ALUMINIUM
L’aluminium se présente sous la forme d’une poudre grise qui prend un aspect métallique par le frottement. Il brûle avec un très-vif éclat dans l’oxygène et se transforme en alumine (oxyde d’aluminium). Il ne décompose pas l’eau à froid ; il ne la décompose que partiellement à la température de l’ébullition. Il se dissout dans les alcalis caustiques , avec dégagement d’hydrogène.
Préparation. On obtient l’aluminium en réduisant , dans un creuset chauffé au rouge , le chlorure d’aluminium au moyen du potassium. L’opération a lieu avec une v.ive incandescence (H. Rose).
L’aluminium n’offre qu’un seul degré d’oxydation.
Oxyde d’aluminium.
Synonymes. Alumine , terre d'alun, argile, Thonerde , Alauncrdt (aLlem.;.
Propriétés physiques et chimiques. Il faut distinguer l’alumine cristallisée , naturelle , de l’alumine préparée artificiellement. La première cristallise comme l’oxyde de fer avec lequel elle est isomorphe. 1EUe est très-compacte , presque aussi dure que le diamant et ordinairement colorée. Elle est connue, comme pierre précieuse, sous les noms de rubis et de saphir. Sa densité est h, 2; nombre qui rappelle la densité de la baryte. Le corindon est une variété d’alumine moins pure que le rubis et le saphir. L’alumine préparée dans les laboratoires , se présente sous forme de poudre blanche , insipide, inodore, douce au toucher, happant à la langue, et sans indice de cristallisation. Sa densité est 2 , 0, par conséquent beaucoup moins considérable que celle de l’alumine naturelle cristallisée. L’alumine est infusible au feu des fourneaux ordinaires ; cependant, à la température blanche , elle se ramasse en morceaux assez compactes pour faire feu avec le
ALUMINIACÉS.
briquet. A la flamme du chalumeau, elle fond en une masse vitreuse, transparente , presque aussi dure que le rubis dont on imite la couleur avec l’oxyde de chrôme. L’alumine est complètement insoluble dans l’eau. Cependant elle forme avec l’eau des hydrates dont plusieurs existent naturellement, comme la gypsite et le diaspore. Lorsqu'on traite le chlorure d’aluminium par l’ammoniaque et qu’on dissout dans la potasse le précipité d’alumine, il se dépose de la liqueur, au bout d’un certain temps , des cristaux d’hydrate d’alumine renfermant 3 équiv. ou 34,6 pour cent d’eau (Al’O5, 3Ho) ; c’est la gypsite artificielle. Le diaspore est un monohydrate d’alumine (Al* O5, HO). Les hydrates d’alumine font pâte avec l’eau ; l’eau s’infiltre dans l’alumine comme par une sorte d’aflinité capillaire. A mesure que l’alumine perd de l’eau par suite de la calcination, elle se racornit, comme tous les oxydes de la même famille. Cette propriété a été mise à profit dans la construction du pyromètre de Wedgwood (t). L’alumine obtenue par voie de précipitation, à l’état gélatineux , renferme au moins la moitié de son poids d’eau, qu’elle ne perd jamais complètement par la calcination.
L’alumine obtenue par la voie sèche ne fait point pâte avec l’eau ; elle reste seulement en suspension dans ce liquide. L’aluminecalcinèe ne se dissout point ou se dissout à peine dans les acides sulfurique < chlorhydrique et acétique , tandis que l’alumine gélatineuse (hydratée) se dissout facilement dans les acides , dans la potasse et dans la soude. L'alumine cristallisée ( naturelle ) est complètement insoluble dans les acides. L’alumine ne se combine pas avec l’acide carbonique. C’est pourquoi les carbonates alcalins précipitent les sels d’alumine à l’état d’alumine pure , avec dégagement d’acide carbonique.
L’alumine joue le rôle d’acide à l’égard des hases puissantes, comme la potasse , la soude , la baryte , la strontiane , la
(1) Le o* de ce pyromètre correspond à 598° du thermomètre centigrade; et chaque degré équivaut à 7a0 du thermomètre centigrade.
ALGMIMACÉS.
chaux , etc. Plusieurs de ces combinaisous ( aluminates ) existent naturellement. Exemples: la gahnite, composée d’alumine et d’oxyde de zinc ( Al’ O3, ZnO) ; le spinelle , composé d’alumine et de magnésie ( Al* O3, MgO).
