MS C02 HO MO C02 HS
lUoQosuIfare. ^ À. carbonique. ’ Eau. Oxyde. ’ A. carbonique. A. sulfliydrique.
En même temps, une portion d’oxygène de l’air a transformé une partie du monosulfure en hyposulfite alcalin soluble. Jusqu’alors la liqueur est restée incolore; plus lard elle se colore en jaune, parce qu’une partie de l’acide sulfhydrique qui s’est produit absorbe l’oxygène de l’air en donnant naissance à de l’eau et à du soufre : celui-ci , en se dissolvant dans
DES SULFURES. — DES MONOSULFURES, le monosiilfure non encore attaqué, le fait passer à l’état de polysulfure jaune; mais, à son tour, ce polysulfure absorbe l’oxygène de l’air, en sorte qu’en définitive, les monosulfures finissent par être changés en carbonates et en hyposulftes incolores. 2° La plupart des monosulfures sont insolubles dans l’eau et insipides : ceux de potassium , de sodium , de litliium, de baryum, de slrontiiirh , de calcium, de magnésium, de glucynium et d’yttrium, sont solubles; parmi ceux qui sont insolubles, il en est trois , ceux de zinc, de fer et de manganèse, qui sont hydratés. D’après Rose, les monosulfures alcalins préparés, en décomposant les sulfates correspondants par le charbon à une chaleur blanche, lorsqu’ils se dissolvent , décomposent l’eau et donnent naissance, savoir : le sulfure de baryum, à du sulfhydrate de sulfure de baryum, à du sulfure de baryum uni avec de la baryte, et à de l’hydrate de baryte; les sulfures de strontium et de calcium, et probablement ceux de potassium et de sodium , à des sulfhydrates de sulfures et à des hydrates de strontiane et de chaux (Journ. de pharm., année 1842). 3° Les monosulfures alcalins sont incolores. 4" Le chlore transforme tous les sulfures solubles en chlorures, et il se précipite du soufre. Quant aux sulfures insolubles, il en est, comme ceux de titane, d’étain et d’antimoine, qui sont décomposés à froid, ou à une chaleur très-faible, par le chlore, et il se produit un chlorure métallique et de l’acide sulfochlorique qui se combine avec chacun de ces chlorures. D’autres sulfures insolubles, tels que ceux de plomb, de cuivre, etc., ne sont pas altérés par cet agent à la température ordinaire, et ne le sont, par une chaleur soutenue, qu’avec une extrême lenteur et d’une manière incomplète; alors il y a production de chlorures de plomb et de cuivre, et d’acide sulfochlorique qui ne secombinepas avec ces chlorures (Rose, Journ, de pharm. , ]u\\\ei 1838). 5® Tous les monosulfures solubles sont décomposés par \es acides, sans en excepter l’acide carbonique, s’il est employé en assez grande quantité; l’eau de ces acides se décompose, son oxygène oxyde le métal , son hydrogène s’unit au soufre et forme de 1 acide sulfhydrique qui se dégage; il ne se précipite point de soufre si I acide est tr ès-af faibli : on conçoit que le monosulfure ne renfermant qu’un équivalent de soufre, et l’acide sulfhydrique qui se dégage exigeant, pour être formé, un équivalent de ce corps, il ne puisse pas se précipiter du soufre ; cependant les acides azotiqiie et azoteux cèdent presque toujours une portion de leur oxygène ,4 l’hydrogène de l’acide sulfhydrique, et il se dépose du soufre. 6° Les sels de la première classe n exercent aucune action sur les sulfures, la plupart des autres les dé-
composent en donnant des produits divers ; mais il se forme constamment un précipité blanc ou coloré, qui est un monosulfure.
Théorie. On peut représenter les deux sels par
Soufre 4- Potassium.
Zinc 4" Oxygène -f- Acide sulfurique,
Monosulfure de zinc. Oxyde de potassium combiné à l’acide sulfurique.
11 est évident que l’oxyde de zinc du sulfate est décomposé, que son oxygène se porte sur le potassium du sulfure, et que le soufre de celui-ci s’unit au zinc.
Pour reconnaître un monosulfure inso/w6^e des cinq dernières classes, et ceux de zinc, de manganèse, de, titane et d’urane, on chauffera ces sulfures au rouge dans un creuset avec de la potasse caustique et du charbon, et l’on obtiendra du sulfure de potassium qui partagera les caractères des sulfures solubles ; le métal du sulfure sera mis à nu, mêle quelquefois d’un peu d’oxyde.
