‹ Éléments de chimie minérales précédés d'un abrégé de l'histoire de la scienceChapitre 36 sur 84 · POTASSIUM · texte numérisé non relu

POTASSIUM

Sïsosyme. Kalium .

Propriétés physiques. Le potassium est solide , à peu près de la consistance de la cire. Récemment coupé , il a l’aspect et le brillant de l’argent; mais il se ternit rapidement , devient bleuâtre et gris (en absorbant l’oxygène de l'air). Sa densité est 0,865 ; aussi nage-t-il sur l’eau. A la température de 0°, il devient cassant et se laisse réduire en poudre. Il fond à 58^ et se volatilise à la température rouge sombre, en répandant des vapeurs vertes.

Propriétés chimiques. A la température ordinaire et même à plusieurs centaines de degrés au delà , le potassium est , de tous les corps , celui qui a la plus grande aflinilé pour l’oxygène. Aussi enlève-t-il, dans ces circonstances , l'oxygène à tous les composés oxygénés avec lesquels il se trouve en contact. Mais à une température très-élevée , à la température blanche , le fer est un corps plus désoxygénant que le potassium ; car il enlève l’oxygène à la potasse. Mis dans l’eau , le potassium s’enflamme en tournoyant et brûle avec une belle flamme pourpre. Au moment où celle-ci s’éteint, il se manifeste une légère détonnation pendant laquelle des éclats de potasse caustique sont quelquefois projetés au loin. Dans cette action l’eau est décomposée; le potassium s’empare de l’oxygène pour former de la potasse à l'instant où l’hydrogène forme de l’eau avec l’oxygène de l’air. La coloration de la flamme est probablement due à des vapeurs de potassium qui se dégagent en même temps. Lorsqu’on fait brûler un fragment de potassium (enveloppé dans un morceau de papier) sur l’eau , à l’abri du contact de l’air, il ne se produit point de flamme , et il se dégage de l’hydrogène dont le volume correspond, équivalent pour équivalent, à la quantité d’oxygène de la potasse qui se produit. De plus, ce volume d’hydrogène représente exactement

KALIACKS.

le volume de chlore , de hrôme , d’iode ou de cyanogène , que prendrait le potassium pour former un chlorure , bromure , iodure ou cyanure de potassium. On conserve le potassium dans de l’azote, dans de l’hydrogène, ou dans un liquide non oxygéné , dans un carbure d'hydrogène , dans l’huile de naphte , etc.

Préparation. Le potassium a été obtenu , pour la première fois, en décomposant la potasse au moyen de la pile. Ce procédé n’est plus employé aujourd’hui. Pour préparer le potassium , on peut se servir des deux procédés suivants : 1° on place dans l’intérieur d‘un tube cylindrique de fer des fils ou des fragments de fer. Ce tube est coudé au milieu de manière que les deux extrémités se relèvent. A l’une de ces extrémités s'adapte un tube de verre , qui se rend sous une cloche remplie d’huile de naphte ; dans l’autre extrémité du tube , on met des fragments de potasse bien desséchés. Après avoir bien luté l’appareil , on le chaude à une forte température. Par l’action de la chaleur, la potasse se réduit en vapeur et arrive dans la partie concave (coude) du tube où se trouvent les fits do fer. Là , le fer s’oxyde aux dépens de la potasse , qui se convertit en potassium , dont les vapeurs vertes viennent se condenser dans l'huile de naphte. Pendant cette action , il se dégage de l’hydrogène , ce qui tient à ce que la potasse , quelque concentrée qu’elle soit , contient toujours de l’eau. Or, le fer s’empare , non-seulement de l’oxygène de la potasse , mais encore de l’oxygène de l’eau. Le potassium et l'hydrogène se dégagent donc en même temps. On n’obtient pas, par ce procédé, tout le potassium qu'on devrait obtenir , eu égard à la quantité de potasse employée.

