CHAP» II. UNUOW W G£T OUVRAGE
m réfoll6Q(. La ocaMisauicâ de pareilles vérités ou lois priinordia* les» et sealement de ces vérités (virtus cognùionis, suivant les ex<^ pressions de Vico)» est ce qu oo appelle une science (ci-des. d<'4).
26. De ces lois ou vérités une fois recooDues, rbomme déduit, soit dans Tordre physique, soit dans Tordre moral , uq enseigneneot, des conseils, des préceptes, des régies k mettre en applica* tîon pour en obtenir des résultats avantageais ou désirables, Uu tel corps de préceptes est ce qu on nomme un art,
37. Enfin, qnand Tbomme, dans Tactivitéde sa vie, arrive, biw on mal» î mettre le précepte en application, vous aves la ffûUque,
28. Science, art, pratique, voilà donc trois termes qu'il im« porte de dtstioguer soigneusemeqt hà science a pour base la raison; Tart, la mémoire, Tautorité; la pratique, 1 activité, la prudence* A Ici esaminer de prés, on reconnaît que la sciepce correspond à Tidée de philosophie et Tart à Tidée d*bistoire.
2d. Dans quelque ordre de connaissances ou d'activité humaine que Ton se place i on rencontre ces trois termes. Ainsi vous aves : les sciences des mathématiques, de la pbysiaue, de la chimie, de la médecine! puis, les arts mathématiques, les arts physiques, les arts chimiques, Tart médical; enfin la pratique de chacun de ces arts.
I^e droit ne fait pas exception à cette régie commune , et qous devons y distinguer avec soin :
L* La science du droite c'est*é-dire la connaissance des vérités ou lois de première création dans Tordre moral du juste et de Tinjuste, Cest ce que Ton nomme communément droit naturel, droit général, droit rationnel, ou, selon des expressions aujourd'hui pins à la mode , philosophie du droit;
^ Vart du droit , c'est-à-dire le corps de préceptes émanés de Tantorité, autrement dit Tensemble des lois positives; que Ton
Înalifie de droit positif, de législation positive, en prenant ce terme e législation dans Taoception qu il a communément, non pas de lois à faire, mais de lois déjà faites.
3* La pratique du droit j c'est-à-dire Tapplication, dans la conduite et dans les affaires de chaque jour, des préceptes de la législation, éclairés par les vérités de la science. C'est ce que nous UQmmexon% jurisprudence j ou sagesse, prudence dans la mise en action du droit, dans la solution, daus le règlement pratique des difficultés que fait naître cette mise eâ action (1). 30, A examiner cette gradation d'idées, oui ne voit : Que la pratique ne peut être bonne si elle ne s'appuie sur la
(1) On foU ^Qi août ne prénom psi le mot de juriipnideneedenileieiu pins étroit qn'oD doone Tnlgairement parmi noat i celte expresiioD, lortqa*on l'emploie ponr désigner uniquement une loite plui on moini loogne de déciiioni judiciaires rendues aénie sens, et ctractérisant ropinion adoptée sur oertains pointa par une
connaissance de l*art, expliqué et complété par les enseignements de la science?
Que Fart, ou le corps de préceptes, ne peut être bon s'il n*est fondé avec exactitude sur les vérités de la science?
Enfin, que la science ne donne toute son utilité et ne remplit sa véritable destination qu'autant qu'elle sert à créer, à perfectionner le précepte; à guider, à soutenir et à ennoblir la pratique?
De telle sorte qu'au lieu de dédaigner, de dénigrer l'une ou l'autre de ces parties , nous devons comprendre que leur réunion seule forme un tout complet et puissant, un tout qui réponde à cette destinée de l'homme , accomplir sa tâche et suivre sa route depuis la pensée jusqu'à l'activité.
31. Chaque matière, dans cet ouvrage, sera donc examinée dans cet ordre : d'abord suivant la science, source suprême et commune; ensuite suivant la législation positive et la jurisprudence.
32. La nature n'offre guère à l'étude de l'homme recherchant les vérités ou lois de première création que des produits complexes, des composés d'éléments divers. Cela est vrai dans l'ordre moral comme dans l'ordre physique. Or la raison humaine n'est pas assez puissante pour embrasser immédiatement tous les détails d'un cctoposé, et pour découvrir la loi de ce composé à l'inspection seule de son ensemble. Il faut qu'elle en sépare les éléments divers, qu'elle les étudie les uns après les autres, pour arriver ensuite à la connaissance du tout. Cette opération est celle de \ analyse; c'est la méthode des découvertes.
Hais l'esprit humain ne doit pas se contenter de cette décomposition, de cette étude à part des éléments divers; pour achever véritablement son œuvre , il faut qu'après avoir décomposé , il recompose; il faut qu'il reconstruise avec les éléments, une fois qu'ils lui sont connus, le tout que ces éléments doivent former. Cette opération de reconstruction est ce qu'on nommelh synthèse; elle complète la découverte de la loi ; elle sert de contrôle aux résultats de l'analyse et en résume le profit.
Une seule science physique, la chimie, offre pour ainsi dire le spectacle matériel de ces deux opérations successives; mais l'em-
f»loi de l'analyse et de la synthèse n'en est pas moins réclamé par es autres sciences.
33. Quelle est de ces deux méthodes celle qui doit être préférée? La question, comme on le voit, est bien mal posée, et les controverses exclusives en faveur de l'analyse ou de la synthèse bien mal venues. Le véritable procédé scientifique, la seule méthode com-
f>lète consiste à employer d'abord l'analyse pour découvrir, ensuite a synthèse pour reconstruite et démontrer. C'est ce que nous avons fait dans notre travail, et ce que nous continuerons à faire jusque dans ce traité élémentaire.
Toutefois, introduire le lecteur dans les détails mêmes de l'analyse, le faire assister pour ainsi dire à la découverte de la