L’alumine, calcinée avec l’oxyde de cobalt, donne une matière bleue.
L’alumine se combine , à une température élevée , avec le carbonate de potasse et avec le carbonate de soude. Il y a dégagement d’acide carbonique. Les composés qüiontpour formule Al! O3, KO , et Al* O3, NaO, sont solides, et présentent une cassure conchoïde ; ils s’eflleurissent à l’air. Ils sont solubles dans l’eau, et leur dissolution aqueuse se trouble à l’air. Ce sont des aluminates isomorphes avec les ferrâtes qui existent naturellement dans le fer magnétique , dans la franklinite , dans la gahnite , dans le spinelle , etc. ,
Les oxydes de cérium , de glueynium , d’yttrium , de zirconium, forment des composés analogues avec les carbonates alcalins fixes ( Schaffgotsch ).
Composition. L’oxygène étant exprimé par 100, l’équivalent de l’aluminium est 171,166, (AIO). Mais ce protoxyde n’existe pas. Comme l’alumine est isomorphe avec le peroxyde de fer (Fe* O3), l’équivalent de l’alumine doit être = Al* O3.
État. Les substances alumineuses sont très-répandues dans la nature. L’ argile, la terre glaise , la terre de pipe, le kaolin, Y alun, sont de l’alumine impure, des combinaisons d’alumine avec de l’oxyde de fer, delà magnésie, delà potasse, de l’acide de silicique , de l’acide sulfurique , etc. Nous avons fait mention du rubis, du saphir, du spinelle, de Ydgahnite , de\a gypsite, etc.
Préparation. On obtient l’alumine en calcinant, à la température blanche , l’alun à base d’ammoniaque ( sulfate double d’alumine et d’ammoniaque). L’acide et l’ammoniaque sont éliminés et l’alumine reste pure , semblable à de la farine.
On prépare l’alumine, par la voie humide , en précipitant l’alun à base de potasse par l 'ammoniaque. Le précipité est gé-
ALUMINÏACÉS.
latineux , hydraté , et il n’est jamais exempt de sulfate d’ammoniaque. Il faut le laver pendant fort longtemps pour le débarrasser des dernières traces de sulfate d’ammoniaque.
Usages. L’alumine entre dans la composition de la faïence, de la porcelaine , des briques, de la poterie, etc. (voy. p. 218). Le saphir, le rubis (alumine cristallisée) sont employés comme pierres d'ornements.
Chlorure d’aluminium. Le chlorure d’aluminium, obtenu par la voiehumide (en traitant l’alumine par l’acide chlorhydrique), cristallise en petites lamelles très-minces , ayant une réaction acide. Sa saveur est astringente comme celle du sulfate d’alumine. Il est déliquescent , trés-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Soumis à la chaleur , il se décompose en acide chlorhydrique qui se dégage et en alumine qui se dépose. Le chlorure d’aluminium anhydre , obtenu par la voie sèche (en faisant arriver un courant de chlore sec sur de l’alumine chauffée avec de la poussière de charbon ) est très-stable et n’éprouve pas d’altération au feu. Mis dans l’eau , il s’y dissout avec élévation de température , et se convertit en chlorure hydraté qui , comme nous venons de le voir, se décompose par la chaleur. Calciné avec du potassium dans un creuset de platine, le chlorure d’aluminium anhydre se décompose avec une vive incandescence. Il reste au fond du creuset des taches grises d’auminium qui prennent, par le frottement, un polimétallique.
Formule. Al* Cl’, analogue à celle de l’alumine (Al* O*).
Caractères des sels d'alumine.
L’alumine est une base faible comme le peroxyde de fer. Aussi les sels d’alumine ont-ils une réaction acide ( l’acide étant incomplètement neutralisé). Ils ont une saveur très-astringente et douceâtre. Les sels neutres se composent de 1 équiv. de base et de 3 équiv. d’acide.
1° La potasse ou la soude les précipite en blanc. Le précipité (alumine) est soluble dans un excès de potasse ou de
ALUMINIACÉS.
soude. L’ammoniaque les précipite de même ; mais un excès d’ammoniaque ne redissout pas le précipité. La glucyne présente les mêmes caractères.
