DÉSARTICULATION DE LA PREMIÈRE PHALANGE
Autrefois on faisait aussi cette amputation avec un lambeau dorsal^ pour que la cicatrice ne fût pas visible sur le dos de la main^ et comme le résultat eût pu gêner, si l'opération avait été pratiquée sur un ouvrier^ on l'appelait amputation des riches. Aujourd'hui l'amputation avec un lambeau dorsal est rejetée toutes les fois qu'il est permis de faire autrement.
§ 3. — Désarticulation de la première phalange.
Méthode ovalaire. — La main du malade étant dans la pronation et un aide éloignant les doigts voisins de celui sur lequel l'opération doit être pratiquée^ le chirurgien saisit le doigt hialade avec la main gauche^ le fléchit légèrement, et portant le bistouri sur la tête du métacarpien correspondant^ il fait une incision qui^ commençant à un centimètre en arrière de l'articulation, se dirige obliquement vers le point où finit le repli cutané interdigital. A partir de ce point, le bistouri contourne transversalement toute la face palmaire, et étant reporté pardessus le doigt dans l'extrémité de cette dernière partie de l'incision, il est ramené obliquement sur la face dorsale à 4 ou 5 millimètres en deçà du point où l'on a commencé (fig. 59, n° 1 ).
Les lèvres de la plaie ayant été disséquées vivement et éloignées, le chirurgien ouvre l'articulation par la face dorsale, coupe les ligaments, et, passant son bistouri au-dessous de l'os, il le fait sortir par la plaie palmaire en coupant le tendon des muscles fléchisseurs.
Si l'on a eu soin de ne pas trop ouvrir les branches du Vque figure la partie dorsale de l'incision, la tête du métacarpien est suffisamment recouverte par leslèvres de la plaie (fig. 59, n" 2), qu'on maintient rapprochées au moyen de deux serres-fines ou de deux points d'une suture entrecoupée.
1° Pour le premier doigt, on peut faire l'incision sur le côté externe, la base de l'ovale répondant à l'insertion du repli cutané inter digital.
2° Pour le cinquième, l'ovale peut être fait de sorte que, sa base répondant au repli interdigital, sa pointe soit tournée en arrière et sur le bord cubital de la main .
Quelques chirurgiens coupent avec un sécateur la tête du métacarpien, pour que, la main offrant moins de largeur au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, l'absence d'un doigt soit moins apparente. Dupuytren faisait cette section
obliquement; mais il ne faut pas oublier que la force est ainsi sacrifiée à la beauté.
A . Main droite du chirur-
gien finissant l'incision ovalaire.
B. Main gauclie de l'opé-
raleur.