de la période
plus nous remontons dans les temps anciens , mOfie^ plus il est difficile de reconnaître les traces des soulèvements que nous supposons avoir donné naissance aux principaux traits de la configura^ tion actuelle de notre ^obe, et les difficultés que ce genre de recherches nous a déjà présentées pour la période anunonéenne » sembleraient an-* nonoer qu'il £siut renoncer à l'appliquer à la période hémilysienne. Cependant, voulant &ire connaître lensemble des idées du savant géologiste qui a donné tant d'importance à cette branche de la science, nous dirons que M. Élie de Beaumont place dans notre période hémilysienne ses deux premières évolutions. L'une, qui aurait agi vers l'époque de la formation du terrain anthraxifère , aurait donné naissance à . des accidents que M. de Beaumont appelle ^^-' ième des ballons des Vosges et des collines du bocage du Calvados, parce qu'il lui attribue le soulèvement d'une partie des Vosges, notamment de deux cônes accolés l'un à l'autre, que l'on appelle ballon d'Alsace et ballon de Comté, ainsi que celui d'une partie des collines du bocage de la Basse-Normandie, également dirigées de l'ouest y( nord-ouest à l'est % sud-est. Enfin, la première révolution aurait relevé les couches du West- Moreland et du Hundsrûck, dirigées du nordest % est au sud-ouesl )^ ouest, et qui auraient subi cette action avant la formation du terrain anthraxifère.
L'existence de soulèvements antérieurs à la
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formation du terrain houiller, noua paraît un fait qui ne peut, être contesté; car, outre que toutes les considérations théoriques se réunissent pour faire admettre ce fait, plusieurs géologïstes rapportent que l'on voit des dépôts houiUers reposer en couches horizontales sur les tranches d'un terrain plus ancien. Mais n'y aurait-il eu que deux révolutions pendant la période hémilysienne? c'est là une opinion que nos idées théoriques ne nous permettentpas d'adopter, quoique, dans l'état actuel de la science, nous ne sotods pas à même de démontrer le contraire.
i« 753. Nous nous bornerons donc à examiner si nous pourrons nous lormer une opinion sur 1 âge relatif des divers groupes hémilysiens : mais cette recherche elle-même nous présentera beaucoup de difficultés; car, plus nous avançons dans la série des terrains, plus nous perdons les jalons qui nous ont servi de guide dans l'examen des terrains plus nouveaux. En effet, ce que nous avons dit des soidèvements successif éprouvés par l'écorce du globe et de la position des terrains primordiaux placés ordinairement sur leur tranche, fait sentir que les superpositions sont tout-à-feit insignifiantes parmi ces terrains qui, simplement relevés par un premier soulèvement, peuvent avoir été renversés en sens contraire par une seconde l'évolution, puis relevés par une troisième, et ainsi de suite, de sorte que les superpositions sont généralement dans le cas de nous égarer plutôt que de nous éclaira'. Quant à l'étude des corps organisés, ce guide nous man-
que tout-a-fait pour le dernier groupe, et ce que nous connaissons des fossiles des terrains anthraxifère et ardoisier, suffit bien pour nous indiquer un ordre de choses plus ancien que ceux des terrains secondaires, mais nous donne peu de notions sur l'âge relatif de ces terrains. Nous ne pouvons même mettre les corps organises du terrain houiller, presque entièrement composé de débris de végétaux, en comparaison avec ceux du terrain anthraxifère , presque entièrement composé de débris d animaux , et pour ce qui est des fossiles du terrain ardoisier, ils sont encore si peu connus, et ceux que l'on a observés diffèrent si peu de ceux du teiTain anthraxifère, que nous ne pouvons, jusqu'à présent, en tirer aucune conséquence sur l'âge relatif de ces groupes. Aussi avons-nous déjà fait remarquer (49^) qu'il serait possible que la division que nous avons établie dans les terrains hémilysiens fût plutôt' déterminée par des rapports minéralogiques que par de véritables époques de formation ; opinion à l'appui de laquelle on peut invoquer quelques observations faites dans ces derniers temps ; telle est celle de M. Y ea ver , qui croit avoir reconnu en Irlande, au-dessous du mountcdn limes tone, ou calcaire anthraxifère de notre méthode , un terrain houiller très-bien caractérisé; tels sont aussi plusieurs dépots de calcaire semblable au calcaire anthraxifère, et qui paraissent intercalés dans le terrain ardoisier; telle est enfin la ressemblance qui existe entre le terrain talqueux et les roches de la Tarenuise, que M. Élie
070 GEOGEniE.
de Beaumont considère comme iaisaat partie it nos terrains ammonéens.