2° Le carbonate d’ammoniaque y produit un précipité blanc d’alumine , insoluble dans un excès de précipitant (si c’est un sel de glucyne , le précipité est soluble dans un excès de carbonate d’ammoniaque).
3° Le sulfate de potasse ou d’ammoniaque donne, avec le sulfate d’alumine , de l’alun cristallisable en octaèdres. Le précipité ne se produit que lentement.
k° Le cyanoferrure de potassium ne précipite pas les sels d’alumine. - ■
5* Les sels d’alumine sont tous colorés en bleu par la calcination avec l’oxyde de cobalt ( la glucyne calcinée avec l’oxyde de cobalt ne donne point de coloration).
Dans les analyses, on précipite l’alumine par le carbonate d’ammoniaque. Le précipité est de l’alumine pure qu’un excès de précipitant sépare de la glucyne et de la magnésie, deux bases qui accompagnent souvent l’alumine. Il est bon d’aciduler préalablement la liqueur dans laquelle se forme le précipité.
Sulfate d'alumine.
Ce sel a une réaction fortement acide . Sa saveur est douceâtre et très-astringente. Il est susceptible de cristalliser en petites paillettes nacrées , renfermant 6 équiv. d’eau. Il est plus soluble à chaud qu’à froid. Il se décompose complètement à la chaleur rouge en alumine qui reste et en gaz sulfureux mêlé d’oxygène qui se dégage.
Composition. Al* O1 ( SO*) ’ -f- 6 HO = 1 équiv. de sulfate neutre d’alumine cristallisé. Il existe dans la nature un sulfate d'alumine basique , connu sous le nom d 'aluminite. Sa formule est Al’ O*, SO3 4- 3 HO.
Préparation. On obtient le sulfate d’alumine en traitant l’argile par l’acide sulfurique.
ALI MIMAI*.*.
Usages. On a depuis longtemps employé le sulfate d’alumine (auquel on a voulu substituer l’acétate d'alumine) dans la conservation des substances animales ( M. Strauss-Türkheim). Lesulfate d’alumine se convertit, par suite d’un contact prolongé avec les substances animales , en alun à base d’ammoniaque , beaucoup moins soluble que le sulfate d’alumine. Cette sorte de propagation chimique arrête probablement les progrès de la fermentation putride.
De l’alun .
Le nom d’alun est un nom générique qui comprend de nombreuses espèces. Les espèces d’alun les plus connues sont l’alun à base de potasse, l’alun à base de soude (1), l'alun à base d’ammoniaque , Y alun à oxyde de fer, Y alun à oxyde de chrême. Dans les deux dernières espèces , qui composent un groupe particulier, l’alumine (Al*03) est remplacée par l’oxyde de fer (FeT)5) ou par l’oxyde de chrême ( Cr*0?), l’un et l’autre étant isomorphes avec l’alumine. Tous ces aluns ont la même forme cristalline (octaèdre), et sensiblement les mêmes propriétés.
Sulfate double d’alumine et de potasse (alun à base de potasse).
Propriétés physiques et chimiques. Ce sel est l’alun le plus anciennement connu. Il cristallise en beaux octaèdres contenant 2 èquiv- d’eau. Sa saveur est astringente et douceâtre. Il est beaucoup plus soluble à chaud qu’à froid. 100 parties d’eau dissolvent (à 10°) 5 parties d’alun. A 100°, 100 p. d’eau en dissolvent 103 p. Exposé à la chaleur, il se boursoufle et perd son eau de cristallisation. Ainsi calciné, il exige beaucoup plus d’eau pour se dissoudre. L’alun calciné se décompose partiellement, dans l’eau, en alumine qui se précipite et
(1) Cette espèce d'alun est la pins soluble de toutes ; elle cristallise On octaèdres comme les autres espèces.
ÀLUM1N1ACÉS.
en sulfate de potasse qui reste eu dissolution. Chauffé avec du charbon , l’alun se transforme en tétrasulfure de potassium {gyrophare de Homberg) en alumine, et en acide carbonique mêlé d’oxyde de carbone, qui se dégage. Yoici la formule de cette réaction :
KO,SO*, APO5 (SC) ,+7C=KS‘+A1,0,+6C0’h-C0.
