Prairial
Fructidor.
Dans les almanachs, on trouve ordinairement, outre la nomenclature des jours de chstque mois, divisés en semaines, les heures du lever, du coucher et du passage au méridien de la Lune et du Soleil, Tinstant précis des phases de la Lune, ainsi que les époques des équinoxes et des solstices, c'est-àdire des commencements des saisons astronomiques. L'Annuaire du Bureau des longitudes^ le recueil le plus complet après la Connaissance des temps, donne en outre de dix en dix jours, le lever, le coucher et le passage au méridien des planètes principales, la déclinaison du Soleil à midi moyen, et enfin Téquation du temps, c'est-k-dire l'heure du temps moyen à midi vrai.
La distribution des nombres de jours qui forment chaque mois est si bizarre, que bien des personnes se rappellent difficilement quels sont ceux qui se composent de 31 jours. De là, un moyen mnémonique que nous allons décrire, mais qui, conmie tous les procédés de ce genre, substitue à un travail de mémoire assez facile, une règle qui ne l'est pas davantage. La voici :
On ferme la main gauche, puis on porte l'index de la main droite, de la gauche vers la droite, sur les os saillants et sur les creux qui se trouvent à la naissance des doigts. On a ainsi
les sept premiers mois de Pannëe ; chaque saillie correspond à un mois de 31 jours. Revenant ensuite en sens inverse, en reprenant la dernière saillie, on nomme les cinq derniers mois, et ce sont encore les saillies qui correspondent aux mois de 31 jours.
Terminons ce que nous avons à dire du calendrier par l'explication de quelques termes qu'on trouve en tête des almanachs, et qui forment ce qu'on appelle le comput ecclé' siastique.
Si Ton multiplie la durée de la lunaison qui est de 29i.53, par 235, on trouve pour produit 6939J.55, qui équivaut k 19 années tropiques. Il résulte de là que, tous les 19 ans, les nouvelles lunes reviennent aux mêmes jours de l'année. Cette période est ce qu'on nomme le cycle lunaire^ qu'il ne faut pas confondre avec la période de Saros, laquelle est seulement de 223 lunaisons ou de 18 années 11 jours. Méton, astronome athénien, découvrit celte concordance en l'an 430 av. J. G. Ses compatriotes furent si émerveillés de la beauté de cette découverte, qu*ils en firent graver le calcul en lettres d'or. De là, la dénomination de Nombre d'or sous laquelle on la connaît encore aujourd'hui.
La première année du cycle est celle oh la nouvelle Lune tombe le 1"" janvier ; les suivantes sont marquées de la suite des nombres jusqu'à 19.
Ainsi Tannée 1867 a pour nombre d'or 6, parce que c'est la 6* année du cycle ; c'est donc en 1862 que la nouvelle Lune a eu lieu le premier janvier.
L'année 2 de notre ère avait I pour nombre d'or. De là, une règle simple pour avoir celui d'une année quelconque. Au millésime, ajoutez 1, divisez la somme par 19; le reste de la division sera le nombre d'or de l'apnée. Ainsi 186 7-{-l=:1868; 1868, divisé par 19, donne 6 pour reste.
Les nombres d'or servent à fixer les dates des fêtes ecclésiastiques.
L'épacte est le nombre qui indique l'âge de la Lune pour le l» janvier de chaque année. Il s'indique par des chiffres romains. Ainsi l'épacte de l'année 1867 est le nombre XXV*
Quand on connaît le nombre d'or d^une année, il est aisé d'en déterminer l'épacte. En effet, la nouvelle Lune ayant lieu le 1*' janvier de l'année qui commence le cycle lunaire, et la durée des lunaisons étant connue, il est facile de calculer le jour où doit avoir lieu la nouvelle lune de la treizième lunaison: c'est le 355* de la première année du cycle. La Lune sera donc à son !!• jour le 1*' janvier de l'année suivante, dont répacte sera XI. Partant de cette seconde année, on calculera de même l'épacte de la 3* et ainsi de suite. Le tableau suivant donne les épacles des 19 années qui composent le cyclo lunaire.
mbres d'or.
