perchlorique. Tous les rayons lumineux ne déterminent pas l’union du chlore avec l’hydrogène. Suivant M. Drapier, c’est surtout Je rayon indigo qui donne promptement lieu à celte combinaison : aussi peut-on exposer à la lumière directe un mélange de chlore et d’hydrogène contenu dans des vases colorés en rouge, en jaune ou en vert,

Page 1