CH IX
VKIXKS GRAKITIQUES.
Fig. 117.
Veines de granit traversant te grht'sle amphibolique. Carnsilver fVr, Cornouailles
veines qui en jaillissent sont d'une texture à grains fins , et ne contiennent point de ces grapds cristaux.
La hauteur générale des veines est de seize à vin^t pieds (5 à 6m environ), mais quelques-unes ont beaucoup plus.
Non loin du Mont-Blanc, dans la vallée de Valorsine, en Suisse, un granit ordinaire, consistant en feldspath, en quartz et en mica, envoie des filons dans un gneiss talqueux (ou protogyne stratifiée); de plus, en quelques endroits jaillissent des veines principales, et perpendiculairement à ces veines, des ramifications latérales (voyez Fig. 118); les veines, surtout les plus petites, sont d'un grain plus fin que la masse.
Ici, Ton observe que le schiste et le granit semblent , en se rapprochant , exercer une influence réciproque
2ïï VEINES GRANITIQUES. (part.'ï,
l'un sur l'autre ; car tous deux subissent , dans leur caractère minéralogique , une certaine modification.
Fig. 118.
Veincs.de granit dans le gneiss ta/ queux. (L. A. Necktr )
Le granit, tout en restant non stratifié , se charge de particules vertes; et le gneiss talqueux , sans perdre sa stratification , prend une structure granitoïde (*) . Le professeur Keilhau attira mon attention sur plusieurs localités des environs de Christiania , où le caractère minéralogique du gneiss semble avoir été altéré par un granit d'une origine beaucoup plus récente , jusqu'à quelque distance de son point de contact avec ce même granit. Le gneiss , sans avoir perdu sa structure feuilletée,' paraît s'être chargé d'une grande quantité de feldspath , d'une couleur plus rouge que celle qui, d'ordinaire, caractérise le gneiss de Norwége.
(*) Necker, sur la Val. de Valorsinc, Mém. de la Soc. de Pays, de Genève , 1828. — En 1832, j'ai visité le lieu auquel se rapporte la Fig. 118.
en. IX.) MET. OBS. BANS LE VOIS. DU GBAXIT. '2\h
Le granit, lasyénite, les porphyres à structure granitoïde, et, en un mot, toutes les roches plutoniques , contiennent souvent des métaux, à leur point de contact avec les formations stratifiées, ou dans le voisinage de ce point. D'un autre côté, les filons qui traversent des roches stratifiées, étant, en général, plus métallifères près de leur jonction avec ces roches qu'en toute autre partie, on en a conclu que ces métaux pouvaient avoir été répandus sous forme gazeuse dans la masse en fusion, et que le contact d'une autre roche à un état de température différent, ou, parfois, l'existence de quelques fentes dahs d'autres roches voisines, avait pu en déterminer la sublimation (*).
Il est plusieurs exemples où, comme à Markerud, près de Christiania , en Norwége, la direction des lits n'a, par suite de la pénétration du granit, tant en masses considérables qu'en filons, éprouvé sur un très-grand espace aucune altération. Bien que ce fait ait été considéré par quelques géologues comme une preuve contraire à laf théorie de l'injection forcée du granit à l'état fluide, on ne peut, toutefois, l'admettre comme tel , positivement , puisque les dykesde trapp dont la fluidité originelle est presque généralement reconnue aujourd'hui , traversent, dans le voisinage de Christiania, les mêmes couches fossilifères, sans en altérer le moins du monde ni la direction ni l'inclinaison (**).
(•) Necker, Proceedings of Geol. Soc, n° 26, p. 392. (") Voyez Keilhau's Gaa Norvegica; Christiania, 4838.