CHAPITRE PREMIER
De r indigo^
L’indigo est une substance colorante bleue qu’on extrait d’une plante qui est connue sous le nom à'ajiil^ ô^indigofère et indigo.
On cultive la plante dont on retire l’indigo ou l’indigofère à la Chine , au Jaj^on , aux Indes , à Madagascar , en Egypte et dans les colonies de l’Amérique : il y en a plusieurs espèces ; mais en Amérique , on en distingue particulièrement trois : X indigo fiyxnc , indigofera tinctoria , Linn. , qui est la plus ipetite et qui produit l’indigo de plus basse qualité ; mais comme il en donne une plus grande quantité ^ on le préfère souvent : le second est X indigofera disperma., Linn. c’est celui que l’on cultive à Guatimala; il est plus élevé , plus ligneux que le précédent ; il donne un meilleur indigo : le troisième est X indigofera argentea
OU 1 indigo bâtard, qui est encore plus ligneux que le precedent; il donne le plus bel indigo; mais en plus petite quantité que les autres.
Il y a apparence que cette plante absorbe d’autant plus de substances étrangères , qui se trouvent ensuite confondues avec les parties colorantes , qu’elle est plus herbacée.
Lorsque l’indigofère donne des signes de maturité , on le coupe et on le transporte dans des cuves destinées à lui faire subir une fermentation il laquelle il est très-disposé. Lorsqu’il est coupé dans l’état de maturité , il donne une plus belle couleur, mais il rend beaucoup moins; s’il est coupé trop tard , on perd encore plus , et on a un indigo de mauvaise qualité. ^
L’on a trois cuves posées les unes sur les autres à des hauteurs différentes et près d’un réservoir d’eau. La première s’appelle trempoire ; c’est dans celle-là qu’on porte la plante , après l’avoir remplie d’eau jusqu’à une certaine hauteur. Bientôt il s y établit une fermentation trèsvive, et il s’y forme beaucoup d’écume. Le gazi qui s’en dégage est en partie inflammable.
Lorsque l’indigotier reconnaît que la fermentation est assez avancée et que les parties coloran tes sont disposées à se séparer, il fait couler la liqueur dans la seconde cuve, qu’on nomme la batterie^ et dans laquelle on fait subir à la liqueur un battage avec des instruments destinés à cet usage.
KPf général. '-*9
Le Blond prétend , dans des observations qu’il avait envoyées à racadémie des sciences , que cette opération est destinée a dissiper l acide carboni* que qui s’est formé dans la fermentation, et qui empêche les parties colorantes de se précipiter. Il dit que le battage n’est pas suffisant pour procurer la précipitation de toutes les parties colorantes, et que l’on a fait dans la Guyane française l’essai d’un procédé , qui , en procurant un précipité beaucoup plus abondant , a ranimé l espoir des colons , qui abandonpaient ce genre de fabrication. Il consiste à mêler une certaine quantité d’eau de chaux à la liqueur , dont on absorbe par ce moyen l’acide carbonique ; mais il croit qu’il ne faut pas passer la proportion convenable , et qu’un excès d’eau de chaux est nuisible. Cette méthode n’était pas inconnue ; et le P. Labat en fait mention. Struve a aussi pensé que l’eau de chaux favorisait la précipitation de l’indigo en s’emparant de l’acide carbonique qui le tenait en dissolution (i).
Lorsqu’on juge par la couleur bleue , que le battage est suffisant , on laisse reposer pendant environ deux heures, pour que les parties colorantes commencent à se séparer de la liqueur qui contient une partie extractive jaune , et alors on les fait passer dans une troisième cuve qu’on ap-
(i) BIbliot. wiéJicû-pliysique dit Nord , toin, III.
r>E LA'^TEIîrTURE
pèle le diablotin. On laisse les parties colorantes se déposer dans cette cuve, dont on fait écouler la liqueur surnageante successivement par deux iol)inets posés 1 un sur l’autre; après cela l’on fait écouler par un troisième robinet les parties colorantes qui ont une consistance à demi-fluide , dans des chausses de toile ; et lorsqu’elles sont réduites à l’état de pâte , on les coule sur des caisses carrées à l’air libre , sous des hangars qui les tiennent à l’abri du soleil.