754- Cependant la division que nous an»» adoptée est conforme, sauf les dénominatiou, k la plupart de celles que les avtenrs donnent comaie correspondantes à des époques chronologiqnes, et nous pensons qu'il y a eHecÙTement de puissants moti& pour croire qu'au moins les priaâpaux systèmes qui composent nos quatre groupes hémilysiehs , ont été formés dans Tordre que nous avons indiqué. Cette opinion se trouve appuyée, en ce qui concerne le terrain houiller, par ses liaisons avec le terraiu pénéen, et par des observations directes qui ont été &cilitées par les travaux d'exploitation. Le terrain anthraxiËre doit être mis à la suite du terrain houiller, à cause de ses nombreuses liaisons avec ce deroier; et le terraiu ardoisier paraît pouvoir être jJacé en troisième ligne, parce qu'on le voit fi^équemmeot se lier, de la manière la plus intime, avec îes terrains anthraxifère et talqueux, tandis qu'il pantt être ordinairement séparé du terrain houiller par le.tenrain anthraxifère. Une autre considération, qui conduit aussi au même résultat, c'est que les corps organisés sont beaucoup plus rares dans le terrain .ardoisier que dans les deux autres groupes, d'où l'on pourrait supposer que les êtres vivants commençaient seulement à paraître à la sur&ce de la terre, lors de la ftmnation de ce lerrainj mais on doit éviter de mettre trc^ d'importance à cette considération, car l'étude de U géognosie nous a fait connaître que les débris
d^étres vivants sont, pour ainsi dire, cantonnés dans l'écorce du globe, et que certains systèmes de roches fbi'més dans les eaux long -temps après Tapparicion des êtres vivants, ne présentent pas de débris de ces êtres , et que cette circbnstance a principalement lieu pour les roches de nature siliceuse, comme si les êtres organisés n'avaient pu vivre dans les eaux qui déposaient de la silice. Or, il est à remarquer que la silice forme aussi le principe dominant du terrain ardoisier.
Enfin, nous sommes conduit à voir dans le terrain talqueux le dernier terme de la série neptunienne, tant parce qu'il parait ne pas renfermer de corps organisés, que parce qu'il est de tous nos groupes neptuniens celui qui ressemble le plus au terrain granitique, que l'on est dans l'habitude de considérer comme la base sur laquelle reposent tous les terrains neptuniens. Mais, pour apprécier les conséquences que Ton peut tirer de cette considération, il est nécessaire que nous quittions la marche que nous avons suivie jusqu'à présent, et qu'au lieu de nous borner à remonter successivement des phénomènes qui se passent actuellement à ceux qui ont du se passer anciennement, nous arrivions brusquement à l'état primitif du globe, pour examiner ce qui a dû se passer à cette époque reculée.
755. On a pu remarquer, par ce que nou9Éut|iri»iir4« avons dit des observations faites sur la tempe- *'' rature intérieure de l'écorce de la terre, ainsi que des recherches faites pour expliquer les causes * des volcans, des tremblements de terre, du dé-
luge, de la formation des montagnes et de l'origine des roches, que ^ous btoqs été condoii à supposer que non-seulement l'inténear du globe est à l'état de fluidité ignée, mais que son éaxa solide a aussi été fluide,et tend encore à s'épaissir par suite du refroidissement D'un autre côté, le calcul a prouvé aux astronomes que notre planète a précisément la forme qu'elle aurait dû prendre si elle avait été fluide. De sorte que deux ordres de considérations, tout-à-&it difierentes, nous conduisent à supposer que notre planète a été à l'état de fluidité.
