TITANE
Étymologie. Ce nom rappelle celui clés Titans , ouvriers de Vulcain, travaillant dans les forges de l'Etna. Ce corps a été ainsi appelé parcè ffû’on le rencontre dans les scories des hauts fourneau*. On l'appelle guelqnefoil ménakane , de l'espèce minérale mènakite.
Propriétés physique s. Le titane qu’on trouve dansles scories des hauts fourneaux est cristallisé en petits grains cubiques brillants , d’un rouge de cuivre légèrement jaunâtre ; ses grains sont si durs qu’ils rayent le cristal de roche. Il est facile à réduire en poudre. Son poids spécifique est S, 3. Il est complètement infusible. Le titane obtenu par la réduction du chlorure de titane au moyen de l’ammoniaque , est pulvérulent, noir, et prend, parle frottement, l’éclat du cuivre. II s’enflamme dans l’air en s’oxydant ( H. Rose).
Propriétés chimiques. Le titane , provenant des scories de forges , n’est attaqué par aucun acide ; il ne se dissout pas même dans l’eau régale. II ne se dissout que dans un mélange d’acide azotique et d’acide fluorbydrique ( espèce d’eau régale). Le titane obtenu par le procédé indiqué par H. Rose, est , au contraire , soluble dans l’eau régale. Il ne se combine pas directement avec l’oxygène. On l’oxyde en le calcinant avec du nitre. Le cblore peut se combiner directement avec le titane à une certaine température ; la combinaison a lieu avec flamme. Le soufre ne se combine pas avec lui directement. On n’est parvenu jusqu’ici à combiner le titane avec aucun métal.
État. Les principaux minéraux titanifères sont:
1° Le rutile ( peroxyde de titane , sçhorl rouge). On rencontre cette espèce minérale à Moutiers ( Savoie ) , cristallisée en aiguilles fasciculées , tantôt d un rouge hyacinthe , tantôt d'un jaune paille. Sa poussière est d’un rouge grenade; c’est du peroxyde de titane mêlé à des traces d’oxyde de fer , d’oxyde de manganèse et quelquefois doxyde d’étain.
CARBACKS.
2° L 'anatase ( ois unité ). Ce minéral est très-rare ; on le rencontre aux environs de Bourg-d'Oisans f Isère), disséminé dans des roches primitives. 11 est en cristaux octaédriques transparents, nuancés dun bleu d indigo, dun brun rougeâtre ou jaunâtre et rayant le verre. C'est un mélange de protoxyde et de peroxyde de titane.
3" Le Polygmite. Ce minéral se rencontre à Friderikshorn (Norwége), où il existe dans une siénite (granité). Il est noir, opaque et en cristaux prismatiques. Il se compose d'acide titaniquemêléàde lazircone,del’ytlria , de la chaux, de l’oxyde de cuivre, de l’oxyde de fer et de l’oxyde de manganèse.
4.» Le spliène (titanite , silico-titanate de chaux). On le rencontre eu beaucoup d’endroits , disséminé sous forme de petits grains jaunâtres ou blanchâtres , dans des roches primitives. Il se compose de chaux, de silice et d’acide titanique.
On trouve le titane dans les scories des hauts fourneaux , principalement de ceux qui ont été alimentés par les minerais des houillères. Il y a longtemps que l’on avait désigné ces cristaux de titane sous le nom de pyrites des fourneaux , analysés , pour la première fois , par Wollaston.
Extraction. Pour avoir du titane pur , on l’extrait le plus commodément des pyrites des hauts fourneaux où il existe à l’état métallique, aveede la fonte douce affinée et des silicates attaquables par les acides. A cet effet , on concasse les scories et on les traite par l’acide chlorhydrique. Si le résidu contient de la silice (à l’état gélatineux), on l’enlève au moyen de la potasse qui la dissout. Les portions insolubles constituent le titane pur et cristallisé.
