‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 1 sur 213 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Après avoir fait des cours de chirurgie opératoire pendant plus de dix ans, tant à l'école pratique qu'à l'amphithéâtre des hôpitaux, j'ai reconnu que peu de médecins seraient impropres au manuel des opérations , s'ils avaient les notions précises d'anatomie, sans lesquelles il ne peut y avoir pour un opérateur qu'erreur et incertitude.

Aussi, depuis longtemps déjà, ai-je pris l'habitude, dans mes leçons, d'indiquer aux élijj^^'^S^rapports importants de la région sur laquelle une.^ii^|ffiiion dSk être pratiquée.

Cette manière de faire ^(^ite beaucoup le manuel opératoire, c'est celle que j'adoraerai pour ce livre ; et comme les images sont plus facilemen|Licomprises que les mots , des figures accompagneront les desë^'ti'ôns qui pourraient manquer de clarté.

D'autres avant moi, dans jéurs cours et dans leurs ouvrages, ont rapproché l'anatomie et la "médecine opératoire, mais personne jusqu'ici^n'a mis Sous te yeux'dû lecteur une figure simple représentant*, non une/région tout entière, mais seulement les rapports les plus'indîspensables. :

Si, en donnant/d^J5nguës*d'escriptions anatomiques, on fatigue bientôt respr*irâ,e>£eux ^qqi -,ont beaucoup oublié, on s'expose également à produ,ix^ des. dessins trop compliqués, quand on représente tous les éléments anatomiques d'une région, comme s'il s'agissait d'enseigner l'anatomie topographique.

Les régions ne seront donc ni décrites ni représentées dans l'acception que les anatomistes donnent à ce mot; j'indiquerai seulement les parties absolument indispensables pour

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la pratique des opérations. De cette manière le chirurgien n'aura pas besoin d'une longue étude pour comprendre les figures, et fixant son esprit sur un petit nombre d'objets, il pourra plus facilement en garder le souvenir.

Ce sont surtout les temps les plus difficiles des opérations que j'ai tâché de reproduire par des gravures.

Je n'ai point pensé qu'un ouvrage destiné à l'enseignement du manuel chirurgical dût traiter de l'art du dentiste, de l'art du pédicure, de la saignée, des exutoires, etc.; tout cela est du ressort delà petite chirurgie, et ferait hors-d'œuvredans un livre qui ne doit servir à guider le chirurgien que dans la pratique des grandes opérations.

Je me suis efforcé de réduire le nombre des procédés, qui ajoutent aux difficultés de la chirurgie sans profit pour l'habileté de l'opérateur.

J'ai voulu cependant consigner dans ce livre tous les modes opératoires entre lesqu'ei's^^u^.phirurgien peut être appelé à choisir. Je n'ai repoussé queTtêïux qui, abandonnés par tous les opérateurs de nos jours, ne sont que du ressort de l'érudition pure. Mais j'engage les élè'ves à ne point chercher à tout apprendre en commençant, car j'ai la conviction qu'on ne peut devenir habile qu'en' fepélant souvent le même procédé avant d'en essayer un autre. Si l'on veut tout de suite comparer deux modes opératoires, le plus souvent on ne tarde pas à les confondre, et au bout de quelques jours on est tout surpris de son inhabileté. Il faut d'abord avoir un terme de comparaison bien connu, pour pouvoir juger des qualités et des défauts de ce qu'on lui oppose.

Je trouve juste qu'on désigne certaines opérations par le nom du chirurgien qui en a eu la .greîBièreidée; mais comme il est souvent difficile de se prononcer dans les questions de priorité, et comme, d'ailleurs, cette nomenclature est très fatigante pour l'esprit, je me suis attaché à ne désigner par des noms propres que les opérations qui, comme celles de C hop art et de Lisfranc, ont une notoriété trop bien établie pour qu'on songe à les débaptiser.

Si je trouve des imitateurs, la même opération n'étant plus désignée en France par un nom et en Angleterre par un autre,

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le langage de la chirurgie opératoire ne tardera pas à devenir intelligible pour tout le monde.

J'ai exprimé mon opinion dans V article Appréciation, qui termine la plupart des paragraphes, ne voulant point, à l'exemple de beaucoup de chirurgiens, désigner sous le nom de procédé de V auteur le mode opératoire auquel je donne la préférence. Les auteurs qui se servent de cette dénomination veulent dire qu'ils ont adopté le procédé, et non qu'ils l'ont inventé; puisque, le plus souvent, la même opération est décrite par deux personnes ditïérentes sous la désignation de procédé de l'auteur. Mais cette intention n'étant pas comprise par tout le monde, je crois qu'il est plus convenable de ne pas exposer le lecteur à ces sortes d'équivoques.

Ce livre n'est point une œuvre d'érudition , je me suis elforcé de le rendre élémentaire , en m'abstenant de toute discussion qui serait de nature à distraire l'esprit de la pratique même des opérations. J'ai pensé que pour remplir le but que je me suis proposé, il fallait d'abord savoir me borner, au risque de mécontenter le lecteur qui chercherait dans ce livre autre chose que des leçons d'amphithéâtre.

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