Or, c'est là le terme où nous devons nous arrêter; car, outre que les recherches sur l'origine des astres nous semblent hors du domaine de U géologie, nous avons déjà eu l'occasion de faire connaître (^^st. 79), que l'on ne pouvait former sur cette question que des hypothèses qui ne s'appuient sur auctm fait positif Tfous devons, ea conséquence, nous borner à examiner jusqu'i quel point on peut faire concorder ce qui a dû se passa? dans une semblable masse fluide avec l'état des choses que l'étude géographique et géognostique du globe nous a montré rfM 756. On sent, d'après ce que nous connaissons "^des lois de la chaleur, qu'aussitôt qu'aura cessé la cause qui avait pu donner aux matières qui composent notre globe une tempà^ture si difierente de celle des espaces planétaires, la partie extérieure de ce ^obe aura tendn à ae refroidir, et qu'un des premiers effets de cette diminution de chaleiu- a dû être la coagtdation d'une croule
matières plus fJi&iides de la sur&ce du giobe , des phéaomènes tJiiimqaes qui ont dû lancer dans l'atmosplière de nouveaux gaz, et, quoique ce phéooinène ait dû diminuer d'intensité aussitôt que le globe aura été entouré d'une écorce solide, on sent qu'il aura encore dû continuer à avoir beaucoup d'éaei^e pendant tout le temps que cette écorce a conservé une température élevée, puisqu'il a- même encore lieu, nos phénomènes météorologiques étant quelquefois accompagnés de la précipitation de matières solides.
758. En troisième lieu, aiissîtôt que le refroidissement de la surÊtce du globe a été suffisant pour qu'il y demeurât de l'eau, un nouveau mode de formation sera venu se joindre aux autres, c'est celui des précipitations et des cristallisations chimiques par ta 'voie humide, et on conçoit tonte l'énergie avec laquelle ces phénomènes devaient s'opérer , quand on fait attention à la haute température dont ce liquide était doué, et à toutes les substances gazeuses avec lesquelles il était en contact.
759. Eoân, la théorie que nous avons adoptée pour expliquer les phénomènes volcaniques et l'origine des montagnes, nous a conduit à admettre un quatrième mode de formation, qui n'a pas dû tarder long-temps, après la consolidation de l'écorce : c'est i'éjaculation ou la poussée en dehors d'une portion du liquide intà'ieur.
I 760. Du reste, ces quatre modes de formations n'ont pas dû produire, dans les premiers temps, des matières aussi dilTéreotes les unes des
fusioa dont on a laissé éteindre le feu ou dans un vase rempli d'eau que Ton a exposé à l'actioQ de la gelée; car, indépendamment de beaucoup d'autres circonstances, une cause à peu près insensible pour nos petits réserroirs, a dû occasioner, lors du refroidissement de TenTeJoppe extérieure du globe , des effets puissants en ce qui concerne la nature et la structure de cette enreloppe. Cette cause est l'action d'une atmosphère dans laquelle il devait se passer des phénomènes bien plus énergiques que ceux qui se passent dans la nôtre; et cependant la seule action de nos vents suffit souvent pour rompre les glaces qui se forment sur un amas d'eau, pour faire refouler ces glaces dans diverses directions, les accumuler les unes sur les autres, et élever des espèces de montagnes formées de glaçons disposés dans tous les sens. On conçoit donc qae les mouvements extérieurs de Tatmosplière ont dû rompre les premières croûtes qui se formaient à la surface de la masse liquide du globe, que ces fi*agments solides, nageant dans la masse liquide, se seront mélangés avec cette masse, y seront même quelquefois repassés, en tout ou en partie , à l'état liquide , et d'autres fois se seront amoncelés les uns sur les autres, en se plaçant aussi bien sur leurs tranches que sur leur plat, de manière à former à la sur&ce du ^obe des inégalités et des aspérités plus ou moins sensibles. ' On sent encore que les premières précipitations atmosphériques , ayant dû être accompagnées de pluies violentes , ne devaient pas différer beau-
PHÉNOMÈNES ANTÉPILUYIENS. 683
coup de celles qui se sont faites^ quelque temps après , au milieu des eaux
On conçoit enfin que, quand la croûte aura acquis assez de solidité pour ne plus se laisser rompre par les . phénomènes météoriques , les contractions résultant du refroidissement et du dessèchement auront produit des fentes qui auront mis au jour des parties liquides ou molles de l'intérieur, qui ne devaient pas différer beaucoup de celles qui avaient formé les premières assises de l'écorce, puisqu'elles provenaient à peu près des mêmes profondeurs, qu'elles n'avaient pas été dans le cas d'être modifiées par un long trajet, et que la consolidation des unes et des autres s'était £iite sous des températures peu dif férentes.