L’indigo qui résulte de ces opérations , diffère non-seulement selon les qualités de la plante dont îl est produit , mais aussi selon les soins qu’on a mis à sa préparation : cependant sa partie colorante paraît avoir par elle-même peu de différence ; de sorte que les qualités qui le distinguent dépendent sur-tout de la proportion des parties étrangères qui s’y trouvent mêlées , et de la consistance plus ou moins grande qu’il a prise en se desséchant.
Il y en a de léger qu’on appèle indigo léger o\x indigo flore ^ qui vient de Gnatimala, et qui est d’un beau bleu. Il surnage l’eau pendant que les autres espèces se précipitent au fond de ce fluide; C’est la plus belle espèce et la plus précieuse. Il v en a qu’on connaît sous le nom à' indigo cuivré, parce que sa surface prend la couleur du cuivre lorsqu’on le frotte avec un corps dur ; enfin il y
en a (les espèces beaucoup moins pures , telles que celui qui vient de la Caroline.
• Cependant les molécules bleues de l’indigo doivent indépendamment des substances étrangères, une partie de leurs propriétés à la préparation meme.
Lorsqu’on broyé la feuille de l’indigo, son suc prend bientôt à l’air une couleur bleue verdâtre. Si après l’avoir broyé, on en extrait le suc par une infusion , en laissant cette dissolution à l’air , elle se trouble et il se précipite une fécule bleue verdâtre , qui conserve cette nuance verte , malgré les lotions répétées et une longue exposition à l’air, fm Egypte où les arts ont fait peu de progrès , on se contente de broyer la plante , de la faire infuser dans une eau chaude que l’on fait couler ensuite dans une fosse de terre argileuse, où on l’agite avec des battoirs pour en faire précipiter la fécule; mais l’indigo que l’on obtient ainsi est toujours verdâtre et donne une mauvaise couleur ; il paraît dans cet état plus disposé à se dissoudre par le moyen de la fermentation ; car les teinturiers n’ont besoin que d’y mêler du sucre brut pour établir les cuves dont ils se servent pour teindre. Un artiste français retira un bel indigo en fesant subir à la plante les mêmes préparations que dans les autres pays.
Les trois parties du procédé que l’on emjiloie, ont chacune un objet différent : dans la première
4^ Dï LA TEINTURE
on établit une fermentation dans laquelle l’actiori de r air atmosplie'rique n’intervient pas , puisqu’il se dégagé un gaz inflammable ; il en résulté probablement quelque changement dans la composition meme des parties colorantes; mais surtout la séparation ou la destruction d’une substance jaunâtre qui donnait à l’indigo une teinte .verdâtre, et qui le rendait plus susceptible d’ëprouver l’action chimique des autres substances. Cette espèce de fermentation passe à une putréfaction destructive , parce que l’indigo, ainsi que nous le verrons , a une composition analogue à celle des substances animales.
Jusques-là les parties colorantes ont conservé leur liquidité : dans la seconde opération on fait intervenir l’action de l’air qui en se combinant avec les parties colorantes, les prive de leur solubilité et leur donne la couleur bleue : le battage en même temps sert à dissiper l’acide carbonique qui s’est formé dans la première opération , et dont l’action est un obstacle à la combinaison de l’oxigène : on favorise la séparation de cet acide, par l’addition de la chaux ; mais si l’on en mettait une quantité surabondante à cet effet , l’excès agirait lui-même sur l’indigo et s opposerait à la libre combinaison de l’oxigène.
La troisième partie du procédé a pour objet le dépôt de la partie colorante , qui est devenue insoluble par la combinaison de l’oxigène > sa
encénéral. 4^
séparation des substances étrangères , et sa dessiccation qui lui donne plus ou moins de dureté et qui en fait varier les apparences. .
Non seuleiiieiit rindigo est d’un usage trèséteiuînen teinture, maïs ses propriétés chimiques sont très-remarc[uables ; elles expliquent d’une îuanière claire et positive les procédés de teinture où l’on en fait usage , elles indiquent des analogies intéressantes avec d’autres phénomènes : par ces raisons , nous présenterons avec quelques détails les observations des chimistes qui ont établi cette théorie. C’est sur-tout à Bergman qu elle est due.
Dans les expériences de ce grand chimiste (i) , l’eau a dissous , par le moyen de l’ébullition , un neuvième du poids de l’indigo: les parties dissoutes par l’eau paraissent en parties mucilagiiieuses, en parties astringentes, et en parties savoneuses; la dissolution d’alun et celles du sulfate de fer et de cuivre en précipitent les parties astringentes.
