DE LA COMBUSTION
Il est aisé de sentir combien cette manière d’envisager la combustion est plus exacte que celle de Lavoisier, dont elle diffère essentiellement; en effet, dans celte dernière, on n’admet qu’un simple soutien de la combustion, Voxxjgène, et l’on fait abstraction du dégagement de calorique et de lumière, qui pourtant constitue le phénomène le plus essentiel de la combustion.
Toutefois la tliéorie de Thompson me parait pouvoir être avantageusement modifiée. Quelle nécessité y a-t-il, par exemple, d’admettre des soutiens de la combustion? En les rejetant, on éviterait plusieurs inconvénients; par exemple, Thompson ne range point le soufre parmi les soutiens de la combustion ; il le place, au contraire, dans la section des corps combustibles : or il est aisé de prouver qu’il appartient aussi bien à l’une qu’à l’autre de ces classes ; en effet, il joue le rôle de combustible lorsqu’on le brûle au moyen de l’oxygène, qui agit alors comme soutien de la combustion; mais ne joue-t-il pas le rôle de soutien de la combustion lorsqu’on le fait chauffer avec le cuivre divisé, et qu’au moment de la combinaison il y a un dégagement considérable de calo- : rique et de lumière? Objectera-t-on que, dans ce dernier cas, il n’agit ; pas comme soutien; il faudrait alors admettre, ou que la combustion : n’a pas lieu, malgré le dégagement de calorique et de lumière, ou, si elle a lieu, que le cuivre en est le soutien : opinion qui ne s’accorde i point avec les idées de Thompson sur la combustion.
Ces considérations m’engagent à regarder la combustion comme un I phénomène très-général , qui a lieu toutes les fois que deux ou un plus grand nombre de corps se combinent avec dégagement de calorique et de lumière. J’avoue cependant que l’oxygène est, parmi les corps connus, celui qui donne le plus souvent lieu à ce dégagement, lorsqu’il s’unit à d'autres.
Combustion produite par la combinaison d’un corps solide avec un corps gazeux. Cette combustion peut avoir lieu à froid ou à une température élevée. 1“ A froid: que l’on projette de l’antimoine, de l’arsenic ou de l’étain pulvérisés, dans un flacon rempli de chlore gazeux ; dans le même ; instant, on apercevra une vive lumière, la température s’élèvera, et il
■ se formera du chlorure d’antimoine, d’arsenic ou d’étain, qui paraîtra d abord sous forme d’une fumée plus ou moins épaisse, et qui ensuite deviendra liquide; 2” d une température élevée: que l’on introduise
' dans un flacon rempli de gaz oxygène un fil mince d’acier, suspendu I par une de ses extrémités à un bouchon de liège, offrant à l’autre extrémité. un morceau d’amadou allumé; le fer brûlera avec le plus grand
■ écl-at et avec la plus grande rapidité, il se combinera avec l’oxygène,
et se transformera en oxyde noir ; la température s’élèvera considérablement.
Si l’on détermine le poids du produit ou du corps brûlé, on le trouvera égal à celui des corps qui se sont combinés pendant la combustion. C’est à ce mode de combinaison que se rapportent les combustions ordinaires du charbon, du bois, etc., dans l’air almospliérique; le carbone et l’hydrogène, en effet, se combinent avec l’oxygène pour former de l’acide carbonique et de l’eau , et l’azote de l’air est mis à nu. Les produits de cette combustion sont par eux-mêmes impropres à l’entretenir, et l’arrêteraient bientôt s’ils ne se trouvaient remplacés par une nouvelle quantité d’air ; de là la nécessité d’établir un tirage dans les foyers domestiques. Cette combustion est d’autant plus énergique que le courant d’air est plus rapide; aussi augmente-t-on .son intensité en soufflant sur le corps qui brûle. Par contre , on arrête la combustion en supprimant l’accès de l’air : ç’est ce qui a lieu lorsqu’on recouvre le corps en ignition d’une cloche ou d’un étouffoir. Il est des corps qui ne brûlent ou qui ne brûlent bien que lorsqu’ils sont dans un grand état de division, tels sont les s>\\\hn'&s, pyrophoriques. La combustion d’un corps allumé ne continue que parce que la température résultant de la combustion d’une partie de sa masse porte les parties voisines de celles qui brûlent à la température nécessaire pour entretenir la combustion; d’où il suit que la combustion s’arrête loi’sque le corps allumé éprouve un refroidissement tel qu’il ne puisse plus se combiner avec l’oxygène. Ce fait explique pourquoi un morceau de fer porté au rouge , et qui brûle dans le gaz oxygène , s’éteint dans l’air atmosphérique froid, pourquoi un jet d’air trop rapide, dirigé sur une bougie, éteint la flamme en abaissant sa température.
Combustion produite par la combinaison d’un corps liquide avec un corps gazeux. Il suffit de mettre le feu à une huile volatile liquide, qui a le contact de l’air, pour que l’oxygène de l’air se combine avec l’hydrogène et le carbone de l’huile, avec lesquels il formera de l’eau et de l’acide carbonique; ces combinaisons auront lieu avec dégagement de calorique et de lumière, et le poids de l’eau et de l’acide carbonique, formés sera égal à celui de l’huile qui aura été brûlée, et à celui de l'oxygène fourni par l’air. On pourrait encore faire brûler à froid un papier imprégné d’huile de térébenthine, dans du chlore gazeux contenu dans un flacon à col étroit. Il se produit de l’acide chlorhydrique, et il se dépose une quantité notable de charbon.
Combustion produite par la combinaison d’un corps liquide avec un corps solide. Que l’on chauffe; dans une capsule de porcelaine, 20 gr. de