761. Cet exposé théorique de la manière dont AppiiMU»*, les premières parties de la croûte solide de notre «« >«»»« oi». globe ont du se former, doit, en quelque £Bkçon, nous faire désespérer de pouvoir jamais déterminer, d'une manière positive, quels sont les systèmes de roches qui doivent leur origine à chacun de ces modes de formation en particulier, et se trouve d'ailleurs parfaitement d'accord avec la confusion que l'étude géognostique des terrains nous y a fait reconnaître. Cependant la structure non stratifiée et la texture cristalline du terrain granitique nous portent à y voir les résultats des premières coagulations ; d'un autre côté, la stratification du terrain talqueux, la liaison et la ressemblance de quelques-uns de ses membres avec le terrain granitique, ainsi
qne l'absence des corps or^nisés , nous font voir dans ce groupe les résultats des premières précipitations, et surtout des précipitations atmosphériqties; tandis que la préseuce de qudqfues corps organisés marins dans le terrain ardoisier, et sa liaison intime avec le terrain talqueux, nous y montrent les résidtats des précipiutiom qui se sont formées dans des eaux habitées par les premiers êtres Tivants.
On sentira que, dans cette manière de roir, on explique assez aisânent plusieurs circonstances qui pourraient paraUre difficiles à conoeroir, lorsque l'on ne fait attention qu'à la difië* rence qu'il y a entre les produits qui se font maintenant par la voie aqueuse et par la voie ignéa Telle est, par exem[âe, la grande ressemblance et la liaison intime qui existe entre le gneisse et le granité, puisque nous arons tu que les premiers eflets de la coagulation et les premiers effets de la précipitation devaient domier des résultais bien peu différents. On concevra de même te mélange et la liaison de ces systèmes de roches par les fractures qui auront fait nager des masses de gneisse, de micaschiste et d'autres roches talqueuses, encore molles, dans des pâtes destinées à devenir du granité en se refroidi^nt. La diversité et le mélange des roches du terrain talqueux, leur ressemblance avec celles qui composent les terrains agalysiens et la présence presque générale de la magnésie dans ces roches, sont, en quelque manière, des conséquences de leur formation par voie de précipitation, oc-
sation et du refroidissement, qu'ils n'auraient pu prendre, d'une manière aussi générale, la texture granitoïde qui les caractérise; tandis que cette texture est un résultat naturel d'un refroidissement aussi lent que celui qui a dû se faire lors de la premià« coagulation de la croûte. On conçoit paiement que, si les granités avaient encore consenré un certain état de mollesse lorsqu'ils ont été soulevés, ils pouvaient, sans perdre leur texture granitoïde, être mis à découvert par le glissement des dépôts supérieurs, être rejetég sur ces dépôts et même être injectés dam les fentes qui se trouvaient ou se formaient dans ces derniers : explication qui parait d'autant plus satisiàisante, que les granités ont dû conserver long-temps après leur coagulation l'état de mollesse nécessaire pour se prêter aux phénomènes dont il s'agit; d'où il résulte que, tout en admettant que le terrain granitique est en ' général le résultat de la première coagulation de la croûte du globe, on n'est pas obligé de restreindre leurs soulèvements aux premières révolutions.
D'un antre côté, on peut aussi concilier avec l'hypotbèse de la priorité des granités sur toutes les autres roches, deux circonstances qui, au premier abord, semblant encore lui être opposées; c'est la liaison du terrain granitique avec deux ^upes plus nouveaux que les terrains hémilysiens, c'est-à-dire, avec les terrains porphyrique et pénéen.
