GROUPE. -^ Terrain basaltique
575. Le caractère le plus marqué du terrain basaltique, c'est d'être principalement composé de basalte, accompagné quelquefois d'autres roches pyroxéniques, telles que de la dolérite,delapépérine, de la vake, etc. Il forme ordinairement des culots ou élévations coniques qui percent au milieu des autres terrains, et qui sont composées d'un assemblage de prismes de basaltes; il se trouve aussi en dykes, en couches, en amas et en coulées.
«I «inictiire.
576. Le terrain basaltique recouvre raremeut une grande étendue à lui seul , mais il est presque toujours intercalé dans les autres terrains en masses plus ou moins puissantes. Les couches et les amas forment souvenl le somlmet de plateaux, terminés par des flancs escarpés. Ces couches ou ces amas tiennent quelquefois à un culot dont elles composent le sommet, de sorte que l'ensem* ble de la masse ressemble à un champignon dont le culot serait le pied , et l'amas superficiel le chapeau. Mais c'est surtout par leur tendance à se subdiviser en prismes réguliers , que les dépôts basaltiques se font remarquer; et leurs escarpements, formés d'innombrables colonnes rangées symétriquement les unes à côté des autres, pn>duisent quelquefois des effets qui , tout en donnant l'idée de moniunents d'architecture, sur« passent en magnificence tous les travaux des hoDunes.
Les dykes basaltiques ressemblent souvent à des bancs subordonnés; aussi n'est-ce quelquefois qu'avec beaucoup de peine que l'on reconnaît qu'ils croisent les couches dans lesquelles ils sont intercalés. Ces dykes sont souvent désignés par le nom de Chaussée des géants y parce que le basalte, plus résistant que les roches environnantes, se présente comme des espèces de murs ou de chaussées.
577. Le terrain basaltique, considéré sous le compoMii».. rapport de la texture des roches qui le composent, peut être divisé en deux systèmes : celui des roches massives et cristallines, et celui des roches conglomérées et meubles.
5oO OÉOGNOSIfi.
RociieiMttiYt 578. Les premières sont les plus abondantes, et composent ordinairement les culots et les dykes. Le basalte, qui en est la roche principale, est, comme nous venons de le dire, communément divisé en prismes; mais il forme aussi des masses d'une étendue considérable, entièrement cohérentes; d'autres fois il se divise &i tables ou feuillets assez minces pour que Ton puisse remployer à couvrir les toits. Le basalte renferme ordinairement des cristaux de diverses substances, surtout de péridot, minéral que Ton a souvent considéré comme caractérisant le terrain basaltique, et comme donnant un moyen de le distinguer des terrains porphyriques, trachytiques et volcaniques.
Le basalte passe quelquefois à la dolérite, cestà-dire à une roche cristalline, composée de pyroxène et de felspath, laquelle ne diffère prolNiblement du basalte que parce que les éléments qui constituent celui-ci, ont pu prendre la texture cristalline.
U parait que le basalte passe aussi au spilite; cependant il serait possible que les spilites rapportés au terrain basaltique appartinssent plutôt au terrain porphyrique noir.
On cite aussi , comme entrant encore dans la composition du terrain basaltique, plusieurs roches felspathiques et albitiques , telles que le trachyte, la perlite, l'obsidienne, le phonolîte, la téphrine, etc.; mais ces &its ne sont pas bien constatés, vu la grande liaison qui existe entre ce groupe et les terrains trachytiques et volcaniques.
TERRAIN BASALTIQUE. 5oi
57g. Les roches meubles et conglomërëes* du rocIk. ««». terrain basaltique forment ordinairement des '^'*^ couches ou des amas superficiels autour des collines basaltiques , et sont rarement en dykes; elles se composent principalement de pépërine, de vake et de fragments de basalte, soit conglomérés à la manière des brèches, soit libres.
Ces derniers affectent toutes sortes de formes, et notamment celles de boules. Us ont souvent une texture celluleuse , et ressemblent à des scories de fourneaux, d'où on les a appelés basalte scoriacé; ce sont souvent des fragments de ce genre qui composent le basalte bréchiforme, lequel passe et se lie intimement au basalte massif; car, lorsque celui-ci est traversé par de nombreuses fissures, il est souvent difficile de le distinguer de celui-là. La pépérine est aussi ordinairement bréchiforme, d'autres fois elle est meuble, sa couleur est souvent le brun-jaunâtre; tandis que les pépérines volcaniques sont plus communément grisâtres, noirâtres ou rougeâtres. Elle parait n'être quelquefois qu un basalte altéré et passe à la vake.
58o. Le terrain basaltique se trouve en rela- »rf«»iov .»«
X In terrain* grJi-
tien avec presque tous les terrains qui composent ^^"^ •* ^*' l'éc^rce du globe. Nous venons déjà d'indiquer ses liaisons avec les groupes qui l'avoisinent dans Tordre de notre tableau de classification, c'est>Àdire avec les terrains porphyrique, trachy tique et volcanique. Nous allons passer successivement^ en revue celles avec les autres groupes.
Le terrain basaltique se trouve souvent dans
5o2 GéOGNOSIE.
le terrain granitique, où il se présente, soit en culots, soit en dykes, soit en amas superficiels; on peut citer, entre autres, l'Auvergne, la Saxe, la Bohème, comme exemples de ce mode de gisemeni Ces mêmes contrées présentent aussi les mêmes relations entre le terrain basaltique, le gneisse et le micaschiste. U est possible que le terrain basaltique ait des relations du même genre avec les autres systèmes du terrain talqueux ; mais nous ne pourrions cependant citer d'exemple de basalte bien caractérisé dans le ^téaschiste.
Reiatio. «'M 58i.L'intercalation du terrain basaltique dans domrr et fp- Ics tcrralus ardoisier et ànthraxifère est tres-fr&>
|hrasi|irr,
quente, et nous pouvons notamment citer, comme exemples, l'Eifel et le Westerwald, où l'on voit très-souvent les cônes basaltiques s'élever au milieu des roches ardoisièreç et anthraxîfères. Les enfoncements des vallées y font voir que des basaltes qui ne se présentent à la surface des plateaux que comme une espèce de tache, sont le sommet d'un cône puissant dont la profondeur est inconnue , et sur lequel s'appuient les roches ardoisières et anthraxifères.
ReLiioo 58a. Le terrain basaltique se trouve également ko.iiicr.etm. ddus Ic tcrraiu houiller, ainsi que dans tous les groupes ammoneens, et les exemples de ces faits sont si fréquents qu'il serait inutile d'en citer: cependant nous indiquerons le Vivarais comme « une espèce de terre classique de l'étude des basaltes , et comme une des contrées où cette roche paraît le mieux prendre la forme de coulées qui
TERRAIN BASALTIQUE. 5o3
s^étendent dans des vallées enfonoées dans le calcaire ammonëen; tel est le gtte de Montpezat, décrit par M. Beudant^, A la yérite, ces coulées basaltiques différent par leur mode de gisement de la plupart des basaltes ordinaires, de sorte que Ton est quelquefois tenté de les rapporter au ter^ raiû volcanique j mais, d'un autre côté, la roche qui les compose x^semble tellement aux autres basaltes, qu'il parait difficile de les en séparer gëognostiquement