Composition. L’expérience prouve que presque tous les protoxydes métalliques donnent, lorsqu’on les traite par l’acide sulfhydrique, un monosulfure et de l’eau , c’est-à dire qu’un équivalent d’oxygène se combine avec un équivalent d’hydrogène de l’acide pour former de l’eau ; il résulte de ce fait que la quantité de soufre des sulfures métalliques dont je parle est proportionnelle à la quantité d’oxygène que contiennent les oxydes, puisque l’acide sulfhydrique contient un équivalent de soufre, comme l’eau renferme un équivalent d’oxygène. Suivant Berzelius, on ne peut former avec les métaux tout au plus qu’autant de sulfures qu’ils peuvent donner d’oxydes; en outre, le monosulfure d’un métal quelconque renferme deux fois autant de soufre en poids qu’il y a d’oxygène dans le protoxyde du même métal; le bisulfure en contient deux fois autant qu’il y a d’oxygène dans le bioxyde. On sait que, le poids de l’équivalent d’oxygène étant 100, celui du soufre est de 200 : or j’ai dit, en parlant de la composition des oxydes d’un même métal, que la quantité d’oxygène contenue dans ceux qui sont très -oxydés était j 1, 1 1/2 1 2, 3 ou 4 fois aussi considérable que celle du protoxyde ; donc on doit admettre la même loi de composition pour les sulfures. Éclaircissons ces données par un exemple : supposons que, des trois oxydes d’un métal, le protoxyde contienne, sur 100 parties de métal, 6 d’oxygène, le bioxyde 12, et le tritoxyde 18; supposons de plus que l’on puisse former trois sulfures avec le même métal , le protosulfure sera composé de 100 de métal et de 12 de soufre; le bisulfure contiendra 24 de soufre,,
DES POLYSULFURES. 285
et le Irisulfure 36. Quelques métaux semblent, au premier abord, jiouvoir fournir un plus grand nombre de sulfures que d’oxydes; mais ces diverses combinaisons doivent être considérées , d’après Berzelius , comme de véritables sulfures avec un excès de soufre ou de métal, ou comme des mélanges de divers sulfures du même métal.
Il suit de là qu’un monosulfure étant formé d’un équivalent de métal et d’un équivalent de soufre, si l’on donne au soufre la quantité d’oxygène nécessaire pour passer à l’état d’acide sulfurique, et au métal celle qui lui est nécessaire pour passer à l’état de protoxyde, on constituera ainsi un sulfate neutre. Il en serait de môme pour un bisulfure, et vice versa : en enlevant à un sulfate neutre l’oxygène de l’acide et celui du métal, on formera un monosulfure (1).
Préparation. 1° On prépare un assez grand nombre de sulfures métalliques, en décomposant leurs dissolutions par les sulfures solubles de potassium et de sodium, et quelquefois même par l’acide sulfhydrique. M. Becquerel père a obtenu cristallisés plusieurs sulfures métalliques en faisant usage d’un appareil électro-chimique (voy. Ann. de chim., novembre 1829). 2° Quelques autres sulfures peuvent être obtenus en traitant à une température élevée les sulfates de protoxyde par le charbon. On connaît encore d’autres procédés (voy. les métaux en particulier).
DES POEVSULFIJRES.
Les polysulfures auxquels le soufre et les métaux donnent naissance sont en général solides, d’une couleur jaune, rouge, etc.; les polysulfui’es alcalins sont jaunes. Les polysulfures sont solubles ou insolubles dans l’eau, sapides quand ils peuvent être dissous, décomposables par les acides avec effervescence, avec dégagement de gaz acide sulfhydrique et précipitation du soufre, ce qui les distingue des monosulfures; ils laissent précipiter autant d’équivalents de soufre qu’ils en contenaient, moins un qui a servi à former l’acide sulfhydrique. Les polysulfures versés dans un acide donnent du polysulfure d’Iiydrogène (voy. p. 215). Ils sont décomposables par l’acide sulfhydrique, qui en précipite l’excès
(I) D’après M. Rousseau, il suffit de faire passer sur les sulfures de fer , de ploiub, de cuivre et d’antimoine, un double courant d’air et de vapeur d’eau, pour que les sulfures snient fouillés moléculaire ment dans toute leur profondeur, et se réduisent entièrement en acide sulfureux et en oxyde juétallique , sous forme d’une poussière impalpable.
de soufre, et il reste dans la liqueur un sulfliydrate de sulfure. Le chlore agit sur les polysulfures, comme sur les monosulfures. Comme les monosulfures , ils précipitent la plupart des dissolutions métalliques (voy. p. 284). A l’air, ils se décolorent peu à peu et se changent en hy. posulfites. Si le polysulfure contient plus de deux équivalents de soufre pour un de métal, il se précipite du soufre.
On reconnaîtra les polysulfures insolubles à l’aide de la potasse et du charbon (voy. p. 284).
Préparation. On obtient les polysulfures insolubles en versant un polysulfure soluble dans une dissolution d’un sel métallique. On peut préparer un assez grand nombre de polysulfures en fondant un excès de soufre avec un oxyde ou un carbonate métallique; l’oxygène de l’oxyde se porte sur une partie du soufre, pour former de l’acide sulfureux qui se dégage , et le métal se combine avec l’autre portion de soufre.
DES SIJLFHYDRATES DE IHOIVOSULFIIRES , OU DES BISVLFHYDRATES.
On désigne ainsi certains composés salins , formés d’acide sulfhydrique et d’un monosulfure métallique. Ils ont l’odeur, la saveur hépatique et la réaction alcaline des monosulfures. Si leurs dissolutions aqueuses sont traitées par un acide, celui-ci agit sur le sulfure, comme je l’ai dit à la page 283 en parlant des monosulfures ; il se dégage de l’acide sulfhydrique , et il ne se précipite point de soufre; elles se comportent avec les sels métalliques comme les monosulfures, si ce n’est qu’il y a de l’acide sulfhydrique mis à nu ; l’air ou l’oxygène les transforme d’abord en polysulfures, puis en hyposulfites; il est évident que l’oxygène commence par s’emparer de l’hydrogène de l’acide sulfhydrique.
Ces sels doivent être considérés comme des monosulfures auxquels s’unit un équivalent de gaz sulfhydrique.