Épactes.
Nombres d'or.
Épactes.
Quand on connaît l'épacte d'une année, on peut du reste trouver par un calcul simple celle de Tannée suivante. Il suffit d'y ajouter le nombre 11. Si la somme est moindre que 30, elle indique l'épacte. Si elle surpasse 30, on retranche précisément le nombre 30, et le reste est l'épacte. II y a exception seulement pour la 19* année du cycle, à l'épacte de laquelle on ajoute 12; la somme est 30, et l'épacte suivantou *. Cette différence corrige précisément ce qu'il y a d'inexact dans l'hypothèse que 12 lunaisons font précisément 855 jours et que Tannée est de 365 jours seulement.
Bans les calendriers perpétuels ecclésiastiques, les sept premiers jours de Tannée sont marqués parles lettres ABC . p E F G, qui se reproduisent de la même façon tout le long idu calendrier pour les autres jours de Tannée.
Ces lettres n'indiquent pas les jours de la semaine auxquels elles correspondent, puisque ces jours varient d'une année
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à Pautre. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'on a donné le nom de lettre dominicale à celle de ces 7 lettres qui désigne le premier dimanche de janvier : une fois connue pour une année déterminée , la lettre dominicale fixe nécessairement les jours de le semaine qui correspondent k des dates successives du calendrier perpétuel.
Ainsi l'année 1866 a pour lettre dominicale G, parce que le premier dimanche de janvier 1866 a été le 7« jour de Tannée. Gomme dans 365 jours, il y a 52 semaines plus un jour, il est clair que si 1866 a commencé par un lundi, 1867 commence unmardi. La lettre dominicale de 1867 rétrogradera donc d'un rang; le premier dimanche de Tannée en sera le 6* jour: la lettre dominicale sera donc F.
Mais 1868, étant bissextile, aura 52 semaines plus 2 jours. La lettre dominicale rétrogradera de deux rangs, ce qu'on exprime en lui donnant les deux lettres précédentes ED; la lettre dominicale de 1869 sera donc G.
A Taide de cette hypothèse, il est facile, sur un calendrier perpétuel, construit comme nous venons de le dire, de déterminer à une date quelconque le jour de la semaine correspondante. Ainsi en 1867, toutes les dates marquées F sont des dimanches, tous les Q des lundis, les A des mardis, etc....
Aujourd'hui que les almanachs donnent les calendriers de chaque année avec précision, toutes ces règles ne sont plus d'aucun usage : elles sont véritablement surannées.
Vindietion romaine est une autre période de 15 ans usitée dans le calendrier ecclésiastique et qui ne peut avoir d'impor« tance que dans la chronologie.
Enfin le cycle solaire est une période de SB ans qui ramène les mêmes jours de la semaine aux mêmes jours du mois. Il n'a aucun rapport avec le cours du Soleil. Sa dénomination lui vient du dimanche qui était, nous Tavons vu, le jour du Soleil. Pour avoir lecyde solaire d'une année, on ajoute 9 au millésime, on divise par 28, le restedeladivisionestlecyclede Tannée; si le reste est 0, le cycle est 28. Ainsi 1867-(-9 donne 1876, qui, divisé par 88, donne pour reste. Donc 1867 a 21 pour qrole solaire.
Les années de deux cycles solaires ont nécessairement les mêmes lettres dominicales qui se saccèdent dans le même ordre
Telles sont les principales applications de l'astronomie à la mesure et à la division du temps. Les progrès de l'art de Top* ticien et ceux de l'horlogerie ont contribué à donner à cette mesure une perfection qu'il est difficile de dépasser. Mais il ne faut pas oublier que les phénomènes célestes sont les véritables régulateurs des instruments eux-mêmes, de sorte qu'on ne saurait dire lesquels ont le plus aidé à édifier le grand monument de l'astronomie moderne, de ceux qui ont travaillé è élaborer les théories, ou de ceux qui ont fourni à la pratique et aux observations les n oyens de les vérifier.
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