‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 23 sur 84 · N*0* = 2]NÔ · texte numérisé non relu

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Le prétendu acide hypoazotique est donc un de ces acides conjugués dont la chimie organique offre de nombreux exemples.

Azotites ( hypoazotites ). •

Ce genre de sel offre peu d’intérêt. Les azotites ont de l’analogie avec les azotates. Comme ceux-ci , ils sont décomposés par le feu et par l’action des acides forts , avec dégagement de vapeurs rutilantes , mélange d'acide azoteux et d’acide azoïque. L’azotite de plomb est coloré en jaune.

Les azotites sont solubles dans l'eau,

Composition. Dans les azotites, (MO, NO5,) l'oxygène de l’acide est à celui de l’oxyde comme 3:1.

Préparation. On obtient les azotites par la calcination incomplète des azotates.

Acide azotique.

Synonymes. Acide nitrique, eau forte , Salpeter-sdure (allemand).

Propriétés physiques. L’acide azotique est liquide , incolore, inodore , d’une saveur brûlante et fortement acide. Sa densité est 1,55. Il se congèle à — 40°. Il bout à 86°. Étant bien concentré il fume à l’air. La lumière le décompose , en donnant naissance à de l’acide hypoazotique coloré en jaune, et à de l’oxygène. Il peut être mêlé d'eau en toutes sortes de proportions. Affaibli il ne fume plus , et ne se décompose plus sous l'intluence de la lumière ; de plus , il bout à une température plus élevée » et on ne, peut plus le décomposer que

AZOTE ET HYDROGÈNE

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dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. La dissolution aqueuse qui ne contient que quelques traces d’acide , bout à 100° comme l’eau. Entre l’acide le plus étendu et l’acide le plus concentré (qui bout à 86u), il y a un acide intermédiaire qui ne bout qu’à 120°. Ce fait remarquable prouve que l’eau joue ici comme partout un rôle important. Le poids spécifique de l’acide diminue en proportion de l’eau qu’il contient.

Propriétés chimiques. L’acide azotique rougit , comme tout acide fort , la teinture de tournesol en couleur pelure d’ognon. Dans son plus grand état de concentration, il contient au moins un équivalent d’eau. Eu le combinant avec une base on peut en éliminer toute l’eau , dont on évalue exactement la quantité en pesant l’azotate avant et après sa calcination. La différence du poids, après la calcination , indique la quantité d'eau contenue dans l’acide azotique. C’est un acide peu stable; il se décompose facilement, en cédant son oxygène à d’autres corps. Aussi ses éléments (oxygène et azote) ne se combinent-ils pas par voie «directe ; il faut au moins un éq. tîeau pour les maintenir en état de combinaison. Sous ce rapport, les acides ohlorique, bromique, iodique, ressemblent à l’acide azotique. En général, tous les composés obtenus par voie indirecte contiennent au moins un équivalent d’eau dans leur plus grand état de concentration. L’acide azotique est aussi utile pour oxyder les corps que le chhrbon pour les désoxyder (réduire). L’azote, le protoxyde ou le bioxyde d’azote résultant delà décomposition de l’acide azotique, ne se combinent pas avec les corps qu’on veu t oxyder; c’est ce qui donne à l’acide azotique, comme corps oxygénant , un grand avantage sur les acides chlorique, iodique et bromique.

L’acide azotique, mis en contact avec des corps auxquels il cède son oxygène , soit à froid , soit à chaud , peut donner naissance au moins à quatre produits différents , suivant que l’affinité de ces corps pour l’oxygène est plus ou moins grande.

1° Le potassium , le sodium, le fer à la température rouge, mis en contact avec l’acide azotique , donnent de l'azote.

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2° Le cuivre , le plomb et le zinc , donnent du bioxyde d’azote, mêlé d'un peu de protoxyde d’azote.

3° Le fer à froid et l’azotate d’ammoniaque à chaud donnent du protoxyde d’azote.

Le mercure, le soufre , le phosphore et beaucoup d’autres corps , donnent de l’acide bypoazotique mêlé de bioxyde d’azote ; une partie d’acide azotique se décompose , oxyde le métal employé , lequel se dissout dans la partie d’acide azotique non décomposée pour former un azotate. Le plomb , le cuivre, le zinc, le fer, sont dans ce cas ; pour ces deux derniers métaux , l’action est si vive , même à froid , que nonseulement l'acide azotique , mais une partie de l’eau de l’acide se décompose pour former de l’ammoniaque. L’acide azotique le plus concentré possible n’attaque ni le fer ni le zinc. On peut préserver ces métaux de l’oxydation , en les conservant dans de l’acide azotique bien concentré ; mais, dés qu’on y ajonte un peu d’eau , la réaction a lieu instantanément avec beaucoup de violence. L’acide azotique forme des azotates avec les exy-bases.