Composition. KO, SC+Al’O8 (SO*)3+2 4IIO=l éq. d’alun à base de potasse, cristallisé. Dans la constitution de ce sel , KO, SO* peut être considéré comme jouant le rôle de base vis-à-vis Al O* (SC)* jouant le rôle d’acide. Le sulfate de potasse peut être remplacé par le sulfate d’ammoniaque ou par le sulfate de soude.
État. L’alun existe dans la nature, sous le nom d’ alunite (alaunstein), particulièrement près de Tolfa, à Civita-Vecchia, aux environs des volcans, etc.
Préparation. On prépare l’alun en calcinant l’alunite et en traitant le résidu de la calcination par l’eau bouillante. L’excédant d’alumine se dépose, et les eaux-mères qui surnagent laissent déposer, par le refroidissement, l’alun sous forme de cristaux cubiques. C’est ainsi qu’on obtient l'alun de Home.
En Allemagne on fabrique l’alun avec le schiste alumineux. A cet effet on calcine le minerai , puis on le laisse s’effleurir à l’air , et enfin on le traite par l’eau. Le sulfure de fer contenu dans le schiste alumineux se convertit en sulfate de fer et en acide sulfurique libre qui dissout l’alumine du minerai. On obtient ainsi une liqueur contenant du sulfate d’alumine et du sulfate de fer. Après avoir convenablement concentré cette liqueur, on la traite par le sulfate de potasse pour obtenir l’alun à base de potasse, qui se dépose. Il est impossible de débarrasser cet alun des dernières traces d'oxyde de fer qu’il renferme.
3?8 ALUMÜflACËS.
Sulfate double d’alumine et d'ammoniaque (alun à base d’ammoniaque).
Il cristallise en octaèdres comme le précédent, avec lequel il a la plus grande analogie. 11 est complètement décomposé à une température élevée , et donne pour résidu de l'alumine pure. L'alun à base d’ammoniaque se rencontre naturellement près de Tschermig (Bohême).
Composition. KH*0,S03+Al’0*(S09),-f2fcH0=l équiv. de sel cristallisé.
Sulfate double d’alumine et de soude (alun à base de soude).
Il cristallise comme les deux espèces précédentes. Il se dissout dans 3 parties d’eau, à une température élevée, comme l’alun à base de potasse.
La soude, la potasse et l'ammoniaque peuvent se remplacer partiellement, sans changer la forme cristalline de l’alun, de manière que l’alun peut être à la fois un sulfate d’alumine, de potasse, de soude et d’ammoniaque.
L 'alun (exempt d’oxyde de fer) est employé dans la teinture comme mordant. On s’en sert en médecine comme astringent.
GLCCYNIUH.
Étymologie. Du grec yhuul(, doux , parce que le* sel* de glucyne ont une saveur sucrée. D'après l’étymologie du mot, on devrait orthographier glycynt.
Sykonïme. Glucyum, Béryllium.
Le glucynium a l’aspect d’une poudre grise. Il est infusible. Il ne décompose pas l’eau. Il brûle avec un très-vif éclat à l’air ou dans l’oxygène , et se transforme en oxyde blanc
{glucyne).
Préparation. On obtient le glucynium en réduisant le chlorure de glucynium par le potassium -
ALUMIN1ACÉS. 3^9
Oxyde de glucynium.
Syhokymeï. Glucyne, Béryl, terre de glucyne , Siisterde ( terre douce).
C’est une poudre blanche, sans saveur, infusible dans nos fourneaux, fusible au chalumeau, d’une densité égale à 2,9. La glucyne ne retient pas l’eau avec autant de force que l’alumine, avec laquelle elle a , du reste, de l’analogie. Elle est insoluble dans l’eau. A l’état de précipité gélatineux , elle est beaucoup plus soluble dans les acides qu’à l’état sec. La glucyne est soluble dans la potasse et dans la soude. Elle est insoluble dans l’ammoniaque caustique et très - soluble , au contraire, dans le carbonate d’ammoniaque.
État. La glucyne a été découverte, en 1798, par Vauquelin, dans l’émeraude et dans le béryl.
L’oxyde de glucynium, qui se combine avec les acides, est un sesquioxyde , isomorphe avec l’alumine.
Composition. Be*0*, analogue à A1!0*.