Préparation. On fait passer du gaz sulfhydrique sur les oxydes métalliques, ou sur leurs carbonates en dissolution dans l’eau ou suspendus dans ce liquide jusqu’à complète saturation. Il se précipite, surtout lorsqu’on agit avec de la potasse ou de la soude, une matière gélatineuse, mélée d’une poudre noire, qui donne à la liqueur un aspect brunâtre trouble, et qui , à la fin de l’opération , se rassemble au fond du vase et peut être séparée par le filtre ; cette matière est composée d’acide silicique, d’oxyde de fer et d’oxyde de manganèse, substances qui se trouvent ordinairement dans les alcalis employés, et qui se déposent à mesure que l’acide sulfhydrique sature ces alcalis. Quelquefois aussi ce préci-
DES SÉLÉNIURES. 287
pilé contient de l’oxyde d’argent, qui provient de la potasse et de la soude que l’on a fait fondre dans des chaudières de ce métal. Lorsque l’opération est terminée, ce qui n’a lieu qu’au bout de plusieurs jours, on filtre les sulfhydrates et on les agile avec du mercure : ce métal s’empare de leur excès de soufre, et leur fait perdre la couleur jaune qu’ils avaient. Le mercure, dans celte expérience, noircit d’abord, puis se transforme en sulfure rouge (cinabre).
DES SVLFOSELS.
Berzelius a désigné ainsi tantôt les sulfhydrates de sulfures, tantôt des sels composés de deux sulfures métalliques; ces doubles sulfures sont en général solubles dans l’eau, qui en décompose même quelquesuns. Les acides les décomposent avec ou sans dégagement d’acide suifhydrique, et précipitent un des sulfures métalliques, s’il est insoluble, ce qui arrive le plus souvent.
Préparation. Elle est très-variée, suivant les cas ( voy. Berzelius , t. III, p. 334).
DES SÉEiÉlVlVRES.
Les séléniures ressemblent beaucoup aux sulfures pour leurs propriétés physiques et chimiques. Les séléniures alcalins seuls sont solubles dans l’eau. Le chlore sépare le sélénium de ceux qui sont solubles. L’acide chlorhydrique en dégage du gaz acide sélenhydrique. L’acide azotique et l’eau régale à chaud font passer le sélénium à l’état d’acide sélénieux, facile à reconnaître par l’acide sulfureux qui précipite le sélénium sous forme d’une poudre rouge. Les séléniures, chauffés dans un creuset avec de l’azotate de potasse mélangé de carbonate de la même base, donnent du de potasse, lequel, à la température de l’ébul-
lition, est transformé par un excès d’acide chlorhydrique en acide sélénieux, dont on peut précipiter le sélénium rouge, à l’aide de l’acide sulfureux.
La composition des séléniures est soumise aux lois des proportions multiples dont j’ai déjà parlé: ainsi le séléniure correspondant à un protoxyde, formé d’un équivalent d’oxygène et de métal, est lui-même composé d’un équivalent de sélénium et de métal.
Préparation. On obtient la plupart des séléniures en versant dans une dissolution saline de l’acide sélenhydrique.
PREMJÈaE PARTIE.
DE.« lonotKS.
Ils sont tous solides, inodores, fragiles; plusieurs sont colorés, mais cependant la plupart sont incolores, sapides et cristallisables. Il en est qui sont solubles dans l’eau. Plusieurs de ceux qui sont insolubles peuvent être obtenus cristallisés par l’électricité (Becquerel).
Le chlore les décompose tous, s’empare du métal, et met l’iode à nu ; si l’on a préalablement ajouté de l’amidon dissous, celui-ci est coloré "en bleu; toutefois, si le chlore était employé en excès, il se produirait du chlorure d’iode, lequel se décomposerait par l’eau en acides chlorhydrique et iodique , sans action sur l’amidon. C’est pour éviter cet inconvénient que M. Reynoso a proposé de substituer l’eau oxygénée au chlore : on met dans un petit tube fermé par un bout un morceau de bioxyde de baryum , on y ajoute de l’eau distillée, de l’acide chlorhydrique pur, et de l’empois d’amidon (voy. Bioxyde d’hijdrogène, p. 12!)); onaltend que l’on voie venir des bulles à la surface pour y ajouter l’iodure : on aperçoit à l’instant une coloration d’un rose bleu, si la quantité d’iode est peu considérable, et d’un bleu bien foncé, si elle est assez notable. L’eau oxygénée décompose les iodures, ainsi que l’acide iodhydrique, sans exercer la moindre action sur l’iode {Journal de pharm., p. 406, année 1849).
L’acide sulfurique concentré décompose les iodures solubles et met l’iode à nu. Si l’on chauffe le mélange, il se dégage des vapeurs violettes, et il se forme de l’acide sulfureux et un sulfure. Voici ce qui se passe : l’acide sulfurique cède un équivalent d’oxygène au métal qu’il oxyde et avec lequel il produit un sulfate; l’acide sulfurique se trouve réduit à de l’acide sulfureux, et l’iode libre se dépose.
Vazotate d’or^'ent précipite ceux qui sont solubles en blanc, et l’iodure d’argent précipité est insoluble dans V ammoniaque. L’azotate de protoxyde de mercure, les sels de bioxyde de mercure, et les sels de plomb, précipitent les iodures solubles , savoir : le premier en jaune verdâtre, les seconds en rouge, et les autres en jaune. Ces décompositions, aussi bien que celle que détermine l’azotate d’argent , s’expliquent en admettant que l’oxygène des oxydes d’argent, de mercure ou de plomb, se porte sur le métal qui fait partie de l’iodure dissous, tandis que ces trois métaux mis à nu s’unissent à l’iode. Le chlorure de platine produit un iodure soluble, d’un rouge garance très-foncé. Les iodures solubles dissolvent de l’iode, se colorent en rouge brun, et deviennent des iodures iodurés.
