LES SAISONS
Voici, pour Tannée 1866, les époques précises des éqninoxes et des solstices, c'est-à-dire des commencements des quatre saisons, et les durées correspondantes de ces périodes :
L*équinoxe du Printemps a eu lieu le 20 mars à 8^ 4" du soir,
temps moyen de Paris;
Le solstice d'Ëté le 21 Juin à 4 43 du soir;
L*équinoxe d'Automne le 23 septembre à 6 59 du matin;
Le solstice d'Hiver le 22 décembre, à 59 du mat Ji;
La durée du Printemps a donc été de 92 jours 20 beures 39 m.
CellederÉté 93 14 16
GeUe de TAutomne 89 18 10
Et celle de l'Hiver (1865-1866) ' 89 1 15
On voit, par les nombres qui précèdent, que le Soleil a séjourné dans l'hémisphère boréal pendant 186^1 Qu'Ob'", et dans rhémisphère austral seulement pendant 178il9^2s5'", ce qui fait une différence de 7il5*'dO'" eu faveur des saisons estivaleSr
Les saisons ne sont pas seulement les divisious naturelles de l'année astrouomique : on les considère aussi, et même le plus souvent, comme des périodes ayant des caractères distinctifs au point de vue de la température des diverses régions de la Terre.
Pour l'hémisphère boréal, l'hiver est regardé comme la saison des froids, Tété comme celle des chaleurs, l'automne et le printemps formant des périodes intermédiaires ou moyennes. U faut remarquer d'abord que l'inverse a lieu pour l'hémisphère austral, en tant du moins que les températures dépendent de Taclion exclusive et directe des rayons solaires. En ces régions de la Terre, c'est le printemps et l'été qui sont les saisons du froid, l'automne et l'hiver les saisons des grandes chaleurs. On se rendra aisément compte de l'opposition des saisons dans les deux hémisphères en étudiant les causes astronomiques des variations de la température.
1. Le solstice d'Hiver précédent ou de 1865 a eu lieu le 21 décembre à 6 heures 59 m. du soir.
Si Ton considère le globe terrestre dans sa totalité, la quantité de chaleur qu'il reçoit du Soleil ne dépend que de la distance des deux astres, et varie par conséquent avec elle. C'est donc au périhélie que cette chaleur reçue atteint son maximum, à l'aphélie qu'elle est la moindre possible; et si Ton calcule dans quel rapport varient les intensités, suivant la loi physique de la proportion inverse du carré des distan* cee, on trouve les nombres 1072 et 940 pour représenter les intensités respectives de la chaleur reçue par la Terre au !•' janvier et au 1« juillet.
Entre ces deux époques, la même quantité passe par toutes les valeurs comprises entre ces deux nombres, à mesure que changent les distances du Soleil à la Terre. Gomme le grand axe de l'orbite partage la courbe en deux parties égales parcourues dans le même temps par la Terre, il en résulte déjà que notre globe reçoit du Soleil des quantités de chaleur égales pendant chacune de ces moitiés de Tannée.
D'autre part, l'observation prouve que la température moyenne de la Terre est à peu près constante, qu'elle n'a pas varié d'une manière sensible depuis des milliers d'années. Il faut en conclure que notre globe perd chaque année, en la rayonnant dans l'espace, toute la chaleur qu'il reçoit du SoleU.
Les variations de distance ne suffiraient donc pas pour expliquer les grandes variations que subit la température d'un lieu donné aux diverses époques de Tannée, ni la distribution fort inégale du même élément aux différentes latitudes.
Deux causes principales déterminent l'intensité de la chaleur que le Soleil rayonne vers un point donné de la surface du globe, et d'où résulte la température moyenne d'un jour à une époque donnée. Ce sont, en premier lieu, la hauteur méridienne à laquelle le Soleil s'élève au-dessus de Thorizon ; en second lieu, la durée de la journée ou du temps que Tastre met à parcourir son arc diurne.
On démontre en physique que si une surface se trouve en présence d'une source de chaleur, Tîntensité de la chaleur incidente est d'autant plus considérable que la surface se présente moins obliquement aux rayons calorifiques. Ainsi, au