Sulfate de glucyne. Il a une saveur sucrée, astringente. II est très-soluble dans l’eau, et attire légèrement l’humidité de l’air. II a una réaction acide.
Azotate. Il a également une saveur sucrée astringente. Il est très-soluble dans l’eau.
Caractères des sels de glucyne.
Tous les sels de glucyne ont une saveur sucrée , et un arrière-goût légèrement astringent.
1° La potasse les précipite en blanc , et le précipité est soluble dans un excès de potasse ; ce qui distingue la glucyne de la magnésie qui est insoluble dans un excès de potasse.
2° Le carbonate d’ammoniaque les précipite en blanc. Le précipité de glucyne est soluble dans un excès de carbonate d'ammoniaque , ce qui distingue la glucyne de l’alumine.
AAUMliMACüS.
3® La glucyne ou l’azotate de glucyne calciné avec l’oxyde de cobalt , ne donne point de matière colorée.
ÏTTRHJM.
ÉtYMOioGiE. Ce nom vient de Ytlerly (en Suède).
L’yttrium se présente sous forme de poudre grise , prenant un aspect métallique sous le brunissoir. Il ne décompose l’eau qu’entre 100° et 200°. Chauffé à l’air ou dans l’oxygène, il brûle avec un vif éclat et se transforme en oxyde d’yttrium {yttria).
Préparation. L’yttrium s’obtient en faisant arriver des vapeurs de potassium sur la terre d’yttria ; les taches grisâtres qui se produisent , contiennent de l’yttrium. On l’obtient en plus grande quantité et sous forme d’écailles noires d’un éclat métallique , lorsqu’on réduit le chlorure d’yttrium par le potassium.
Oxyde d'yttrium.
Synonymes. Yttria , terre d'yttria , gadolinite.
L’oxyde d’yttrium est blanc, pulvérulent, insipide, inodore et d’une densité égale à 4, 8. Il jaunit à une température élevée , et se racornit comme l’alumine. L’yttria est infusible et sans action sur les couleurs végétales. L’yttria à l’état de précipité récent attire fortement les molécules organiques suspendues dansl’air . L’y tlria est probablement un sesquioxyde Y1 O3; car elle est isomorphe avec l’oxyde de fer ( Fea O3).
État. L’yttria se rencontre à Fahlun et à Ytterby en Suède, dans une terre particulière , découverte en 1791 par Gadolin , et appelée depuis gadolinite , yttérite , terre d‘ Yttria ( Yttererde).
Sulfate d'yttria. 11 cristallise en petits prismes transparents, decouleur améthyste. Il est efflorescentà 40®, et devient d’un blanc de lait. It est soluble dans 30 à 40 parties d’eau.
AUNINIACKS. 38 1
Azotate. lia une réaction acide , et il est très-solulde dans l’eau.
Caractères des sels d’yttria.
Ces sels ont une saveur sucrée et légèrement astringente. La couleur rose de ces sels tient à la présence du manganèse et du cérium (1).
1° La potasse et la soude les précipitent en blanc , et un excès de précipitant ne redissout pas le précipité.
2° Le carbonate d’ammoniaque les précipite en blanc ; mais un excès redissout le précipité.
3° Le cyanoferrure jaune de potassium y produit également un précipité blanc.
THORIUM.
synonyme. TTiorinium.
Propriétés physiques. Le thorium est gris , pulvérulent et acquiert , par le frottement , un éclat métallique semblable à celui du plomb. Tl brûle au-dessus de la température rouge , avec une lumière très-vive , et se convertit en oxyde de thorium ( thorine ).
Propriétés chimiques. Le thorium produit avec du soufre (par la voie sèche) un sulfure jaune. L’acide chlorhydrique dissout le thorium avec dégagement d’hydrogène. Il se produit un chlorure de thorium.
État. Le thorium existe (combiné avec l’oxygène) dans la thorine , dont il a été , pour la première fois , extrait, en 1828, par M. Berzélius.
Préparation. Lorsqu’on traite à chaud , par le potassium, le chlorure de thorium pur , il se produit du chlorure de potassium soluble , et le thorium se précipite sous forme de poudre grise.
(t) Annal, de Prggend. Vol. xiv, pag. 33a. .
AMJMINIACÉS.
Oxyde de thorium.