En effet, la première de ces circonstances n'est
quune conséquence de la manière dont nous supposons que les porphyres ont été formés et de leur rapport de composition avec les granités; car, si les porphyres sont le résultat déjà* culations qui ^ quoique postérieures à la coagulation du granité, ont quelquefois eu lieu avant que celui-ci soit passé à l'état de solidité sclérique, on sent que, quand la matière de ces porphyres a été poussée de bas en haut contre la masse granitique, elle aura été dans le cas de s'injecter dans cette dernière , plutôt que de la soulever, et que, vu Tétat où se trouvait le granité et vu la presqu'identité de nature entre ces deux roches, il a dû se former une union intime entre la matière injectée et celle injectante.
U est bon de faire remarquer , à cette occasion , que la grande ressemblance entre la nature chi-^ mique des roches des terrains porphyrique et granitique, ainsi que la différence de texture qui les distingue, sont aussi en rapport avec l'origine que nous leur supposons; car, si le globe a été à l'état fluide, il est bien probable que les matières qui composaient cette masse, se sont disposées , jusqu'à un certain point , dans l'ordre de leurs densités, de sorte qu'il y aura eu peu de différences entre celles qui étaient voisines, ce qui explique pourquoi les dépôts porphyriques, qui paraissent les plus anciens , sont précisément ceux qui ressemblent le plus aux granités, et pourquoi les produits de nos volcans actuels sont, de toutes les roches plutoniennes , celles qui dîf-
fèrent le plus des granités*. D'un autre côté, on sent que si la matière des porphyres a été injectée dans des dépôts dont la température était déjà devenue assez basse, elle se sera refroidie plus 'rapidement que les matières qui se coagulaient en grandes masses , et qu'en conséquence la force de cristallisation n'aura pu s'y développer d'une manière aussi complète.
Quant à la liabon entre les granités et le terrain pénéen, elle annonce seulement que les gra-> nites qui présentent cette liaison ont été soulevés à l'époque de la formation du terrain pénéen; car on conçoit que l'agitation qui s'est établie dans une circonstance semblable, a dû désagr^er . et remanier la partie extérieure d'une masse aussi friable que celle que devaient former les granités avant que leur consolidation fût complète. Apparitîoa im n 65. Lorsouc uous avons parlé de l'absence
^ Si Ton objectait contre Topiaion de ramugement de» matières qui composent le globe dans Tordre de lenr densitéy qtte les terrains ploloniens n^annoncent pas un accroissement de densité très-sensible dans Tordre de leors éjacolationa , on pourrait répondre qne les corps, en changeant d^état, éprouirent presque toujours des changements dans leur densité; qne ces matières, en trayersant la croûte solide pour arriver an jour , ont dû éprouTcr des actions susceptibles de modifier leurs pro> priéiés originaires , et quVnfin il parait que Finterposition des matières gaseuses a- joué un grand r61e dans le phénomène de réjacolation lui-même. ^An surplus , on pourrait dire aussi qacf les roches plutoniennes nouvelles annoncent quMles parlent d^une masse plus dense que les roches anciennes; car celles-ci conUennent ordinairement plus de magnésie et moins de fer qne celtef-lk : or on sait que les combinaisons 4^ ^^^ sont généralement plus denses que celles de la magnésie.
PHÉNOMÈNES ANTÉDILUTIEN8. 689
des débris detres vivants dans le terrain tal-^ queux, nous n'atons voulu que rappeler l'état actuel des observations , sans prétendre que la vie ne pût avoir paru sur la terre , lorsque les derniers termes du terrain talqueux se formaient , aussi bien que quand se déposait le terrain ardoisier^ d'autant plus que l'on a vu qu'il n'y avait presque pas de différences entre ces deux groupes de terrains. Si l'on objectait 'qu'il est peu convenable de placer l'apparition des êtres vivants au milieu d'ime série de dépôts qui se lient aussi intimement que les terrains bémilysiens, nous répon-^ drions que nous ne voyons pas de motî& pour supposer que ce phénomène, quelque important qu'il soit pour l'histoire de la terre, ait dû opérer des changements dans les circonstances qui don-* naient naissance aux roches , ni même coïncider avec aucune des grandes catastrophes dont nous supposons que notre globe a été le théâtre; car ces révolutions ,l)ien loin de développer le mouvement vital , devaient, au contraire, arrêter son dévdoppement Du reste , on sent qu'il n'a pu exister d'êtres vivants sur la terre, qu'autant que la température de sa surface n'était pas trop élevée pour détruire les tissus organiques, et, quoiqu'il soit très -possible que les premiers êtres vivants aient pu supporter des températures qui ^sraient mourir les animaux et les végétaux actuels, il est infiniment probable qu'il n'a pu en exister avant que le globe ait été entouré d'une écorce solide, et qu'il y ait eu sur cette écoroe des amas d'eaux permanentes, de sorte que les