Il détruit les étoffes de nature organique. Il perce le drap avec une grande facilité, et cautérise la peau.

Caractères distinctifs. L’acide azotique tache la peau eu jaune. Cette tache, qui est sans odeur , persiste jusqu’après la destruction de l’épiderme. La tache d’iode avec laquelle on pourrait la confondre , ne persiste pas; elle disparaît d’ellemênte an bout de peu d’instants en répandant l'odeur de l’iode (1). -Mis en contact avec de la planure de cuivre , il se décompose à froid , en répandant ( à l’air ) des vapeurs rutilantes que l’odeur et leur densité ne permettent pas de confondre avec les vapeurs de brème, qui ont le même aspect. L’acide azotique , mêlé d’un peu d’acide sulfurique , enflamme à froid l’huile essentielle de térébenthine. Quant à son action

(i) On pourrait confondre cette tache jaune avec celle que produit le per chlornre de platine sur la peau -, mais la tache de platine ne détruit pas l'épiderme et l'enlève par l'eau.

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sur le bioxyde il azote ( voy. Bioxyde d’azote ), mêlé avec de l'acide chlorhydrique , il produit l'eau régale qui dissout l’or {rex metallomm). L’eau régale a été appelée à tort acide liydrocltloro-nitrique , car ce n'est pas un acide particulier , mais un mélange d’acide hypoazolique, d’acide azotique, d’un peu d'acide chlorhydrique , d'eau et de chlore. C'est surtout le chlore qui prédomine , et c'est à lui que l’eau régale doit sa propriété dissolvante. Ce chlore provient de la décomposition partielle «le l'acide azotique dont une partie de l’oxygène forme, avec l’hydrogène de l'eau , de l’acide chlorhydrique, en mettant le chlore en liberté. L’acide azotique est , en se décomposant , réduit à 1 état d’acide liypoazotique coloré en jaune (1).

Préparation. Comme les éléments de l’acide azotique existent dans l'air, Priestley eut le premier l’idée de faire de lucide azotique , en foudroyant de l’air pâr une série d’étincelles électriques. Mais , l’expériéncene répondit pas d’abord à son idée. Enfin, après avoir ajouté un peu de potasse à l’air emprisonné dans un siphon de verre placé sur le mercure , le célèbre physicien anglais obtint de l’acide azotique combiné avec la potasse ( nitre ). Ce fait est susceptible de nombreuses applications en chimie. On peut même l’ériger en loi en établissant que les corps qui ne se combinent pas directement ( comme l’oxygène et l’azote ) , se combinent entre eux , dès qu’on les met en présence d’un autre corps pour lequelle composé qui pouirait prendre naissance , a beaucoup d’affinité.

En foudroyant par une série d’étincelles électriques, un mélange d’oxygène et d’azote, placé sur l’eau , on produit un peu d’acide azotique qui se dissout immédiatement dans l’eau; mais la combinaison n’est pas aussi complète qu’avec la potasse , parce que celle-ci a une bien plus grande affinité que l’eau pour l’acide qui se produit.

Aucun de ces moyens n’est employé pour préparer l’acide

(i) Formule de cette réaction : NU6 + ClH=NO*+ Cl + HO.

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azotique pour les usages ordinaires. Pour le préparer en grand , on distille ensemble de l’acide sulfurique et de l’azotate de potasse ou de l’azotate de soude ( salpêtre du Chili). L’acide sulfurique prend la place de l’acide azotique qu’on recueille. Si l’on n’emploie que la quantité d’acide sulfurique exactement nécessaire pour former avec la potasse de l'azotate , du sulfate neutre de potasse , on n’obtient pas tout l’acide azotique qu’on devrait obtenir. C’est ce qui fait que l’on est obligé d’employer un peu plus d’acide sulfurique qu’il ne faut , afin d’obtenir du sulfate acide de potasse pour résidu. Pendant cette action , la cornue se remplit d’une vapeur rouge (acide hypoazotique) , que l’eau dissout pour former de l’acide azotique, qui s’ajoute à celui qui se dégage tout formé.

Dans les arts , on prépare l’acide azotique en chauffant un mélange de sulfate de fer (vitriol vert) et de salpêtre. Par voie de double échange , il se produit d’abord du sulfate de potasse et de l’azotate de fer. Celui-ci se décompose ensuite par le contact de la chaleur, et donne l’acide azotique mêlé de vapeur d’acide hypoazotique qu’on recueille dans l’eau.

Le meilleur procédé consiste à traiter 1 00 parties de salpêtre avec 97 d’acide sulfurique. Le mélange , dans les proportions indiquées, n’exige pas plus de 125° de température, pour donner, à la distillation , 62,29 parties d’acide azotique. Il reste dans la cornue du sulfate acide de potasse. L’acide ainsi obtenu, quoique très-concentré , contient environ ifc p. cent d’eau.

