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DES COMPOSÉS D’ARSENIC ET D’HYDROGÈNE

L’iiydrogène peut se combiner directement avec l’arsenic; il suffit pour cela de mettre ce dernier corps en contact avec le gaz qui se produit en décomposant l’eau par la pile électrique; il se forme dans ce cas un arséniure d’hijdrogène solide ( hydrure d’arsenic). Il existe encore un produit gazeux formé aussi de ces deux éléments, que l’on ne peut obtenir directement, et dont j’indiquerai bientôt le mode de préparation.

Arséniure d’hydrogène solide (Mjdrure d’arsenic). — II est inodore, insipide, brun rougeâtre, terne, et indécomposable à une chaleur voisine du rouge-cerise. Chauffé avec le gaz oxygène ou avec l’air, il se décompose et se transforme eu eau et en acide arsénieux; dans ce cas, l’absoi ption de l’oxygène a lieu avec dégagement de calorique et de lumière. On ne peut l’obtenir en proportions définies qu’en faisant agir sur l’eau un alliage de potassium et d’arsenic. Il est sans usages.

Arséniure trihydrique de Berzelius [hydrogène arsénié). As, — On ne trouve Jamais ce gaz dans la nature, il est incolore, d’une odeur fétide et nauséabonde; il ne rougit point la teinture de tournesol; sa densité est de 2,695. L’étincelle électrique et le calorique le décomposent en hydrogène et en arsenic.

Quand on le fait passer à travers un tube de verre contenant une certaine quantité d’amiante, il suffit de chauffer avec une lampe à espri de vin la partie du tube où se trouve ce corps, pour que l’arsenic se condense en un anneau métallique à peu de distance de l’amiante. Il peut être liquéfié, suivant Stromeyer, à un froid de — 30". Chauffé avec une suffisante quantité de gaz oxygène, il se transforme en eau et en acide arsénieux , et il y a dégagement de lumière.

Lorsqu’il est en contact avec Vair, il peut être enflammé au moyen d’un corps en ignition , et brûler avec une flamme d’un blanc bleuâtre ; à mesure qu’il absorbe l’oxygène, les parois de la cloche qui le renferme se tapissent d’arsenic; évidemment ici la quantité d’oxygène absorbée pendant le temps qu’a duré l’expérience n’a pas été suffisante pour brûler tout l’arsenic ; l’oxygène s’est combiné de préférence avec l’hydrogène pour former de l’eau, et il ne s’est produit qu’une petite quantité d’acide arsénieux.

C’est sur cette propriété de l’air qu’est fondée l’expérience que l’on fait avec l’appareil dit de Marsh (voy. pl. 7, fig. 3) ; en effet, que l’on dégage dans un flacon A de l’arséniure trihydrique (voy. plus bas Extraction)', que ce gaz passe à travers un tube de verre B recourbé, donl la

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branche horizontale se termine par une extrémité effilée et ouverte œ; que l’on chauffe à l’aide d’une lampe à alcool la partie de ce tube où se trouve l’amiante D; que l’on approche un corps en ignition de l’ouverture par laquelle sort le gaz , et l’on verra bientôt un anneau d’arsenic métallique se former vers la partie O, alors que déjà, depuis quelque temps , il se condensait des taches arsenicales sur une assiette de porcelaine froide tenue près de l’ouverture x. Pour s’assurer que l’anneau et les taches ne sont que de l’arsenic, on constate d’abord que l’anneau est brillant et de couleur d’acier, et que les taches sont brunes ou d’un brun fauve et brillantes. Tous deux sont volatils; l’acide azotique les dissout, et si l’on chauffe le solutum, on obtient un résidu blanc ou d’un blanc jaunâtre, que l’on partage en deux parties; l’une d’elles, après qu’elle a été refroidie, donne une belle coloration rouge-brique par l’azotate d’argent en dissolution concentrée; l’autre, si elle est dissoute dans l’eau et traversée par un courant de gaz acide sulfhydrique , fournit un précipité jaune de sulfure d’arsenic, surtout si l’on ajoute une goutte d’acide sulfureux, qui ramène à l’état d’acide arsénieux l’acide arsénique qui s’était formé par l’action de l’acide azotique sur l’arsenic.

Le soufre décompose à chaud le gaz arséniure trihydriqiie, et l’on obtient de l’acide sulfhydrique et du sulfure d’arsenic. Le chlore, le brome et Viode, s’emparent de son hydrogène et mettent à nu l’arsenic. Plusieurs métaux le décomposent aussi à une température plus ou moins élevée, et en séparent l’hydrogène.

h' eau en dissout à peu près le cinquième de son volume; l’eau aérée le décompose; l’oxygène de l’air contenu dans ce liquide transforme l’hydrogène en eau, et l’arsenic se précipite.

Caractères distinctifs. l"Gaz incolore, d’une odeur alliacée ; 2^ action sur l’air, à l’aide d’un corps en ignition.

Ce gaz est excessivement vénéneux.

Préparation. Il se produit toutes les fois qu’un composé arsenical oxygéné (acides arsénieux et arsénique, arsénites, arséniates , etc.) se trouve dans un flacon où il se dégage du gaz hydrogène; en effet, ce gaz décompose le composé arsenical , s’empare de son oxygène, landis qu’une autre partie d’hydrogène se combine avec l’arsenic à l’état naissant. Dans les laboratoires, on le prépare en chauffant doucement, dans une fiole munie d’un tube recourbé, 1 partie d’alliage de zinc et d’arsenic l’éduit en poudre, et 4 ou parties d’acide sulfuricpie faible. Le gaz se dégage, et il reste dans la fiole du sulfate de zinc. — Théorie. L’eau est décomposée; son oxygène oxyde le zinc, landis que l’hydrogène s’unit A l'arsenic pour former l’arséniure trihydrique.

As Zn3 3 SQ3 HQ __ H3 As 3ZnO, SO^

Allittge de zinc. Acide sulfurique. ArsÉiiiurc. ’ Sulfstc de zinc.

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