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On a nommé amphisciem les hommes qui, situés dans la zone torride, voient leur ombre, à midi, alternativement tournée vers le nord et vers le sud; — asdensy ceux qui, dans la même zone, ont, k midi, le Soleil au-dessus d'eux et ne projettent aucune ombre; — hétérosciens ^ les hommes placés dans les zones tempérées, et dont l'ombre est toujours tournée vers l'un des pôles, à midi; — périsdenSy ceux qui se trouvent dans les zones glaciales, et qui, à l'époque des grands jours, voient leur ombre projetée autour d'eux dans tous les sens , durant toute une révolution diurne de la Terre.
Il ne faut pas confondre avec ces termes ceux de piricd' cims et i^antœdens , dont voici l'explication : les périoeciens sont des peuples placés sous la même latitude dans le même hémisphère, mais sous des demi-méridiens opposés ; ils ont dans le même temps des heures apposéeSj mais des saisons semblables. Les antœciens sont ceux qui, placés sous le même méridien, et à des distances égales de l'équateur, mais l'un au nord et l'autre au sud, comptent les mimes hewres au même instant, mais ont des saisovis différentes. Les antipodes ont tout à la fois les heures et les saisons opposées.
s. Qinatf.
La lumière solaire est répartie, sur la surface du globe, de manière que chaque point a, dans l'année, six mois de jour et six mois de nuit, ou plutôt six mois pendant lesquels le Soleil se trouve au-dessus de l'horizoni et six mois pen-
4 . Voir, pour (es déyeloppements relatif! i la tcmpératare, nof ÉUmenu dé ^graphie physi^e, p. •? et WiT.
DISTRIBUT. DE LA CHALEUR fit DE LA LUMIÈRE, lii
dant lesquels il est au-*dessous de ce cercle. Mais ces six mois de jour et de nuit sont distribués par divisions de trèsdiverses durées, suivant la latitude, par suite de l'inclinaison de l'axe de la Terre sur son orbite : il est des points qui ont leurs six mois de jour consécutivement, puis leurs six mois de nuit ; d'autres qui ont tour k tour 12 heures de jour et 12 heures de nuit régulièrement; beaucoup enfin ont des jours grands ou courts et clés nuits longues ou de peu de durée, suivant les époques de l'année. De là, les divisions nommés climats, c'est-à-dire èchelks. Il ne faut pas confondre ces climats cosmographiques, relatifs aux plus longs jours et aux plus longues nuits, avec les climats physiques ou atmosphériques, qui sont simplement les diverses températures des différentes contrées du globe.
Pour bien comprendre les climats cosmogra^^iques, remarquons d'abord que la surface terrestre se partage à chaque instant en deux parties à peu près égales: Tune écZairee, l'autre obscwe* La limite qui les sépare est le grand cercle d'illumination ou d'insolation. L'équateur * est, toute Tannée, quelle que soit la saison , divisé par ce cercle en deux portions égales ; chacun de ses points a constamment douze heures de jour et douze heures de nuit. Cette égalité de jour et de nuit l'a fait appeler aussi ligne équinoxicUe.
Aux époques oti le Soleil est sur l'un ou l'autre tropique, le cercle d'illumination ne fait que toucher la circonférence des cercles polaires ; en sorte qu'une des zones glaciales se trouve alors entièrement dans la lumière, et l'autre tout à fait dans l'obscurité. En ce moment, on a, dans l'un des hémisphères, des jours de plus en plus longs à mesure qu'on s'avance vers le pôle; car le cercle d'illumination y laisse dans la lumière un espace de plus en plus étendu ; comme il s'arrête alors au cercle polaire, celui-ci demeure dans la lumière durant toute une révolution diurne de la Terre, et le joux y est de 24 heures ; mais dès le lendemain on y aura une nuit de quelques instants; à la même époque, on trou-
iiS COSMOGRAPHIE TERRESTRE.
verait, en s' avançant yersTéquateur, des points qui auraient dans leurs plus longs jours 23 heures, 22 heures, etc. On a partagé Tespace compris entre Téquateur et le cercle polaire en 24 climats de demi'hev/res ; chacun est renfermé entre deux parallèles écartés de telle sorte que le plus long jour, sous le parallèle le plus élevé, c'est-à-dire le plus près du p61e, a une demi-heure de plus que sous l'autre.
L'espace renfermé entre le cercle polaire et le pôle a été divisé en 6 climats de mois ; chacun a une largeur telle que, sous les parallèles qui le renferment, le plus long jour diffère d'un mois. Au pôle même, le jour dure six mois ; recherchons-en la cause exacte : à l'équinoxe de mars, quand le Soleil est sur l'équateur, le cercle d'illumination laisse autant de jour que de nuit à tous les points de la Terre^ et passe par les pôles, qui sont alors sur la limite du jour et de la nuit. Dès l'instant même qui suit cet équinoxe, le pôle boréal se trouve dans le jour; il y entre de plus en plus, et y reste jusqu'à ce que l'équinoxe de septembre ramène le cercle d'illumination dans la position oîi il se trouvait le 20 mars. Il est évident que ce pôle restera ensuite le même temps dans l'obscurité.
Examinons maintenant un point qui devrait avoir 5 mois de jour continu. Supposons un lieu placé au 84""* degré de latitude nord : il a, comme tout le reste de la Terre, égalité de jour et de nuit aux époques des équinoxes : le jour y est alors exactement de 1 2 heures ; mais, bientôt après l'équinoxe du printemps, le cercle d'illumination, s'inclinant peu à peu sur l'équateur, répartira diversement en ce lieu la lumière et l'obscurité ; le jour y deviendra de plus en plus long, et, quinze jours après l'équinoxe, ce point entrera enfin tout à fait dans la lumière, il en jouira continuellement pendant toute une révolution diurne de la Terre, puis pendant une seconde révolution, pendant une troisième et enfin tout le temps qui s'écoulera jusqu'au quinzième jour avant l'équinoxe d'automne; il recommencera dès lors à avoir des nuits,
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fort petites d'abord, mais qui bientôt redeviendront égales aux jours.
On expliquerait de la même manière les jours de 4, 3, 2 et 1 mois. A ces longs jours correspondent des époques de même durée pendant lesquelles le Soleil reste constamment sous Thorizon ; il faut remarquer cependant que les longues nuits de ces climats sont bien diminuées par la réfraction, très-considérable dans les régions polaires à cause d'une atmosphère brumeuse et dense, et par l'efiét crépusculaire, qui se fait sentir dès que le Soleil n'est pas à moins de 18 degrés au-dessous de l'horizon; or, cet astre reste longtemps, pour le pôle, au-dessus de cette limite.
Ajoutons que les clairs de Lune y sont longs et magnifiques : en efiet, la pleine Lune, étant toujours en opposition avec le Soleil , est constamment visible dans les lieux qu'il n'éclaire plus ; les pôles la voient donc pendant toute sa durée de chaque mois, dans leur long hiver; elle leur est ensuite invisible la moitié de l'année, quand le Soleil revient sur l'horizon.
Nous présenterons , dans le tableau suivant, la durée des plus longs jours et par conséquent des plus longues nuits dans les vingt-quatre climats de demi-heures, et les six climats de mois.
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COSMOGRAPHIE TEREESTRE.
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