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ANESTHESIE LOCALE

M. Hardy, examinateur du collège des chirurgiens d'Irlande, a imaginé de produire l'anesthésie locale. Pour cela, il emploie un appareil composé : 1° d'un tube étroit destiné à conduire la vapeur du chloroforme sur la partie qui est le siège d'une douleur, ou sur laquelle on doit pratiquer une opération ; 2° d'un

réservoir contenant une éponge imbibée de chloroforme; 3° d'une vessie de caoutchouc

En pressant avec les mains sur la vessie de caoutchouc, on chasse l'air à travers le réservoir qui contient l'éponge, jusqu'à Tembouchure du tube.

Ce procédé a échoué plusieurs fois. 11 est donc au moins infidèle .

L'oxyde de carbone et l'acide carbonique ont été, depuis quelque temps, considérés comme jouissant de propriétés anestliésiqueslocales,quis' exercent sur toute surface dépouillée de son épidémie.

C'est un moyen puissant de calmer les douleurs vives du cancer ou de toute autre maladie dans laquelle la peau n'empêche pas l'action de ces gaz.

On a aussi tenté de produire l'anesthésie de la peau au moyen de l'éther qu'on verse goutte à goutte sur la partie qu'on doit inciser, et dont on a soin d'activer l'évaporation par l'insufflation (Roux, Richetj.

Mais cette anesthésie locale ne pourra jamais remplacer l'anesthésie générale que pour les opérations légères qui n'atteignent pas les tissus sous -cutanés.

Il n'en est pas de même de celle qu'on obtient par l'application d'un mélange de quatre parties de sel et d'une partie de glace (Arnott et Velpeau). Plusieurs fois j'ai eu recours à cette réfrigération dans des cas oii j'aurais produit une grande douleur, et les malades m'ont dit ne pas avoir souffert. Ce mode d'anesthésie est surtout utile pour la cautérisation de la peau avec le fer rouge ; il est plus promptement et plus sûrement efficace que celui qui consiste à faire volatiliser de l'éther sur la partie qu'on veut rendre insensible.

Précautions. — Comme plus de quatre-vingts cas de mort à la suite de l'emploi du chloroforme avaient déjà été publiés en 1855^ on doit toujours surveiller le pouls et la respiration du malade. Quand les pulsations artérielles faiblissent^ on suspend l'action de l'agent anesthésique, et dans tous les cas, il faut que la compresse ou l'éponge dont on se sert, soit à une distance suffisante de la bouche et du nez du malade^ pour que l'air se mélange avec le chloroforme.

Le malade doit être couché^, la plupart des accidents ayant été observés chez les personnes que l'on opérait dans la position assise.

Moyens de remédier aux accidents. — Quand il arrive que la respiration et la circulation se suspendent^ le chirurgien, après avoir rejeté le chloroforme, incline en bas la tête du malade, abaisse sa langue avec une cuiller, ou , la saisissant avec une pince, il l'attire en dehors de la bouche; puis il s'efforce de produire une respiration artificielle par des pressions successives du ventre et de la poitrine. On peut encore avoir recours à la flagellation ou atout autre excitant de la peau.

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