690 G&OGÉNIS.
trois premiers modes de fprmatîoD des rodbes que la théotiie et l'obserTatiou nous ont fait admettre, devaient exister avant l'apparition du mouvement vital. D'un autre côté , il est inutile de dire que cette apparition n'a pas fait cessa- ces formations, puisqu'il en est qui ont encore lieu, et qu'une grande partie de l'écorce du globe recèle des débris d'êtres vivants ; mais on ne voit même aucun motif pour que la présence de ces êtres ait apporté, dans la nature et dans la texture des roches, d'auti-es changements que ceux qui pouvaient résulter du ■ mélange de ces corps ou de leurs débfis avec les masses qui se formaient, et on sent que ces changements ne devaient pas être très-importants , surtout dans les premiers moments, la vie n ayant pas dû prendre, au premier instant, tout le développement qu'elle a eu quelque temps après. Il est à remarquer aussi que la diversité des phénomènes f|ui se passaient à la surfoce du globe , et les vai-iations que présentent les diverses masses, par rapport à la transmission de la chaleur, rendent inDniment probable que le mouvement vital ne s'est pas établi sur toute la terre à la fois; car ooilains lieux devaient avoir déjà acquis une température très-propre au développement des êtres vivants, tandis que d'autres parties devaient être encore douées d'une température qui ne permettait pas à ces êtres d'y subsister.
Il résulte de ces considérations, que l'apparition des êtres vivants n'a pas dû occasioner de grands changements dans la nature des roches qui
rxjO (iEOGL.SIK.
conduiseut à recounaître que les [ibénoinèutt, qui ont eu lieu à la surface du globe dans l4 temps auciens, sont analoi^es à ceux qui it passent maintenant, et qu'ils n'en diflérent rjifl par une énergie qui se conçoit aisément dès qiÉ l'on suppose que notre planète a été h l'élal <| fluidité ignée; liypolbèse à laquelle nous condnl le concours uniforme des conclusions tirées A la physique, de la chimie et de la pliysiotogii ■ 768. Nous avons vu également que dans ceU '"■ hypothèse l'on peut distinguer deux séries i terrains: l'une qiie nous désignons par répithèl de neptuniame , parce (jue les eaux ont joué tri rôle important dans sa formation ; l'autre qo nous appelons plutonienne , parce que nous sol posons qu'elle a été formée par la voie sèche. li première de ces séries s'est formée de bas C haut par l'addition de couches successives, doi la position relative est encoi-e susceptible d'être reconnue, sauf quelques incertitudes dont la causes s'expliquent aisément; mais la seconi qui a dû se former dans le sens opposé dire de haut en bas, est entièrement hypol tique, en ce sens rpie les dépôts cpie nous conn' déi-ons comme sa première assise, pourraient biei appartenir à la série ueptunienne, et que les dé pôls que nous croyons provenir des assises infi rieures pourraient, à la rigueur, n'être que dt terrains neptuniens modifiés par les feux terrains.
