‹ Eléments de géologieChapitre 74 sur 205 · CD. VII.) LAVE · texte numérisé non relu

CD. VII.) LAVE

lave , une petite portion de lave scoriacée , formée soit par la première nappe mince de matière liquide, qui , assez ordinairement, précède le courant principal ; soit par le contact de l'eau que renferme le sol humide , ou de celle qui peut se rencontrer à sa surface.

Non-seulement les laves les plus compactes sont souvent porphyriques , mais la partie scoriacée ellemême contient quelquefois des cristaux imparfaits, qui , provenant de roches anciennes , dans lesquelles ils préexistaient , doivent à leur nature plus infusible que ces roches de n'avoir pas été fondus.

Bien que généralement on donne le nom de lave à toute matière en fusion qui s'élève dans un cratère, et à celle même qui pénètre dans les déchirures des parois d'un cratère, cette dénomination, à proprement parler, n'appartient à la matière fondue que lorsqu'elle a coulé soit en plein air, soit sur le lit d'un lac ou de la mer. Quand , au lieu d'atteindre la surface , cette matière ne fait que s'introduire, par voie d'injection, dans des fissures souterraines, elle prend le nom de trapp.

Les laves offrent dans leur composition toutes les variétés possibles : les unes sont trachy tiques, comme celles du Pic de Ténériflfe; beaucoup d'autres, telles que celles du Vésuve et de l'Auvergne , sont basaltiques ; d'autres encore sont Andésitiques, comme celles du Chili ; quelques-unes des laves les plus modernes du Vésuve consistent en pyrôxène vert; et une bonne

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partie de celles de l'Etna 'sont formées de pyroxène et de feldspath-labrador*.

Trapp-4uf> tuf volcanique. — C'est à la poussière des scories et des ponces , et à de petits fragments anguleux de ces mêmes substances, produits par les explosions volcanique», qu'est due l'origine des tufs, lesquels abondent dans toutes les régions qui renferment quelque volcan actif, là où des ondées de ces matières, mélangées avec de petits fragments d'autres roches vomis par le cratère , tombent sur le sol ou dans la mer. Lorsque c'est dans la mer que tombent ces matières, souvent elles s'y mêlent à des coquilles et se stratifient. Ces tufs sont quelquefois unis par un ciment calcaire, et forment une pierre susceptible* d'un très-beau poli. Soit qu'il n'entre que peu de chaux , soit qu'il n'en entre point du tout dans les matières qui composent les tufs ordinaires, elles n'en éprouvent pas moins une grande tendance à se lier ensemble. •

Outre la singularité de leur composition , quelques tufs, auxquels on a donné le nom de grès volcaniques, diffèrent des grès ordinaires par la forme anguleuse de leurs grains. Quand les fragments sont grossiers , la roche prend le nom de brèche volcanique. Les conglomérats tuffacés résultent d'un certain mélange de fragments roulés ou galets provenant de roches volca^ niques et autres, et de tuf.

(*) G. Rose, Ann. des Minefe, tome vin , p. 32

CU. vil.) ROCHES VOLCANIQUES. 183

Suivant M. Scrope, les géologues italiens n'appliquent le nom de tuf, ou tufa , qu'à des mélanges feldspathiques, composés en grande partie de ponce ; réservant le mot peperino pour désigner les tufs basaltiques*.

On rencontre quelquefois , entremêlés avec des couches fossilifères , certains lits de matières volcani- . ques extrêmement compactes, et ressemblant beaucoup aux trapps qui se trouvent occasionnellement dans les dykes. Malgré leur densité et leur compacité, ces matières, quelquefois, peuvent être des tufs. La boue de couleur chocolat, qu'en 1831, rejeta durant plusieurs semaines le cratère de 111e deGraham , dans la Méditerranée, dut originairement, et dans son état de pureté le plus parfait, constituer une pierre plus dure que le granit. On a trouvé que chaque pouce cube de la poudre impalpable que lors de quelques éruptions modernes on a vue tomber pendant des jours entiers , accusait , étant pesé sans avoir subi aucune pression préalable» une pesanteur égale à celle des roches de trapp ordinaires, dont la composition minéralogique est souvent identique.

La fusibilité des roches ignées surpasse , en général V celle des autres roches, et cela, en raison de la grande quantité de matière alcaline et de chaux qui entre dans leur composition, et sert de fondant à la proportion considérable de silice qu'elles renferment,

(") Gcol. Trans , vol. u, p. 2if. Second séries.

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