‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 69 sur 213 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

DES RÉSECTIONS.

ARTICLE P

On appelle résection une opération qui consiste à enlever une portion ou la totalité d'un ou de plusieurs os, en conservant le segment de membre qui fait suite aux os réséqués.

Le trépan est une espèce de résection que nous décrirons dans un chapitre particulier.

Les résections peuvent être pratiquées sur le milieu d'un os ou sur les extrémités articulaires; dans quelques cas, l'os tout entier est extirpé. On peut aussi être forcé d'enlever plusieurs os; c'est ce qui a lieu souvent pour la face, où l'os malaire et le maxillaire supérieur peuvent être enlevés en même temps.

Quand on fait la résection des parties articulaires, le danger est d'aillant moindre qu'on enlève une plus grande -étendue des surfaces recouvertes par la membrane synoviale; car l'inflammation de cette membrane est ce qu'il y a de plus grave dans une résection.

Les résections du membre inférieur ne sont utiles que lorsqu'on peut espérer que la solidité du membre sera conservée.

La résection d'une partie du membre supérieur est toujours préférable à une amputation.

DES RESECTIONS.

FiG. 117.

Quand on fait une résection sur un jeune sujet, on doit chercher à conserver les épiphyses. Dans plusieurs cas, j'ai pu ainsi enlever de grandes portions d'os nécrosés, sans entrer dans les articulations.

Les incisions doivent être faites du côté opposé aux vaisseaux et nerfs les plus importants ; elles doivent aussi être pratiquées le plus près possible de l'endroit où l'os cju'on veut réséquer est le plus rapproché de la peau.

La plupart des résections peuvent être faites au moyen d'une simple incision longitudinale. Dans ciuelques cas cependant on a besoin d'une incision en T, simple ou double.

Nous décrirons en particulier les opérations propres à chaque os ; mais il faut s'efforcer de ménager les muscles et leurs tendons, les vaisseaux et les nerfs.

On ne doit pas aussi perdre de vue que les résections auront un résultat d'autant plus heureux qu'on aura conservé une plus grande partie du périoste. Dans la nécrose, il est souvent très facile d'énucléer l'os de son enveloppe périostique; et, dans ces cas, on a vu celle-ci reproduire un os suffisant pour suppléer à l'absence de celui qui a été enlevé.

On a imaginé bien des scies pour pratiquer les résections : la scie à chaîne (dite aussi scie de Jeffray) est préférable à toutes les autres, quand la scie ordinaire ne peut pas être employée (fig. Il 7).

La sc?e de Heyne, heureusement modifiée par M. Charrière, est un instrument difficile à manier (fig. 'l I 8).

Il en est de même de celle de M. Martin (fig. U9) La figure 120 représente un appareil ingénieux imaginé par MM. Thompson et Charrière : il se compose d'une scie de Heyne modifiée, à laquelle s'adapte un trépan, de sorte qu'il peut servir à trépaner les os et à les scier.

Les sécateurs, et en particulier la pince de Liston (fig. 121),

sont préférables à la scie toutes les fois que l'os n'est pas volumineux, et surtout lorsqu'on craint d'ébranler une articulation et

FiG. M 8.

A. Manclic fixe à la scio.

\j. Manche servant de point

d'ap|)ui.

Page 1