DE LA COA^USTION
donc pas probable que la même cause qui produit l’incandescence du charbon, dans la belle expérience que nous venons de citer, est aussi celle qui élève plus ou moins la température du corps pendant l’acte de la combinaison ? C’est du moins un rapprochement fondé sur les plus fortes analogies, et qui mérite d’être suivi dans toutes ses conséquences. »
Ne sait-on pas d’ailleurs que M. Becquerel a prouvé que lorsqu’un morceau de papier brûle, le papier s’électrise positivement, et la flamme négativement. Si l’on fait brûler de l’alcool dans une capsule de cuivre, celle-ci s’électrise positivement. {Annales de chimie et de physique, t. XVII.)
D’un autre côté, il a été démontré par M. Pouillet que , dans toute combustion opérée par le gaz oxygène, ce gaz s’entoure d’une atmosphère d’électricité positive, tandis que le corps qui brûle est enveloppé de fluide électrique négatif.
Quoi qu’il en soit, voici les résultats de quelques expériences tentées par M. Desprelz, pour déterminer la quantité de chaleur qui se développe pendant la combustion d’un certain nombre de corps : 1" une partie de charbon de sucre pur, obtenu en calcinant le sucre à un feu de forge, dégage en brûlant une quantité de chaleur capable de fondre 104,2 parties de glace , ou capable d’élever une partie d’eau de O" à 7914°, 7 ; 2° la chaleur développée par une partie d’hydrogène qui brûle peut fondre 31 5,2 parties de glace, ou élever li ne partie d’eau de 0“ à 23640°; 3° le fer, le zinc, l’étain, le protoxyde d’étain, dégagent sensiblement la mêmequantilé de chaleur pour le même volume d’oxygène; celle quantité est égale aux de celle que développe le charbon ; 4° enfin un corps qui ne change pas le volume du gaz oxygène pendant la combustion dégage la môme quantité de chaleur, quelle que soit la densité de ce gaz: par exemple, le charbon dégage sous deux ou trois pressions la même quantité de chaleur que sous la pression ordinaire. On sait que plus un combustible contient de carbone et d’hydrogène, plus sa valeur calorifique est considérable.
On a donné le nom d’unité de chaleur ou de calorie à la quantité de chaleur nécessaire pour élever un kilogramme d’eau de 1 degré du thermomètre centigrade. La puissance calorifique d’un combustible sera donc représentée par le nombre dunüés de chaleur produites par la combustion complète d’un kilogramme de ce combustible. C'est ainsi que l’on a constaté que le pouvoir calorifique du bois desséché à l’air, et contenant encore 25 % d’eau, se trouve compris entre 2,800 et 2,900, tandis (pie celui du charbon de bois est beaucoup plus élevé.
Voici les nombres de calories obtenus pour quelques autres corps combustibles pour 1 kilogramme :
Carbone 7,224
Hydrogène. . . . • 34,995
Protocarbure d’hydrogène. . . 11,900
Bicarbure d’hydrogène 12,170
Oxyde de carbone. 2,500
Qu’il y a loin de celte manière d’envisager la combustion aux diverses hypothèses imaginées par les chimistes qui avaient précédé Lavoisier, pour se rendre raison du phénomène !
Parmi les anciennes théories de la combustion, la plus célèbre est, sans contredit, celle de Stahl. Suivant cet auteur, un corps n’est combustible que parce qu’il contient un principe subtil, insaisissable, connu sous le nom phlogislique. Lorsqu’on fait brûler ce corps, le phlogislique se dissipe, et c’est dans celte séparation que consiste la combustion : aussi le résidu est-il incombustible. Au moment de se dégager, le phlogistique est affecté d’un mouvement violent : la chaleur et la lumière ne sont autre chose que ce principe subtil dans cet état de grande agitation. Éclaircissons celle théorie par un exemple ; le cuivre était considéré comme composé Ae, phlogistique et de chaux (oxyde de cuivre)’, lorsqu’on le faisait brûler, le phlogistique se dégageait, et le résidu était de la chaux de cuivre (oxyde de cuivre), substance brûlée, et par conséquent incombustible. Au contraire , toutes les fois qu’un corps incombustible devenait combustible, il ne faisait que se combiner avec le phlogistique : par exemple , lorsqu’en chauffant fortement la chaux de cuivre, dont j’ai parlé, avec du charbon , on obtenait le cuivre qui jouissait de nouveau de la propriété de brûler, c’était parce que le charbon avait fourni du phlogistique qui s’était combiné avec la chaux de cuivre. Il aurait suffi, pour renverser celle théorie, et en faire sentir toute l’inexactitude, de peser comparativement le cuivre avant et après avoir été brûlé: on aurait vu que son poids était plus considérable après la combustion ; or, comment se pourrait-il qu’un corps augmentât de poids en perdant un de ses principes constituants, le phlogistique?
DE liA FliAnmiE.
H. Davy, dans un travail intéressant sur la flamme, est parvenu à un certain nombre de résultats importants que je croisdevoirfaireconn al Ire,