St». Oxyde de thorinium , thorini , terre de thorium , Thorerde (allem).
Propriétés physiques. La thorine est une substance blanche, pulvérulente , insipide et inodore. C’est la terre la plus pesante : c’est elle qui aurait dû recevoir le nom de baryte , ( du grec jS2pû5 , pesant); car, sa densité est 9, h. La thorine est infusible.
Propriétés chimiques. La thorine calcinée et anhydre n’est pas attaquée par les acides. A l’état d’hydrate , elle se dissout dans les acides et même dans les carbonates alcalins. Ces dissolutions se troublent par l'ébullition.
En se combinant avec l’acide sulfurique , la thorine donne un sulfate de thorine plus soluble à froid qu’à chaud. Ce caractère rapproche la thorine de la chaux.
Le cyanoferrure de potassium et l’acide oxalique précipitent les sels de thorine en blanc. Les sulfures solubles les précipitent en jaune (sulfure de thorium).'
Etat. La thorine existe dans le thorite , minéral très-rare qui se rencontre près de Brevig en Norwége. Elle existe encore dans le pyrochlore de l’Oural (Woehler).
Préparation. On prépare la thorine en traitant la thorite par l’acide chlorhydrique , et en précipitant la dissolution par un alcali.
ZIRCONIUM.
Propriétés physiques. Le zirconium est noir , pulvérulent. Il prend , sous le brunissoir , l’état métallique du fer. Sa densité n’a pas été exactement déterminée.
Propriétés chimiques. Le zirconium s’enflamme à la chaleur rouge , et se transforme à l’air en oxyde blanc ( zircone ). Le zirconium est pyrophorique comme le fer très* divisé. Il est à peine attaqué par l’acide chlorhydrique , par l’acide sul-
AMJMINfACÉS.
f urique et par l'eau régale. Mais l’acide fluorbydrique dissout le zirconium, même à froid , en donnant naissance à du fluorure de zirconium et à de l’hydrogène qui se dégage.
Préparation. On obtient le zirconium en traitant, par le potassium , le fluorure double de potassium et de zirconium sec. L’eau dissout le fluorure de potassium et laisse le zirconium intact.
Zircone.
Syn. Oxyde de zirconium , terre de zircone, terre zirconienne,
Propriétés physiques. La zircone a l’aspect d’une poudre blanche, rude au toucher. Elle est insipide et inodore. Sa densité est égale à 4,3. Elle n’est qu’incomplétement fusible au feu des hauts fourneaux. Au chalumeau , elle fond en un émail blanc.
Propriétés chimiques. La zircone forme avec l’eau un hydrate contenant 12,89 pour cent d’eau. Cet hydrate se combine avec l’acide chlorhydrique , pour former du chlorure de zirconium soluble. L’acide fluorhydrique produit, avec la zircooe hydratée, du fluorure de zirconium. Ces deux composés ont une saveur astringente; l’acide y est incomplètement neutralisé. L’acide gallique les précipite en jaune. La potasse les précipite en blanc; le précipité n’est pas redissous par un excès de potasse. Le carbonate d’ammoniaque les précipite également en blanc ; le précipité [zircone hydratée ) est soluble dans un excès de précipitant. Les sulfures solubles y produisent un précipité blanc de zircone hydratée, avec dégagement d’acide sulfhydrique (le sulfure de zirconium n’existant pas). L’oxalate d’ammoniaque ne les précipite pas.
État. La zircone existe en abondance dans le zircon, pierre de couleur variable, que l’on rencontre dans le sable de quelques rivières de Ceylan. On trouve la zircone (en petite quantité) dans la gangue de beaucoup de minéraux.
Préparation. Qn chauffe, dans un creuset de platine, du
ALVMINUCÉS,
zircon pulvérisé, avec deux parties de potasse caustique. Il se produit un composé non déterminé de silice , de zircone, d'oxyde de fer et de potasse. On traite ce composé par de l’acide chlorhydrique qui produit des chlorures de zirconium , de fer et de potassium solubles; la silice reste insoluble. On sépare le chlorure de potassium, par voie de cristallisation. Les chlorures de fer et de zirconium sont traités par du carbonate d’ammoniaque , dont un excès redissout la zircone et laisse le carbonate de fer intact.