2° On calcine , dans des cornues en fonte , de la crème de tartre ( bitartrate de potasse ) Celui-ci se transforme d'abord en carbonate de potasse et en charbon ; et , à une température plus. élevée, en potassium qui distille et qui vient se condenser dans un récipient froid , contenant de l'huile de

KALIACKS.

naphte. Il se dépose , en même temps que le potassium , une masse grisâtre pyrophorique (spontanément inflammable à 1 air), qui est une combinaison particulière de potassium et d oxyde de carbone. On distille une seconde fois pour purilier le potassium.

O xj des de potassium.

II n'existe que deux degrés d’oxydation du potassium :

1 ° Le peroxyde , composé de 3 équiv. d'oxygène eide 1 équiv. de potassium (KO*) Il est de couleur verdâtre et abandonne 2 équiv. d'oxygène au contact de l’eau ou d’un acide. On l’obtient en brûlant du potassium à l'air ou dans l’oxygéne.

2° Le protoxyde [potasse caustique), composé de 1 équiv. de potassium et de 1 équiv. d’oxygène, forme seul des sels avec des acides. C’est l’oxyde le plus important.

En brûlant le potassium dans des tubes étroits , où l’air a peu d'accès, on obtient une masse friable , crayeuse, qui est un mélange de potassium et de protoxyde. Ce mélange avait été regardé , par quelques chimistes , comme un sous-oxyde de potassium.

Potasse.

Synonymes. Oxyde de potassium , protoxyde de potassium, oxyde de kalium , kali, alcali végétal , potasse caustique , pierre à cautère , PoUrische ( allem).

Propriétés physiques. La potasse est solide , d'un blanc grisâtre, à cassure fibreuse, dune saveur excessivement âcre, alcaline, sans odeur. Elle ne conduit l’électricité que lorsqu’elle est humectée. Sa densité est 1,7. La potasse fond vers 330" ou 400°. Une fois fondue , elle se volatilise presque aussitôt , en répaudanl des vapeurs blanches , âcres, alcaliues. Elle neprouve pas d'altération en se volatilisant. Elle est très-soluble dans l’eau qui eu prend au moins la moitié de son poids.

KALIACES.

Propriétés chimiques. La potasse la plus concentrée contient toujours au moins 1 èquiv. d’eau, qu’on ne peut lui enlever qu’en la chauffant avec un acide. Cette eau parait être chimiquement combinée avec la potasse, et jouer , en quelque sorte, le rôle d’un acide, comme ce même équivalent d'eau joue, d’une manière inverse , le rôle de base avec l’acide sulfurique. Les cristaux que la potasse est susceptible de produire , à une température basse , contiennent k éq. d'eau. Son ailinité pour l'eau est si grande , qu’elle dessèche l’air en s’emparant des vapeurs d’eau qui s'y trouvent. A mesure quelle absorbe l'humidité, elle devient liquide, elle tombe en deliquium. Une fois coulée , la potasse reste liquide, quel que soit le degré de sécheresse de l'atmosphère. On la placerait dans un air complètement desséché , qu’elle n’abandonnerait par un atome d’eau. Cette propriété permet d’employer la potasse comme substance hygrométrique. Comme l’acide sulfrique, elle produit, au contact de l'eau, une élévation de température assez considérable. Mais , exposée à l’air , la potasse absorbe , non seulement l'humidité , mais encore l’acide carbonique en se transformant en carbonate.

L’hydrogène n’exerce aucune action sur la potasse. L’oxygène est absorbé à chaud par la potasse qui se convertit en peroxyde. Celte propriété n’a été reconnue qu’après la découverte du potassium.

Le chlore, le brôme, l’iode, sont susceptibles d’éliminer l’oxygène de la potasse , et de donner pour résidu un mélange de chlorure, de bromure , d’iodure de potassium et de chlorate de bromate de potasse.

Le soufre et le phosphore agissent à peu près de la même manière.

Le carbone convertit partiellement, à une température élevée , la potasse en potassium.

Le fer , à la température blanche , s’oxyde aux dépens de la potasse , et donne du potassium qui distille.

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