Historique. Grégor découvrit, en 1791 , un nouveau métal (ménakane) dans un minéral appelé ménakanite. Quelque temps après (en 1794), Klaproth trouva ce même métal dans le rutile , et lui donna le nom qu’il porte aujourd’hui. Plus tard , Wollaston fit connaître la nature des pyrites des hauts fourneaux en démontrant que ce qu’on avait pris jusqu’alors pour du cuivre, était du titane:
CARBACES.
Chlorure de titane.
II est probable qu’il existe au moins autant de degrés de chloruration du titane qu’il y a de degrés d’oxydation. D’ailleurs, le titane a plus d’aflinité pour le chlore que pour l’oxygène, avec lequel il n’est pas susceptible de se combiner directement.
Chlorure de titane. Il est liquide, incolore , fumant à l’air ; il bout un peu au-dessus de 100°. Il est éminemment stable, car, on peut le distiller sur du potassium sans le décomposer. L’eau le décompose en acide chlorhydrique et en peroxyde de titane. Comme le chlorure de titane ne dissout pas le chlorure de fer , sur lequel il surnage , on peut s’en servir pour séparer le titane du fer qui accompagne le dernier presque dans tous ses minerais (Dumas ).
Composition. Ti Cl*.
On l’obtient en faisant passer, sur de l’oxyde de titane mélangé avec du charbon , un courant de gaz chlore.
Le chlorure de titane se combine avec les chlorures alcalins pour former des chlorosels ( chlorotitanates ).
Le fluor , et probablement le brome et l’iode se comportent comme le chlore.
Oxydes.
On connaît deux oxydes de titane :
1° Le protoxyde ( oxyde noir ) est pulvérulent et d’un noir luisant , à l’état anhydre. A l’état d’hydrate , il est gélatineux et d’un très-beau bleu. Dans cet état , il absorbe promptement l’oxygène de l’air pour se changer en peroxyde blanc. C’est un des meilleurs désoxydants , et il peut, sous ce rapport, être placé à côté des acides sulfureux et hypophosphoreux. Il est infusible et fixe. On ignore sa composition exacte, parce qu’il est toujours accompagné d’une certaine quantité de peroxyde dont il est presque impossible de le débarrasser. On l’obtient en chauffant du peroxyde dans un creuset brasqué.
CARBACES.
2° Le peroxyde ( acide titanique) est plus intéressant que le précédent. Il se présente , quand il est pur , sous forme de poudre blanche , insipide et inodore , qui devient jaune pendant faction de la chaleur. Il rougit la teinture de tournesol. II est insoluble dans l’eau, fixe et inaltérable au feu. Il ne se réduit pas complètement par le charbon aidé de l’action de la chaleur. II se dissout dans les acides forts ; mais ces dissolutions laissent, à la température de l’ébullition, déposer l’acide titanique. L’acide titanique calciné est complètement insoluble dans les acides. Il se dissout dans les alcalis, avec lesquels il forme des titanates. L’acide titanique est, d'après Mitscherlich, isomorphe avec l’acide stannique (peroxyde d etain ).
Sa composition est : Ti 0! = 303,266 (Ti )
503,266 =TiO! (H. Rose).
Les oxydes de titane donnent , avec le borax ou la soude, des verres diversement colorés. Lorsqu’on ajoute à ces oxydes des traces de fer , on obtient , avec le borax et le sel de phosphore , des verres rouges , comme ceux du tungstène ferrugineux. Avec le borax et le sel de phosphore, l’acide titanique donne , à la flamme extérieure du chalumeau , un verre incolore qui , chauffé à la flamme intérieure, devient d’un beau violet-améthyste. Le protoxyde produit une belle coloration bleue.
Sels ( oxysels et chlorosels).
Ils sont jaunâtres ou incolores.
%° Les alcalis et les carbonates alcalins les précipitent en
blanc.
2° Les sulfures alcalins y produisent également un précipité blanc qui se colore en vwt grisâtre , si le titane contient du Jer.