Composition. Zr’O5, analogue à A1HD*.
CÉRIUM.
Étymoioote. Le nom de cérium vient de cirile , minéral dont on extrait le cérium.
Depuis la découverte du lanthane , toute l'histoire du cérium est à refaire.
Propriétés physiques. Le cérium n’a point été jusqu’ici décrit à l’état de pureté. Il se présente sous forme de poudre dont la couleur varie depuis le rouge jusqu’au brun foncé. Il acquiert par le frottement un léger éclat grisâtre.
Propriétés chimiques. Chauffé au contact de l’air, il se change en oxyde. Il décompose l’eau, à la température ordinaire. La plupart des acides l’attaquent et le dissolvent, avec dégagement d’hydrogène. Il brûle avec flamme dans la vapeur de soufre et dans le chlore gazeux.
État. Les principaux minéraux cérifères sont :
1° La cérite. Ce minéral est sans apparence cristalline; sa couleur varie du rouge de carmin au brun rougeâtre. On le rencontre en Suède (à Ryddarhytta) et ailleurs. C’est un silicate de protoxyde de cérium et d’oxyde de lanthane, mêlé de chaux carbonatée, de galène , de cuivre et de fer pyriteux ;
2° La gadolinite (cérine, allanite, orthite).
Il y a différentes espèces de gadolinites : la gadolinite de
AT.UMINUCÉS.
Brobbo, compacte, d’un noir de velours ; la cérine de Bostnacs , ayant l’aspect de l’amphibole; l’allanite de Gicseke, en Groënland, et 1 ’orthite deFinbo, mêlée de charbon. Ce sont des silicates multiples à base d’oxyde de cérium, d’yttria, de chaux, d’alumine, de fer et de manganèse.
Préparation. Le meilleur procédé pour préparer le cérium consiste à réduire le chlorure de cérium au moyen du potassium.
Historique. Le cérium fut découvert en 1803, presque en même temps, par Klaproth, Hisinger et Berzélius.
Nous nous abstiendrons de donner l’histoire du protoxyde , du peroxyde et des sels de cérium , car tous ces composés renferment du lanthane. Leur étude est donc à refaire.
LANTHANE.
Etymologie. Ce nom dérive du greo.«»9«î:» ,je suis caché, pour faire allusion à la combinaison intime du lanthane avec le cérium dans la cérite.
Le lanthane est un métal qui a été découvert récemment dans la cérite, par Mosander. On ne possède sur ce métal que des notions encore fort imparfaites. L’oxyde de cérium, préparé par les procédés ordinaires , contient à peu prés j d’oxyde de lanthane, dont la présence altère à peine les propriétés du cérium (Mosander). Pour obtenir le lanthane, on calcine fortement l’azotate d'oxyde de cérium lanthanifère. Par suite de la calcination, l’oxyde de cérium devient insoluble dans les acides étendus, tandis que l’oxyde de lanthane, qui est une base très-forte, se dissout dans ces mûmes acides. En traitant par l’acide azotique étendu de 100 parties d’eau le résidu de la calcination de l’azotate de cérium, on obtient une dissolution d’oxyde de lanthane , l’oxyde de cérium restant insoluble.
L 'oxyde de lanthane se présente sous la forme d une pou-
(l) fiolley ( Annal, lier Pharmacie, 1840),
386 ALCMINIACÉS.
dre rouge brique. Dans l’eau bouillante il se convertit en un hydrate blanc, qui bleuit le papier de tournesol rougi par un acide.
Les sels de lanthane sont colorés en rose et doués d’une saveur acerbe, astringente. Ils ne sont précipités par le sulfate de potasse qu’autant qu’ils contiennent du cérium.
L’oxyde de lanthane est irréductible par les moyens ordinaires. Pour obtenir le lanthane, il faut d’abord convertir l’oxyde en chlorure , et traiter ensuite celui-ci au moyen du potassium. On obtient alors le lanthane sous la forme d’une poudre grise d’un éclat métallique , qui décompose l’eau à chaud en se transformant en oxyde de lanthane blanc hydraté.
L’équivalent du lanthane n’a pas été exactement évalué.
j État. Le lanthane existe dans la cérite et dans la tschewhinite, minerai (silicate de cérium et de lanthane) récemment découvert par G. Rose.
FERRACÉS.