DÉS BUOMÙRES. 289
On reconnaît les iodures insolubles, en les traitant dans un creuset par de la potasse et du charbon : on obtient de Tiodure de potassium soluble, et le métal plus ou moins mélangé d’oxyde et de charbon.
Préparation. i° On peut combiner directement l’iode, à l’aide de la chaleur, avec un certain nombre de métaux, tels que le potassium, le sodium , le mercure, le fer, le zinc , l’étain , etc. 2'’ Les dissolutions métalliques dont les métaux ne décomposent pas l’eau à froid , comme sont celles de cuivre, de plomb, d’argent, de bismuth, etc., donnent par les iodures solubles un précipité d'iodure : en effet , l’oxygène des oxydes de plomb, d’argent, de bismuth, etc., se combine avec le métal de l’iodure soluble, et l’iode se précipite}, uni au plomb, à l’argent, etc.; 3“ On prépare plusieurs iodures par des procédés particuliers.
Composition. L’acide iodhydrique donne, avec la plupart des oxydes métalliques, de l’eau et un iodure ; or cet acide est formé d’équivalents égaux d’hydrogène et d’iode; donc un iodure correspondant à un protoxyde qui renfermait un équivalent d’oxygène doit contenir un équivalent d’iode, puisqu’il aura fallu un équivalent d’hydrogène pour former de l’eau avec l’équivalent d’oxygène du protoxyde. La quantité d’iode dans les biodures, etc., sera proportionnelle à la quantité d’oxygène des oxydes.
DES IODURES lODURÉS.
Ces corps, d’un rouge brun, ne retiennent l’iode qu’avec peu de force; ils l’abandonnent par leur ébullition et par leur exposition à l’air quand ils sont desséchés; l’iode n’altère point leur neutralité. Le chlore, l’azotate d’argent, les sels de mercure et de plomb, agissent sur eux comme sur les iodures.
Préparation. Il suffit de mettre l’iode en contact avec un iodure dissous pour le transformer en iodure ioduré.
DES BROmURES.
Ils sont tous solides, colorés ou incolores, sapides ou insipides; la plupart de ceux qui ont été étudiés se dissolvent dans l’eau. Le chlore les décompose et en dégage le brome; mais il est préférable de lui substiluer le bioxyde d’hydrogène, d’après M. Reynoso (voy. Iodures, p. 288). h’acide sulfurique concentré en dégage du gaz acide bromhydrique mêlé de vapeurs de brome, tandis qu’il ne se produit que du brome, si l’on a ajouté à l’acide sulfurique du bioxyde de manganèse.
Il en est de même des acides chlorique et azotique. Ils précipilenl l. 19
les sels de plomb en blanc, et l’azotale d'argent en jaune-serin : ce dernier précipité noircit à la lumière, sans devenir d’abord violet, comme le fait le chlorure d’argent; il se dissout dans un excès d’ammoniaque^
On reconnaît les bromures insolubles comme les iodures insolubles (voy. p. 283).
Préparation. Les bromures de cuivre, de chrome, d’urane, de cadmium, de zinc, de nickel, de cobalt, de fer et de manganèse, proviennent de l’action directe du brome sur les métaux, par la voie sèche ou par l’intermède de l’eau , ou bien de l’action de l’acide bromhydrique sur les carbonates ou sur les oxydes métalliques; ils sont tous solubles dans l’eau, excepté le protobromure de cuivre. On prépare les bromures de cérium, de zirconium, de glucynium, d’aluminium et de sli'ontium, avec l’acide bromhydrique et les oxydes de ces métaux ; ils sont tous solubles dans l’eau, excepté celui de cérium. (Berthemot, Jottrn. de pharm., novembre 1830, et Henry fils, ibid., février 1829.)
Composition, L’acide bromhydrique étant composé d’équivalents égaux d’hydrogène et de brome, et formant avec les oxydes métalliques de l’eau et un bromure, la composition des bromures ne diffère pas de celle des iodures (voy. p. 283).
DGS CHLORIJRGS.
Ces chlorures sont solides, blancs ou colorés, pour la plupart sapides; plusieurs sont volatils.
L’action des corps simples sur les chlorures est trop variée pour pouvoir être exposée d’une manière générale. Excepté les protochlorures de cuivre, de mercure, d'or, de platine, et le chlorure d’argent, ils sont tous solubles dans l’eau. Les chlorures de bismuth et d’antimoine sont décomposés par l’eau distillée.
Les acides privés d’eau n’agissent sur aucun chlorure. Plusieurs acides hydratés les altèrent; l’eau de l’acide sulfurique est décomposée; son oxygène forme avec le métal du chlorure un oxyde, tandis que le chlore s’unit à l’hydrogène de l’eau et donne naissance A | du gaz acide chlorhydrique, qui se dégage sous forme de vapeurs blanches assez épaisses, d’une odeur piquante. L’acide azotique à chaud fournit de l’eau régale avec tous les chlorures, si l’on en excepte le clilorure d’argent. Tous les chlorures liquides sont décomqwsés à froid par la dissolution d’azotate d’argent ^ sel formé, comme son nom l’indique, d’oxyde d’argent et d’acide azotique; il en résulte un azotate so-jj lubie, et du chlorure d’argent blanc, caillebotté, lourd, brunissant àj
DES FLUORURES.
la lumière J après être devenu violet, insoluble dans l'eau, dans V acide azotique froid ou bouillant, et soluble dans V ammoniaque. On peut représenter le chlorure par
Chlore -}- Métal.
