RÉSECTION DU PÉRONÉ
ton^ et le fragment inférieur étant luxé de haut en bas au moyen d'un davier^ on coupe les ligaments péronéo-tibial antérieur et postérieur qui unissent le tibia et le péroné en bas^ les ligaments péronéo-astragaliens antérieur et postérieur^ et le ligament péronéo-calcanéen.
Le pansement consiste en une suture et dans Fimmobilité de la jambe et du pied fixés, l'un par rapport à l'autre, dans une position veiiicale.
'résection de la malléole interne.
Elle se fait comme la résection de la malléole du péroné, avec cette différence que le tibia doit être coupé avec une scie à chaîne, ou, si la résection se fait au niveau du point où les deux os se touchent, au moyen de la gouge et du maillet.
Appréciation. — La résection des malléoles est une opération d'une grande gravité, parce qu'elle oblige à pénétrer dans une grande articulation, et il est fort douteux que la jambe puisse, dans le cas de guérison, rendre de grands services à l'opéré.
Quand on fait la résection pour carie ou nécrose, il est bien difficile que l'astragale ne participe pas à l'altération des malléoles, ce qui ajoute encore h la gravité de l'opération.
résection du péroné.
Anatoniie. — Sur la tubérosité externe du tibia, il existe une facette articulaire destinée à s'unir aune facette semblable que présente l'extrémité supérieure de la tête du péroné. Cette union est maintenue par deux ligaments, antérieur et postérieur; mais ce qu'il y a de plus important, au point de vue chirurgical, c^est que la membrane synoviale de cette petite articulation communique presque toujours avec l'articulation fémorotibiale.
L'extrémité supérieure du péroné donne attache, en dehors au muscle long péronier, en arrière au muscle soléaire. Au sommet de la tête de cet os s'insère le ligament externe de l'articulation fémoro-tibiale.
Le nerf sciatique poplité externe descend obliquement de haut en bas et un peu d'arrière en avant, en croisant le col du péroné.
248 DES RÉSECTIONS.
Le corps de l'os est recouvert en dehors par les muscles péroniers latéraux qui s'y insèrent ; en arrière par le muscle fléchisseur propre du gros orteil. Son bord interne est uni au tibia par le ligament interosseux qui occupe presque toute la longueur de l'os.
a. Résection de la tête du péroné.
Une incision en T, dont la branche horizontale correspond au sommet de la tête du péroné et dont la branche verticale longe le bord externe de cet os^ permet d'arriver sur le péroné, de passer la sonde à résection au-dessous de lui et de le scier.
Dans ce premier temps, le nerf sciatique poplité externe est presque nécessairement coupé.
Saisissant le fragment supérieur avec un davier, le chirurgien détache le ligament interosseux, coupe le ligament externe de l'articulation fémoro-tibiale, le ligament externe de l'articulation tibio-péronière, et termine en détachant le ligament postérieur de cette dernière articulation.
Appréciation. — La section du nerf sciatique poplité externe paralyse les muscles de la partie antérieure de la jambe. La communication de la membrane synoviale de l'articulation tibio-péronière avec celle de l'articulation fémoro-tibiale est une condition qui aggrave les dangers de l'opération.
Je ne crois pas pourtant que cette communication soit une contre-indication absolue, parce que le malade étant couché du côté qui a été opéré, le pus s'écoule facilement, et l'inflammation, si elle est bornée, a bientôt déterminé une oblitération de l'ouverture de communication.
Il est d'ailleurs démontré que la résection de la partie supérieure du péroné n'apporte presque aucun trouble dans les fonctions du membre inférieur.
b. Résection du corps du péroné.
Une incision longitudinale faite sur le bord externe du péroné suffit pour enlever une grande partie du corps de cet os.
Seutin a pu réséquer toute la partie du péroné située audessous du quart supérieur jusqu'à la malléole inclusivement.
RÉSECTION DE LA TÊTE DU FÉMUR. 2k9
RESECTION DU GENOU.
Cette opération^ qui a été pratiquée il y a longtemps^ avait donné des résultats si peu satisfaisants (3 guérisons sur 13 résections), que la plupart des chirurgiens y avaient renoncé^ lorsque, dans ces dernières années, on est revenu, particulièrement en Angleterre, à la pratique de celte opération.
Le manuel opératoire est très-analogue à celui que nous avons indiqué pour le coude. Ainsi on peut :
l"* A l'exemple de Moreau, faire deux incisions latérales qu'une incision transversale réunit dans leur milieu au niveau de la' rotule. On fait ainsi deux lambeaux, dont l'inférieur est abaissé et le supérieur relevé de manière à mettre à nu toute la face antérieure de l'articulation. La rotule ayant été enlevée, on désarticule de manière à luxerle fémur en avantpour qu'on le scie. La partie malade de cet os ayant été enlevée, on dégage la surface articulaire du tibia pour qu'on l'enlève à Taide de la scie.
2° On peut arriver au mènie résultat en faisant deux incisions semi-elliptiques qui se réunissent à leurs extrémités interne et externe ; l'une est au-dessus de la rotule, l'autre est au-dessous.
3° On a encore pratiqué cette résection en faisant une incision cruciale au devant du genou.
Il est incontestable que les résultats obtenus dans ces dernières années sont de nature à rappeler l'attention des chirurgiens français sur une opération qu'ils s'étaient trop pressés d'abandonner.