‹ Eléments de démographie par le Docteur Jacques BertillonChapitre 25 sur 58 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

LA MORTI- NATAUTÉ

des légitimes

étant 100

celle des

illégitimes

est

1. — Piys dans lesquels la recherche de la paternité est interdite:

France

Alsace-Lorraine

Belgique . . . .

Pays-lJas ....

♦Italie ....

* Ronmanie . .

II. — Pays dans lesquels la recherche de la paternité est permise:

* Suisse (1)

* Allemagne (1) . . .

•Prusse (1). . . .

* Saxe

*Tburinge . . . .

Bavière

Wurtemberg . .

♦ Bade

Autriche cisleithane.

Hongrie

Croatie-Slavonie . .

* Finlande

♦Suède

* Norvège

* Danemark

Massachusetts . . .

Vermont

Connecticut

Rhode-Island . . . .

(1) La recherche de la paternité est interdite dans quelques parties de ce pavs.

Nous marquons d'un astérisque les pays dans lesquels la définition omclelle du mort-né se rapproche de la définition médico-légale : enfant vielle (plus de six mois de vie intra-ulérine, ou 85 centimètres de long), mort sans avoir respiré.

Pour mieux mettre en évidence la différence de la mortinatalité des légitimes et de celle des illégitimes, nous avons fait le calcul suivant : la mortinatalité des légitimes étant 100, que devient celle des

illégitimes ? On voit ainsi qu'en France cette différence est plus grande que dans aucun des pays où la statistique des mort-nés est satisfaisante.

On a souvent discuté sur les causes de la grande mortinatalité des illégitimes. On a cherché notamment s*il fallait l'attribuera la misère où tombent généralement les filles-mères abandonnées, ou s'il fallait l'attribuer à des infanticides restés secrets.

L'étude des variations annuelles de la mortinatalité pendant les grandes calamités publiques (par exemple en Finlande pendant la famine de 1867-68), montre que la misère extrême a une forte influence sur la mortinatalité.

Les femmes pauvres qui viennent accoucher à l'hôpital présentent une mortinatalité considérable, soit qu'elles soient mariées, soit qu'elles ne le soient pas (1), et cependant l'infanticide n'est guère possible à l'hôpital.

J'ai recherché la mortinatalité selon l'âge du fœtus à Paris et dans quelques villes françaises et étrangères. J'ai trouvé que l'excès de la mortinatalité des illégitimes est dû surtout aux huit premiers mois de la grossesse, ce qui prouve que l'infanticide est hors de cause ; quant à l'avortement volontaire, les médecins légistes savent qu'il ne se produit guère que du troisième au sixième mois de la grossesse (Tardieu, etc.). Ces résultats semblent donc indiquer aussi que le crime n'est pas un facteur prépondérant de la mortinatalité illégitime. Voici les chiffres qui concernent Paris :

Tableau 27. — Sur 4000 fœtus de chaque âge et de chaque catégorie^ combien de mxyrt-nis (Paris, 1886-90).

masculins

féminins

ensemble

Légitimes

Illégitimes

Légitimes

Illégitimes

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