‹ Éléments de chirurgie opératoireChapitre 137 sur 263 · RHINOPLASTIE · texte numérisé non relu

RHINOPLASTIE

rer à la peau voisine. Le lambeau a la forme d'un triangle dontla base serait en haut et la pointe en bas ; seulement les angles de cette figure doivent être un peu arrondis, et sa base est surmontée par un prolongement proportionné à l'étendue de la sous-cloison qu'il doit reconstituer (fig. l/i.5).

Le lambeau ayant été disséqué et séparé du périoste qu'on a soin de laisser intact^ on lui imprime un mouvement de rotation sur son pédicule, de manière que sa face épidermique reste en dehors, et, ayant avivé la peau qui forme les limites du trou qu'on veut recouvrir, on la réunit par quelques points de suture aux bords correspondants du lambeau.

L'opération ayant été ainsi faite, il reste de la peau saine entre le pédicule du lambeau et la mutilation. La partie du pédicule qui recouvre cette peau doit être enlevée d'un coup de ciseau ou de bistouri, de manière à niveler le nouveau nez, quand on a la certitude que le lambeau est complètement adhérent aux parties voisines et qu'il a une vitalité normale.

On a conseillé, pour parfaire le pédicule du lambeau, de le couper transversalement, le plus haut possible, de le redresser, de le tailler en triangle à pointe supérieure, pour le fixer par quelques nouveaux points de suture aux bords de la partie inférieure de la plaie du front.

Cette modification, qui a été proposée par Velpeau, me semble préférable au mode opératoire de Dieffenbach , qui incise longitudinalement la partie comprise entre le lambeau et le trou nasal, pour introduire le pédicule entre les deux bords de la fente et l'y faire se souder.

Lisfranc a donné le conseil de prolonger l'incision d'un des bords du lambeau jusqu'au niveau de la partie mutilée. On peut alors renverser le lambeau sans que la torsion apporte im grand obstacle à sa circulation, et sans que le pédicule fasse une saillie assez difforme pour qu'il faille l'inciser (fig. \k^).

Méthode française. — Cette méthode convient pour les cas où la perte de substance n'est pas très-considérable; elle consiste à emprunter les éléments de la restauration aux régions voisines, par le décollement des bords du trou qui remplace une partie du nez. Ces bords, ayant été avivés et décollés dans une étendue suffisante, peuvent être mis en contact et réunis par première intention.

Lorsque la perte de substance a une plus grande étendue, des incisions multiples tombant sur les bords du trou nasal peuvent servir à faire des lambeaux qu'on attire par glissement

31 li OPÉRATIONS SUR LA PEAU ET SUR LE TISSU CELLULAIRE.

entre les lèvres de la plaie principale. Velpeau donne à cette modification le nom de rhinoplastie par décollement composé.

Je n'insisterai pas sur cette mélliode;, dont on ne peut donner qu'une idée générale, puisque les incisions et les lambeaux doivent varier avec la nature et l'étendue de la mutilation qui est elle-même extrêmement variable.

Page 1