769. Du reste, c'est une circonstance très-renil quahie, cl en même temps irès-favorable
ondn 'est-4 •otb|
pas encore rencontré, dans le g^rand nombre ée lieux où l'on a observé les torains anciens, des re«tes d'espècee semblables à celles qui TÎvent actuellement; il faudrait que , par un second hasard, ies êtres Tirants eussent été cantonnés sur la surface du globe, en groupes qui pràentassent des systèmes d'organisation qui, quoique faits sur les mêmes types généraux , auraient tous été plus ou moins diiiër«its, et auraientoSèrt une succession de formes analogues à ce que l'étude géognostique des terrains nous a présenté. Il faudrait, enfin, supposer que, par im troisième hasard, qui tombe encore moins sous lessens, la destruction eût successivement atteint les groupes lea plus différents de la nature actuelle , et que les coor trées où nous avons fait des observations n'aient été habitées que par ces divers groupes, qui seront venus successivement se remplacer dans l'ordre de leurs affinités oi^aniques avec le groupe actuel, à tel point que le changement, quand la série des terrains n'est point interrompue, ou quand le changement des êtres vivants ne concorde pas avec \jne invasion ou une retraite de la mer, n'a lieu que par des passages presque insensibles, et qu'à côté d'une forme nouvelle il se conserve, an moins pendant quelque temps , des formes aiiciennes qui disparaissent ensuite pour ne plus se rqu-ésenter.
. 766. L'hypothèse du changement successif des êtres vivants par la voie de la reproduction peut, de son côté, être attaquée par la considération que, dans l'état actuel des choses , les espèces ont
700 ■ GÉOGENIB.
semble de ooti'e tableau de classification des terrains exprime Vordre de structure de l'écorce Au ^obe, en allant de l'extérieur à l'intérieDr; qoe cet ordre peut être considéré comme positif jns- <{a'aux terrains granitiques , mais qu'il est purement hypothétique pour les groi^>es suivants, à r^ard desqu'ils il exprime seulement la position où nous supposons que se troBvent les niasses d'où ont été détachées les parcelles qui sont parvenues à nos yeux:
Pour que ce tableau ex^mât l'ordre des consolidations ou des mises en place, il fiiudrait prendre , pour point d« départ , la séparadon entre les terrains hémilysiens et agaîysiens, et aller d'un côté de bas en haut, et de l'antre de haut «1 bas.
TABLEAU SYNCRRAINS.
CROUP * MEMBAESf
Tnrda uarit
lillim-
TeiTun Jiiwi . ■ „
/Tcttui
lires et de sibles purs, dans lesquels sont subordonna du calcaire, du gr^, de la limonite, du lignite, etc.
Le moyen ou quarzosableiix reaferme aussi , maii «n petite quanlilé, du sable calcariflère, du catcaire, de la limonile et des grès Ësluleux.
L'auteur a reconnu dans ces deux systèmes i ^3 espèces de coquiJies fossiles, dans le nombre desquelles 6 seulement ont leurs analogues vivants; sur les 167 qui n'ont point d'analogues vivants, 1 1 sont parliculièm as soldn Brabant; 76 se retrouvent à Grignon (3ii); 1^ k Chaumont, autre localité du bassin de Paris; sfi dans Fargile de Londres (Sï?); 5 seulement dau le Plaisantin (336), mais qui se trouvent aussi dans k bassin de Paris; et deux dans le crag deSufiblk (SaS).
L'auteur regarde les fossiles suivants comme cinctèrisliques du bassin de Bruxelles, tant par leur abondance que par la variété des localités oà ils se troaveni; ce sont :
SfMMlus auricalalmt.
lamma eeraaUeti.
Jeloi»fes.
Hmmlilas BaHM.
Openaiiaa OrUgaii.
Jftamalha Imrigata. KammaliKa variolaria.
Qaiaqatlacatiaa taxeram.
M*laaia margiHala.
Tnniella graaaieia.
Tmrriltlla iatriealoria.
Selariam Njilii.
CattUaria cariaal*.
SalUlleria /uianl/a.
yoïmia tpiaasa.
CaJjflrea îrochffarmii.
]i$ia4U{am Dtsàajtiamam.
TmtraMa trilotata.
Aoomia ilrala.
Otirej plitaltlla.
Ostrta fiaUllata.
PtcUa flehtiat.
Ptclea tatta.
Ptctmacalat graaaiataiéti.
Naeala aarfarilatta.
Piiaa margarilacia.
Ca réiam peraleimm.
Lmciaa éinaricatm.
Macira lemisale^a.
Carialapismm.
Tttiio aofalit.
Tarfiaolia tmleata.
tmaa/iltj laiiatai OaUolitis fi jllcfM^Mau
BHBM