DU SOLEIL
la même étoile : c^est ce qu'on appelle le mouvement propre du Soleil; mais ce n*est encore là qu'une apparence due à la course même de la Terre autour de cet astre ; transportée dans l'espace, comme les autres planètes, autour du globe qui réclaire, elle le voit successivement en face des diverses parties du ciel; c'est ainsi que, transportés par une voiture rapide, nous voyons passer un objet immobile devant les différents points de l'horizon , et il nous semble d'abord que cet objet lui-même se meut, si nous ne réfléchissons pas & notre propre déplacement.
Des trois mouvements qu'on attribue au Soleil , c'est-àdire le mouvement de rotation , le mouvemmt diurne et le mmeoem&nt propre^ il n'y en a donc qu'un seul de réel , c'est celui de rotation ; et nous pouvons considérer cet astre comme immobile au centre du système solaire. Peut-être cependant est -il emporté dans l'espace , avec toutes ses planètes , autour de quelque corps plus considérable , que nous ne connaissons pas. Des observations astronomiques attentives feraient croire que tout le système solaire, en effet, s'avance vers une autre région de l'Univers. Le Soleil aurait, dans ce cas, un second mouvement réel, celui de translation.
s. Taches du Soleil ; sa constitution.
Le disque du Soleil est parsemé de taches noirâtres, environnées d'une bordure moins foncée , et qui sont variables dans leur nombre, leur position et leur durée; on en a compté jusqu'à 50 à la fois; quelques-unes s'effacent tout à coup et de nouvelles se montrent; ordinairement, cependant , elles offrent assez de permanence et de durée pour qu'on puisse les distinguer les unes des autres , les voir traverser le disque solaire , disparaître d'un c6té et reparaître de l'autre au bout de 12 ou 13 jours, et c'est même au moyen de ces taches qu'on a reconnu le mouvement de
rotation du Soleil. La plupart sont d*ane immense étendue : quelques-unes ont trois ou quatre fols la grandeur de la sur&ce de la Terre. Elles offrent en général une partie centrale plus obscure qu'on appelle noyai», et autour de laquelle existe presque toujours une zone étendue d'une teinte moins sombre nommée pénombre. Près des grandes taches, on Toit souvent des raies plus lumineuses que le reste et qu'où ap* pelle facvies.
Les taches ne se montrent que dans une bande large de 60 degrés environ , divisée en deux parties presque ^ales par l'équateur solaire.
La partie du Soleil qui n'est pas occupée par les taches est parsemée de petits points lumineux nommés lucules , et d'uBfe infinité de petits points obscurs , qui éprouvent des changements perpétuels : on a comparé l'aspect général de ce fond du disque solaire à celui d'une chute continuelle de matières floconneuses , qui aurait lieu dans un fluide transparent et qu'on verrait d'en haut.
Quelques astronomes ont pris les taches pour des sommets de montagnes y ou des cratères de volcans d'où s'échappent, par intervalles, des torrents de laves; Herschelet plusieurs autres savants observateurs les considèrent comme des es* • pèces de vides qui se montrent à travers l'atmosphère du Soleil. Cet astre parait, en effet, composé de trois matières de nature très-différente : 1® la masse du globe, corps solide et noir : c'est le noyau, de l'astre; 2*> une atmosphère transparente et non lumineuse, enveloppant immédiate* ment le noyau ; S"" une couche de substance enflammée , qu'on a proposé d'appeler photosphère , formant la partie la plus externe du Soleil, et jouissant des propriétés éclairantes et vivifiantes. Au-dessus de la photosphère, s'élèvent les dernières couches, très-peu denses et ordinairement invisibles, de l'atmosphère générale ; une faible lueur ne révèle leur existence qu'au moment des éclipses de Soleil : on y voit comme des torrents de vapeurs, auxquels on a donné le