‹ Eléments de géologieChapitre 144 sur 205 · GROUPE WEALDIEN. (PART. II · texte numérisé non relu

GROUPE WEALDIEN. (PART. II

coraux, ni hérissons de mer, ni autres iestacés et zoophytes aussi caractéristiques de la craie qui repose au-dessus de la formation wealdienne, ou de l'oolithe qui est située au-idessous.

Les argiles du terrain deWeald offrent un très-grand nombre de coquilles deCypris, animal allié aux crustacés, et dont il a déjà été question (p. 73) comme se trouvant en très-grande abondance dans les lacset dans les étangs. Ces coquilles, disséminées dans les argiles, produisent quelquefois, à la manière des plaques de

Fig. 184.

Fig. 185.

Fig. 186.

Cypris

Spinigera ,

Fitton.

Cypris Valdensis, Fitton.

( C.faba. Min. Con. 485.)

Cypris tuberculata, Fitton.

mica, une mince lamination (voyez Fig. 187). Les cou- Fig. 187. ches tertiaires lacustres de l'Au-

vergne, ainsi que certains dépôts récents de marne coquillière, renferment des marnes cyprifères semblables.

Les poissons du terrain wealdien appartiennent, en partie, aux genres Pycnodus et Hybodus, formes communes au Weald et à TOolithe (voy . Fig. 225) ; mais de tous les débris de poissons que

ch. XVI.) FOSSILES. M)7

ce groupe renferme, ceux qui s'y trouvent le plus abondamment répandul, sont les dents et les écailles d'une certaine espèce de Lepidotus. La forme générale de ces poissons était celle du genre Carpe, bien que sous le rapport du caractère anatomique , ils différassent entièrement de ce genre , et ressemblassent bien davantage au brochet. Leur corps était revêtu en entier de grandes écailles rhomboldales très-épaisses, dont l'extérieur était couvert d'émail. On a supposé

Fig. 188.

Lepidotus Mantelli , Agass. Groupe Wealdieu. a. Palais el dents, b. Dents vues de profil, c. Écaille.

que la plupart des espèces de ce genre, n'étant pas conformées de manière à pouvoir nager avec une force suffisante pour pénétrer bien avant dans la mer, habitaient l'eau douce ou les côtes.

Parmi les restes de vertébrés, les plus remarquables appartiennent à des reptiles, tels entre autres que des tortues Trionyx et Émys, genres qui aujourd'hui habitent les eaux douces des régions intertropicales. Quant aux lézards Sauriens, on en

408 GROUPE WEALDIEX. (part, ii,

trouve au moins cinq genres : le Crocodile , le Plésiosaure , le Mégalosaure , l'Iguanodon et l'Hylœosaure. L'Iguanodon, dont les restes furent découverts pour la première fois par M. Mantell, était un reptile herbivore, considéré par Cuvier comme le plus extraordinaire de tous ceux qu'il connaissait. Les dents de cet animal , tout en ayant une très-grande analogie avec celles des Iguanes modernes, qui vivent aujourd'hui dans les forêts intertropicales de l'Amérique et des Indes Occidentales, offrent pourtant, à l'égard de ces dernières , plusieurs différences aussi frappantes qu'importantes (voyez Fig. 190) . Ces dents paraissent avoir été usées par la mastication ; tandis que les reptiles herbivores actuellement vivants , rongent les productions végétales dont ils se nourrissent, mais ne les mâchent pas. Leurs dents, lorsqu'elles sont usées, semblent avoir été dentelées ; elles ne présentent ja-

Deiiis d'Iguanodon.

Fig. 189. Fig. 190.

Couronne d'une dent d'adulte Dent d'un jeune animal se usée. Mantell. terminant par une pointe

aiguë. Mantell.

cil xvi.) PLANTES FOSSILES. 409

mais comme celles de riguanodon, une surface horizontale plate (voyez Fig. 189), et ressemblent aux molaires des mammifères herbivores. D'après la grosseur des os trouvés en très-grand nombre près de ces dents , et que tout porte à considérer comme ayant appartenu au même animal , on a calculé qu'il ne pouvait avoir moins de soixante et dix pieds (21m environ) de longueur^

M. Mantell a découvert dans le terrain Wealdien , les os de plusieurs oiseaux de Tordre des Gralles ou Échassiers, lesquels semblent offrir les plus anciens exemples authentiques de fossiles appartenant à cette classe j que jusqu'ici on ait trouvés dans la Grande Bretagne (*). Aucun squelette de quadrupède mammifère n'a encore été rencontré dans cette formation.

Les restes nombreux de végétaux que renferme le groupe Wealdien offrent plusieurs caractères d une flore tropicale, quelques-uns d'entre eux étant alliés aux genres vivants Cycas et Zamia (voyez Fig- 195), en même temps que certains autres ont beaucoup de rapport avec le grand Equiseta. Outre un grand nombre de fougères (voyez Fig. 192) , on trouve aussi, parmi ces restes fossiles, des Conifères, plantes alliées à l'Araucaria , et divers autres genres qui n'ont pu vivre que sous des climats chauds. (Voyez Fig. 191. )

Passage du terrain Wealdien au-dessous de la Craie. — Comme on a déjà vu que la craie et le grès

(*) Mantell, Proceedings Geo!. Soc, vol. u, p. 203.

MO

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