CH. XV.) DU N. ET CELLE DU M. DE L'EUROPE
nord de l'Europe, mais qui, dans la partie méridionale de ce continent, ne se trouve que dans la craie.
Fig. 180.
Calcaire nutnmuliie ; Peyrehorade, Pyrénées.
a. Surface extérieure de l'un des nummulites, dont les sections lon-
gitudinales se votent dans le calcaire.
b. Section transversale de la même
D'après le grand nombre d'espèces et de genres de coquilles qui manquent actuellement dans nos mers septentrionales et qui sont très-fréquents dans la Méditerranée , nous ne devons pas être surpris, en suivant du nord au sud les dépôts de l'ancienne mer crétacée, de trouver des modifications semblables dans les formes organiques.
Bien que dans les Alpes, en Italie, en Grèce, et dans F Asie-Mineure, les roches crétacées diffèrent également du type qu'elles offrent dans le nord de l'Europe, leur âge, néanmoins, peut, dans la plupart de ces contrées, se déterminer d'une manière certaine, en partie par leur position au-dessous des couches tertiaires, et au-dessus <Jes strates oolithiques; et en
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partie par les observations quelles mettent à même de faire lorsqu'on les suit, comme il vient d'être dit, du nord au sud sans interruption.
Les recherches de MM. Boblaye et Virlet nous apprennent qu'en Morée le système crétacé se compose de calcaires compactes et lithographiques d'une grande puissance, ainsi que de calcaires granulaires mêlés de jaspe; et qu'en outre, dans quelques districts, tels que la Messénie, on rencontre un poudingue à ciment siliceux de plus de 1,600 pieds (500m environ) d'épaisseur, appartenant au même groupe (*).
La grande étendue du calcaire hippurite et nummulite prouve évidemment, observent ces géologues, que, lors de la période crétacée, le sud de l'Europe était occupé par une mer immense qui s'étendait depuis l'Océan Atlantique jusqu'en Asie, et comprenait la partie la plus méridionale de la France, l'Espagne, la Sicile, une partie de l'Italie, les Alpes autrichiennes, la Dalmatie, l'Albanie, une portion de la Syrie, les îles de la mer Egée, les côtes de la Thrace et la Troade.
A mesure, donc, que nous agrandissons la sphère de nos recherches, nous pouvons espérer trouver dans les strates d'une même époque, les contre-parties minéralogiques des roches, qui, dans un seul pays, tel que l'Angleterre, par exemple, peuvent caractériser différentes périodes successives. C'est ainsi que les grès, et l'argile schisteuse associée à la houille , des
*; Bull, de la Soc. Géol. de France, lomc ni, p. 149.
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Pyrénées, ont été confondus par d'habiles mineurs avec l'ancien groupe carbonifère de la France et de l'Angleterre ; et que la marne rouge crétacée et le sel de l'Espagne septentrionale ont été considérés comme étant les mômes que le- nouveau grès rouge et le grès salifère de l'Angleterre. Le calcaire lithographique de la Morée pourrait de môme être pris pour l'oolithe de Solenhofen en Allemagne.
En entendant citer ces faits, l'étudiant sera surpris, peut-être, de voir le mot crétacé appliqué aux roches de la région méridionale dans laquelle il n'y a point de craie. Mais le mot grès vert aurait été tout aussi mal approprié, comme nom général, à ce groupe ; et quant à celui de calcaire hippurite et nummulite, quoique convenant très-bien à la région méditerranéenne, il eût été tout-à-fait inapplicable à la craie du Nord. Or, comme on voit que plus s'étend le cercle de nos connaissances, et plus les désignations deviennent difficiles , le mieux que l'on puisse faire est de conserver à certaines roches leurs noms anciens, c'està-dire, les noms indiquant les caractères minéralogiques ou paléontologiques qu'elles présentent dans le pays où elles furent étudiées pour la première fois.