Et l'azotate d’argent par Argent + Oxygène -f Acide azotique.
Chlorure d’argent. Azotate de l’oxyde métallique.
Les deux sels mêlés peuvent donner naissance à un sel soluble et à un sel insoluble; la décomposition est donc forcée (voy. p. 31i;) : l’argent s’unit avec le chlore, et forme un chlorure insoluble , tandis que l’oxygène de l’oxyde d’argent transforme le métal en oxyde qui se combine avec l’acide azotique pour donner naissance à de l’azotate d’argent; c’est en vertu de ces affinités et de la cohésion du chlorure d’argent que la décomposition a lieu.
On reconnaît les chlorures insolubles avec la potasse et le charbon (voy. Sulfures insolubles , p. 284).
Composition. Lorsqu’on fait agir de l’acide chlorhydrique sur un oxyde métallique , on obtient de l’eau et un chlorure : or l’eau est formée d’un équivalent d’hydrogène et d’un d’oxygène, tandis que dans l’acide chlorhydrique, il y a un équivalent d’hydrogène et un de chlore ; donc la quantité de chlore d’un chlorure métallique doit être à la quantité d’oxygène de l’oxyde du métal comme 1 à 1.
Préparation. 1° On peut combiner directement le chlore gazeux avec presque tous les métaux, tantôt à froid, tantôt à une température un peu élevée ; il en résulte des chlorures qui peuvent être au minimum ou au maximum de chlore. 2“ On peut obtenir plusieurs chlorures en faisant passer du chlore gazeux sec à travers des oxydes incandescents placés dans un tuyau de porcelaine : tels sont les oxydes de magnésium, de calcium, de baryum, de strontium, etc. 3" En traitant plusieurs métaux par l’acide chlorhydrique, on les transforme en chlorures, car l’acide se décompose ; le chlore s’unit au métal , et l’hydrogène se dégage. 4° En combinant tous les oxydes métalliques avec l’acide chlorhydrique; en effet, l’oxygène de l’oxyde s’unit à l’hydrogène de l’acide, tandis que le métal et le chlore se combinent.
DEi^ FEEOnCRES.
Les fluorures (finales anhydres ou secs) sont indécomposables par le feu; quelques-uns d’entre eux peuvent être décomposés s’ils sont hu-
292 PnEMlÊRE PARTIE.
mides, phénomène qui dépend de ce que l’eau est également décomposée : en effet, l’hydrogène se combine avec le fluor pour former de l’acide fluorhydrique, tandis que l’oxygène se porte sur le métal de l’oxyde. L’acide borique vitrifié est le seul, parmi ceux qui ne contiennent pas d’eau , susceptible de décomposer les fluorures à une température élevée ; mais il se décompose lui-même : le bore et le fluor s’unissent pour former de l’acide fluoborique (voy. p. 223) , tandis que l’oxygène de l’acide borique se combine avec le métal qui entre d^ans la composition du fluorure.
A froid, l’acide sulfurique hydraté décompose les fluorures, surtout ceux qui sont solubles, et il se dégage de l’acide fluorhydrique sous forme de vapeurs blanches , piquantes , ayant de l’action sur le verre; on voit que, dans ce cas, l’eau de l’acide employé est décomposée: son hydrogène transforme le fluor en acide fluorhydrique, l’oxygène oxyde le métal , et l’oxyde formé se combine avec l’acide sulfurique. Si le fluoiTire avait été préalablement mélangé de sable ou d’acide borique vitrifié, l’acide sulfurique en dégagerait du gaz acide fluosilicique ou fluoborique facilement reconnaissables (voy. pages 223 et 224 ).
Les fluorures solubles ne précipitent pas l’azotate d’argent; ils décomposent tous les sels calcaires et les précipitent en blanc : le précipité, regardé pendant longtemps comme du fluate de chaux, est du fluorure de calcium. On peut concevoir sa formation en représentant le fluorure, que je suppose être celui de potassium , par :
Fluor + Potassium.
Et le sel calcaire, par Calcium -j- Oxygène -j- Acide.
Fluorure ‘ Protoxyde -j- Sel de calcium. de potassium. de potasse.
Le fluor s’unit au calcium , tandis que l’oxygène de l’oxyde de calcium se combine avec le potassium et l’acide pour former un sel de potasse.
L’eau ne dissout que les fluorures neutres de potassium , de sodium et d’argent; les autres se dissolvent dans un excès d’acide.
On reconnaît les fluorures insolubles par l’acide sulfurique, ou bien en les traitant par la potasse et le charbon (v. Sulfures insolubles, p. 284).
Préparation. On obtient les fluorures solubles par le premier procédé, en combinant l’acide fluorhydrique avec les bases: l’hydrogène de l’acide s’unit à l’oxygène de l’oxyde pour former de l’eau , le fluor et le métal se combinent.