Comme l’acide azotique contient presque toujours un peu d’acide chlorhydrique provenant du sel marin , contenu ordinairement dans le salpêtre , il faut le distiller sur du nitrate d’argent, afin de l’avoir pur.

État. L’acide azotique n’existe pas dans la nature à l’état de liberté. Celui qui peut prendre naissance dans les temps d’orage sous l'influence de la foudre , se trouve toujours combiné avec une base , telle que la chaux ou l’ammoniaque (Liebig). L’azotate de potasse et de soude ( salpêtre ) sont les principales sources de l’acide azotique.

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Composition. En décomposant l’acide azotique , au moyen du potassium , on trouve que 100 parties de cet acide se composent de

26,15 d’oxygène ,

73,85 d’azote.

Sa capacité de saturation est 14,77. Sa formule réelle est NO5 ou Az* O*; celle de l’acide le plus concentré = NO' HO .

Usages. L’acide azotique est employé comme dissolvant, dans l’analyse des métaux. C’est un des poisons les plus corrosifs. Uni à l’alcool , il constitue le nitre dulcifié.

Azotates ( nitrates).

Ce genre de sels est très-bien caractérisé par les propriétés de l’acide azotique. En effet ,

1° Lorsqu’on traite un azotate par l’acide sulfurique affaibli et des planures de cuivre , on obtient , si l’on opère à l’air, des vapeurs nitreuses jaunes orangées; le cuivre se dissout en se changeant en azotate. Si l’acide sulfurique est très-concentré, il ne se manifeste point de décomposition.

2° Lorsqu’on traite un azotate par l’acide sulfurique et de l’indigo , celui-ci est décoloré par l’action de l’acide azotique mis en liberté. Ce caractère suffit pour faire reconnaître des traces d’azotate , pour ainsi dire impondérables.

3° En traitant un azotate par l’acide chlorhydrique, il se produit du chlore mêlé de vapeurs nitreuses. Dans cette action , l’hydrogène de l’acide chlorhydrique a formé de l’eau avec une partie de l’oxygène de l’acide azotique ; ce qui a donné naissance à du chlore et à un acide d’azote moins oxygéné que l’acide azotique.

Action de la chaleur. Tous les azotates sont décomposables par la chaleur seule. Les produits qui se dégagent varient suivant les différentes espèces caractérisées par les bases. i° Quand la base a peu d’affinité pour l’acide, il se dégage d’abord des vapeurs blanches d’acide azotique , puis

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des vapeurs nitreuses colorées , provenant de la décomposition de l'acide nitrique lui-môme. L'azotate d'alumine est dans ce cas. 2° Lorsque l'affinité de la base pour l'acide est plus forte , il sc dégage, non pas de l’acide azotique , mais du bioxyde d'azote , de l’acide hypoazotique et de l’oxygène. Les azotates de chaux et de strontiane peuvent servir d’exemples. 3" Lorsque l’affinité de la base pour l’acide est très-forte, il ne se dégage que de l’azote et de l’oxygène. Les azotates de potasse et de soude sont dans ce cas. Ces derniers ne se décomposent , en outre, qu'à une température très-élevée; tandis que les autres azotates se décomposent à une température assez basse. L’azotate d’ammoniaque seul ne donne que du protoxyde d’azote pur.

La chaleur , aidée de l’action des corps combustibles , décompose rapidement tous les azotates. Le phosphore , le soufre , etc. , s’acidifient, et à la place d’un azotate on a un phosphate , un sulfate , etc.

Les azotates déflagren t sur les charbons incandescents , en activant la combustion. Ce caractère n'est pas très-bon , car, les chlorates , les iodateset lesbromates déflagrent également.

Solubilité. Tous les azotates sont solubles dans l’eau , à l'exception de quelques azotates basiques qui sont peu solubles.

Composition. Il y a des azotates neutres, bibasiques, tribasiques et sexbasiques. Dans les azotates neutres, l’oxygène de la base est le cinquième de l’oxygène de l’acide. Dans les sels bibasiques , l’oxygène de la base est le double de l'oxygène de la base dans le sel neutre; dans le sel tribasique, l’oxygène est le triple ; dans le sol sexbasique , il est sextuple, la quantité de l’acide restant toujours la même que dans le sel neutre.

MO -j- NOs ( sel neutre ) ,

2MO + NOs { sel bibasique) ,

3MO + NO’ (sel tribasique),.

6MO 4- PîO5 (sel sexbasique ).

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Préparation. Les azotates alcalins se trouvent tout formés dans la nature. On peut les préparer , soit par voie de double décomposition , soit en traitant directement nne base ou un métal par l’acide azotique , à chaud ou à froid , suivant l’aftinité de la base pour l’acide.

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