On prépare les fluorures insolubles par la voie des doubles décompo-
DES CYANURES COUDEES sitions, en versant un fluorure soluble dans une dissolution saline contenant Ifi métal que l’on cherche à transformer en fluorure.
DEiS CYAIflJREi^.
Le cyanogène, quoique formé de carbone et d’azote (v. p.89) se comporte avec tous les corps simples et composés comme le fepit un corps simple non métallique; il est le radical d’une série fort nombreuse de corps ayant beaucoup d’analogie avec les chlorures, les bromures, etc.
Les cyanures métalliques sont pour la plupart facilement décomposables par le feu, soit en vaisseaux clos, soit avec le contact de l’air; il en est cependant qui peuvent être fondus et chauffés jusqu’au rouge en vaisseaux clos, sans subir la moindre altération; mais ces mêmes cyanures, si on les chauffe à l’état solide avec le contact de l’air, absorbent de l’oxygène et se décomposent, du moins en partie: tels sont ceux de la première classe. En général, les cyanures métalliques sont insolubles ou peu solubles dans l’eau ; ceux de potassium, de sodium, de baryum et de calcium, qui se dissolvent dans ce liquide, offrent une réaction alcaline. Les dissolutions aqueuses de ces cyanures sont décomposées par l’oxygène et parles acides faibles, sans excepter l’acide carbonique; ces derniers en dégagent de l’acide cyanhydrique (prussique). Si l’on fait bouillir ces dissolutions concentrées, et surtout celle de cyanure de potassium , elles sont décomposées en ammoniaque et en un formiate alcalin ;
K CUz 4H0= K0,C2HQ3 H3 Az
Cyanure alcalin. Formiate alcalin, ’ Ammoniaque,
Conservées longtemps dans des flacons bouchés, elles éprouvent des altérations analogues. Versées dans une dissolution mélangée de sels de protoxyde et de sesquioxyde de fer, elles fournissent un précipité bien foncé (bleu de Prusse ou protocyanure et sesquicyanure de fer). Avec l’azotate d’argent, elles donnent du cyanure d’argent blanc (voy. Âcide cyanhydrique, p. 242).
Les cyanures insolubles seront reconnus par la potasse et le charbon (voy. Sulfures insolubles, p. 284).
DES CYAIVERES DOVDEES.
Tous les cyanures métalliques insolubles peuvent s’unir avec les cyanures solubles formés parles métaux alcalins, de manière à produir»’
des composés bien définis. C’est ainsi que les cyanures d’or, d’argent, de nickel , de cuivre, etc. , se dissolvent dans les cyanures de potassium et de sodium. Les acides réagissent sur ces composés en décomposant le cyanure alcalin, et en précipitant le cyanure métallique. Lorsqu’on verse dans la dissolution d’un cyanure double un sel métallique quelconque, il en résulte une nouvelle combinaison insoluble dans laquelle le métal alcalin est remplacé par celui de l’oxyde du sel ajouté. Ces composés doubles jouissent en général des propriétés qui appartiennent à chacun d’eux en particulier.
On désigne sous le nom de cyanoferrures les cyanures doubles composés d’un cyanure simple et de cyanure de fer. Ils ont pour formule : 2 M Cy , FeCy ou M^Cy^Fe. Ceux qui sont alcalins ou terreux ont en général une couleur jaune plus ou moins foncée; ils sont inodores, solubles dans l’eau, sans action sur le tournesol, et inaltérables à l’air. Chauffés au rouge, ils sont décomposés : le cyanure de fer est détruit, tandis que le cyanure alcalin résiste. Les acides ne les décomposent que lentement. Quant aux autres cyanoferrures , ils sont en général insolubles dans l’eau , et décomposables par la chaleur, en azote et en carbures métalliques.
Autrefois on donnait le nom de sel à tout corps solide, cristallisable , transparent, soluble dans moins de cinq cents fois son poids d’eau. Plus tard, et jusque dans ces derniers temps, on désigna ainsi les composés d’un ou de deux acides, et d’une ou de plusieurs bases salifiables; cellesci étaient de trois ordres, savoir: les oxydes métalliques, l’ammoniaque, et des substances végétales alcalines, telles que la morphine, la brucine, la quinine, etc. Suivant Berzelius, le sel doit être défini, tout composé dont les éléments, quel que soit leur nombre, anéantissent réciproquement, d’une manière complète, leurs propriétés électro-chimiques : ainsi le chlore, l’iode, le fluor, en se combinant avec les métaux électro- positifs, donnent des sels, comme tous les acides qui s’unissent avec les bases, parce que, dans l’un et dans l’autre cas, il y a anéantissement des propriétés électro-chimiques des composants; tandis que l’oxygène, en se combinant avec les mêmes métaux électropositifs, fournit des oxydes qui ne sont pas des sels, parce que, dans ces composés, les réactions électriques ne sont pas anéanties. Les sels, d’après cette manière de voir, doivent être divisés en deux classes: 1" Sels haldides {d’halogène, qui veut dire générateur de sels); ce sont
ceux qui résulteiil de la coinbinaisou du soufre, du sélénium, du chlore’ de l’iode, du brome, du fluor et du cyanogène, avec un métal électropositif ; on les désigne sous les noms de sulfures, de séléniures, de chlorures, d'iodures, de bromures, de fluorures et de cyanures, et on ditcl)lorure cuivreux, chlorure cuivrique , etc. 2° Sels amphides {i). Pour bien concevoir ce que c’est qu’un sel amphide, il faut savoir que, loin d’admettre, comme on l’a fait pendant si longtemps , que les bases métalliques sont constamment formées d’un métal et d’oxygène, Berzelius pense qu’elles sont composées d’un métal et d'oxygène , ou d’un métal et de soufre, ou d’un métal et de sélénium, ou d’un métal et de tellure : aussi désigne-t-il l’oxygène, le soufre, le sélénium et le tellure, sous les noms de basigènes. Les sel$ amphides sont subdivisés en quatre sections : A. Oxysels, ceux dont le basigène est Voxygène : tels sont le sulfate de protoxyde de fer, l’azotate de protoxyde de potassium , etc. B. Sulfosels, ceux dont le basigène est le soufre, comme le sulfhydrate potassique , le sulfocarbonate sodique , le sulfoarséniate calcique. Le premier de ces sels est formé de sulfure de potassium (base) et d’acide sulfhydrique , le second est composé de sulfure de sodium (base) et de sulfure de carbone ; enfin le troisième résulte de la combinaison du sulfure de calcium (base) avec le sulfure d’arsenic, ou sulfure arsénique. G. Sélénisels, ceux dont le basigène est le sélénium; D. Tellurisels, ceux dont le basigène est le tellure. (Voyez, pour plus de détails, le mémoire de Berzelius , inséré dans les Ann. de chim. et de phys. , t. XXXI et XXXII ; 1826.)
J’ajouterai à ces faits que bien longtemps avant Berzelius, Ampère avait établi que les chlorures et les sulfures jouaient dans les sels exactement le même rôle que les oxydes métalliques; et l’on voit en 1833 INI. Péligot décrire des chromâtes ayant pour base le chlorure de sodium , le chlorure de calcium, le chlorure de magnésium, le chlorure de potassium, ou le chlorhydrate d’ammoniaque. Déjà, quelques années auparavant, Boullay fils avait décrit des iodhydrates d’iodures métalliques analogues aux sulfhydrates de sulfures.
M. Régnault définit le sel « toute combinaison de deux composés binaires, dont l’un joue le rôle d’élément électro-positif ou de base, et l’autre celui d’élément électro-négatif ou d’acide : ainsi l’acide sulfurique et le protoxyde de potassium, de sodium, etc,, l’acide sulfocarbonique (sulfure de carbone) et le monosulfure de potassium (sulfo-
(I; Amphide, u.ol dérivé d’7.i;,cplç, des deux côtés.
base) , l’acide cliromique el le chlorure de sodium , etc., consütuenl des sels. Par contre, le chlorure de sodium {sel commun) et les autres chlorures, les iodures, les bromures, les cyanures, etc., ne sont pas considérés comme des sels , parce que tout en admettant qu’ils ont la plus grande ressemblance avec les sels proprement dits, tant par leurs propriétés physiques que par un grand nombre de réactions chimiques, ils ne présentent d’analogie avec les sels- que lorsqu’ils sont solubles dans l’eau, et qu’on les fait réagir sur d’autres corps au milieu de ce liquide. Je ne saurais admettre une pareille définition, parce qu’elle tend à faire ranger dans deux classes différentes des corps qui ont entre eux la plus grande analogie et qui se comportent de la même manière avec la plupart des agents chimiques.
A vrai dire, aucune des définitions précitées n’est satisfaisante, parce qu’aucune d’elles ne s’applique à tout ce qui doit être défini , totœ rei définitæ; cela lient à la différence de composition des sels nombreux déjà connus, et à ce qu’ils ne possèdent pas des jiropriétés communes assez caractéristiques pour en former un groupe naturel el rationnel; aussi prendrai-je le parti , après avoir fait connaître la composition des différents corps que l’on regarde comme des sels, de ne pas les définir, préférant celle lacune à la consécration d’une erreur. Je me bornerai, dans la partie de cet ouvrage qui a trait à la chimie minérale, à décrire: 1” les oxijsels, formés d’un oxacide el d’un ou de plusieurs oxydes (base); 2” les sels haloïdes, formés d’un métal et d’un corps halogène, tels que les chlorures , les iodures, les bromwes, les cyanures, etc. A coup sûr, c’est dans ces deux catégories que l’on trouve les sels les plus nombreux et les plus importants.
On appelle sel double celui qui renferme deux bases, et sel triple celui qui en contient trois.
Les sels ont été divisés en neutres, acides et avec excès de base; ceuxci portent le nom de sous-sels, tandis que les sels acides ont reçu la dénomination de sur-sels. On avait pendant longtemps considéré comme neutres seulement les sels qui ne rougissent pas le tournesol et qui ne verdissent pas le sirop de violettes, et on avait regardé comme sels acides tous ceux qui rougissent le tournesol, el comme sels avec excès de base ceux qui verdissent le sirop de violettes; la neutralité, l’acidité ou l’alcalinité des sels étaient jugées, comme on voit, d’après certaines propriétés^ etsurtout d’après l’action qu’ils exercent sur le tournesol, la violette, etc. Voyant plus tard que cette manière d’envisager la neutralité n’élail pas exacte, on se demanda s’il ne serait pas possible de considérer comme étant neutre tout sel qui serait composé d’un équivalent d’acide
et d’un équivalent de base; mais, tout en admettant que, dans la plupart des cas , les sels neutres sont ainsi composés , on est obligé de reconnaître que cela n’a pas toujours lieu, quelques sels, évidemment neutres, contenant deux ou un plus grand nombre d’équivalents de base pour un d’acide. L’expérience démontre que l’on peut établir la neutralité des sels tantôt en ayant recours aux couleurs végétales, tantôt en ayant égard à leur composition ; ce dernier mode est même applicable à tous les cas.
Neutralité constatée d'après l’action des sels sur certaines couleurs végétales. La teinture bleue de tournesol, comme je l’ai dit à la page 1 18, est un véritable sel composé d’un acide rouge, appelé litmique par Robert Kane , et de plusieurs bases, telles que l’ammoniaque , la potasse et la chaux. Quand on met cette teinture en contact avec un acide fort, la liqueur est rougie, parce -que l’acide s’empare des bases et met l’acide litmique rouge à nu; si l’acide est faible, la liqueur prend seulement une couleur vineuse, parce que l’acide n’a enlevé qu’une partie des bases ; si ces bases sont très-abondantes dans la teinture, il se peut qu’un acide même fort ne rougisse pas d’abord le tournesol, parce qu’il commence par saturer l’excédant de ces bases, avant de décomposer le litmate alcalin ; ce n’est alors qu’en ajoutant une plus grande quantité d’acide, que le tournesol finit par être rougi. Quoi qu’il en soit, ce tournesol rougi reprend sa couleur bleue dès qu’on le met en contact avec une base soluble puissante (potasse, soude, ammoniaque, etc.), parce que celle-ci se combine avec l’acide qui avait rougi la teinture et qu’elle la neutralise; il est évident qu’alors l’acide litmique se trouve de nouveau combiné avec l’ammoniaque, la polasse et la chaux de la teinture, avec lesquelles il forme la teinture bleue.
On peut constater la neutralité des sels formés par des acides et des bases énergiques à l’aide de la teinture de tournesol : tels sont les sulfates, les azotates, les acétates, lesoxalates, les tarlrales, les citrates, etc., de polasse, de soude et d’ammoniaque; tant qu’il restera dans ces liqueurs salines des traces d’acide ou de base libres, la teinture de tournesol sera rougie, s’il y a de l’acide libre, et bleuie, si c’est la base qui est libre.
Mais il n’en est plus ainsi lorsque les acides forts sont combinés avec des bases faibles, ou quand les acides faibles sont unis à des bases puissantes, ou bien quand des acides faibles forment des sels avec des bases faibles: dans ces différents cas, la teinture de tournesol peut être rougie ou bleuie par des sels qui sont pourtant neutres. Je citerai, comme exemple, les sels composés d’acide sulfurique (acide fort) et d’alumine.
de sesquioxyde de fer, de bioxyde de cuivre ( bases faibles ) ; ces sels sont neutres, quoiqu’ils rougissent la teinture de tournesol. Pour prouver que la propriété de la teinture de tournesol et des autres matières colarantes n’est pas absolue, mais seulement relative, je dirai que s’il existait une de ces matières colorantes dont l’acide serait assez puissant pour enlever la potasse à l’acide sulfurique (sulfate de potasse neutre), la potasse serait enlevée à l’acide, et la liqueur aurait une réaction acide.
Neutralité constatée d’après la composition des sels. L’expérience démontre que les sels neutres à la teinture de tournesol, c’est-à-dire ceux qui ne rougissent pas cette liqueur bleue et qui ne bleuissent pas celle qui a été rougie, sont composés de telle sorte, que le rapport entre l’oxygène de l’acide et celui de la base est toujours le même pour un même genre de sel : ainsi dans les sulfates neutres de potasse, de soude et de magnésie, l’acide sulfurique contient trois fois autant d’oxygène qu’il y en a dans la base; dans les azotates neutres de potasse, de soude et de magnésie, la quantité d’oxygène de l’acide est à celui de la base comme 5 : 1. Cela étant, on considère comme sulfates et azotates neutres tous les sels de ces deux genres dans lesquels les rapports indiqués de l’oxygène sont de 3:1 pour les sulfates et de 5 : 1 pour les azotates ; et comme les rapports entre les quantités d’oxygène des acides et de la base sont connus pour les sels neutres des autres genres, tels que les phosphates, les chlorates, etc., il en résulte que la constatation de la neutralité par la composition des sels est applicable à tous les cas.
Quand les acides sont combinés à des sesquioxydes, bases qui contiennent deux équivalents de métal et trois d’oxygène, pour que le rapport de l’oxygène de l'acide à celui de la base reste le même, il sera nécessaire d’augmenter le nombre d’équivalents de l’acide pour que le sel soit neutre. Exemple: les sulfates neutres d’alumine et de sesquioxyde de fer seront formés de SSO^APO^et de 3 SO*, Fe2 0®; on voit qu’il y a neuf équivalents d’oxygène dans l’acide et trois dans les oxydes d’aluminium et de fer; le rapport est donc le même de 3 : 1.
D’après ce qui précède, la quantité d’oxygène dans les sels acides et basiques ne sera pas dans le même rapport que dans les sels neutres : ainsi dans les bisulfates le rapport de l’oxygène de l’acide à celui de la base sera de 6 : 1 , tandis que dans les sulfates basiques il sera au-dessous de 3: 1. Les formules suivantes mettront cette vérité dans tout son jour. M représente un équivalent de métal.
Sulfates neutres
MO
Bisulfates
MO
Sesquisulfates.. ,
MO
Sulfates tribasiques
MO
Sulfates sexbasiques
MO