Quatremere (2) a aussi séparé par le moyen de l’eau les parties qui sont solubles : il prétend que
(1) Analyse et examen cfiimîque rie Tindigo. Mcm. tira Savans étrangers , tom.JX. Opus. tom. V.
(?.) Analyse et examen cliim. de Pindigo, tel qu’il est dans le commerce pour l’usage de la teinture. Mém. des 6a V, étf. tom, IX,.
De la
teinture
leur quantité est d autant plus considérable que l’indigo est d’une qualité inférieure. Il dit qu’apifs cette opération , le résidu a acquis les qualités du plus bel indigo : il propose donc de purifier celui qui est d’une qualité inférieure , en le lésant bouillir dans un sac , et en renouvelant 1 eau jusqu à ce qu elle ne prenne aucune couleur. Cette opération serait sans doute avantageuse, puisqu’on priverait par-là l’indigo des parties jaunâtres qui peuvent altérer sa couleur j cependant il est vraisemblable qu’il se trouve encore des difféiences dans la nature meme des parties colorantes et dans les parties terreuses insolubles^ qui à la vérité ne pourraient pas nuire à la couleur, mais qui changeraient les proportions des parties colorantes.
La poudre d indigo digérée dans l’alcool , à donné une teinture d’abord jaune , puis rouge , et enfin brune. Elle a perdu , par cette opération répétée plusieurs fois , environ un dix-septième de son poids. L’eau sépare de cette teinture une matière résineuse brunâtre.
L’éther agit sur l’indigo à-peu-près comme 1 alcool ; mais les huiles tant fixes que volatiles ont peu d’action sur lui.
Bergman a mêlé une partie d’indigo bien pulvérisé avec huit parties d’acide sulfurique qui était sans couleur, et tellement concentré, que sa pesanteur spécifique était à celle de l’eau dis-
iillée : : 1900 : 1000. Le flacon de verre dans lequel le mélange a été fait , a été bouché légèrement. L’acide a attaqué promptement l’indigo et a excité une grande chaleur; après une digestion de vingt-quatre heures , l’indigo était dissous ; mais le mélange était opaque et noir ; en ajoutant de l’eau, il s’est éclairci en donnant successivement toutes les nuances de bleu , selon la quantité d’eau. Il faut au moins dix kilogrammes d’eau dans un vaisseau cylindrique de verre de 0,19 met. de diamètre pour rendre insensible la plus petite goutte de cette dissolution.
Si l’acide sulfurique est étendu d’eau , il n’attaque que le principe terreux qui se trouve confondu avec l’indigo et quelques parties mucilagineuses.
Plusieurs bocaux dans lesquels une goutte de cette dissolution a été mélée avec des liqueurs qui contenaient différentes substances , telles que des acides, des alcalis , des sels neutres, ont été exposés pendant quelque temps à une température de 1 5 à 20 degrés. Dans quelques-uns la couleur s est conservée sans altération ; dans d’autres elle a verdi et s’est détruite plus ou moins promptement. Bergman explique les changements qu’il a observés , par la propriété que quelques substances ont d’enlever du phlogistique , et quelques autres d en donner : ils s’expliquent heureusement par les affinités de l’oxigène, que quelques
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substances donnent , enlèvent, ou attirent de l’atmosphère.
Les alcalis fixes satures d’acide carbonique , séparent de la dissolution d’indigo une poudre bleue très-fine, qui se dépose très-lentement. Bergman distingue cette poudre bleue sous le nom d indigo précipité. On l’obtient aussi en versant goutte à gouUe la dissolution dans l’alcool , dans les dissolutions saturées d’alun , de sulfate de soude, ou de quelques autres sels qui contiennent de l’acide sulfurique, mais la liqueur reste toujours un peu colorée.
L’acide muriatique qu’on fait digérer et meme bouillir avec l’indigo, se charge de la partie terreuse, du fer, et d’un pende matière extractive qui le colore en brun jaunâtre , mais sans attaquer en aucune manière la couleur bleue : si l iodigo est précipité de l’acide sulfurique , alors l’acide muriatique en dissout très - facilement une certaine quantité , et forme une liqueur d’un bleu foncé.
Les autres acides , tels que le tartareux , le fourinique , l’acétique et le phosphorique , se comportent avec l’indigo comme Tacide muriatique; ils dissolvent fort bien l’indigo précipité. L’acide sulfurique qui est trop étendu d’eau pour dissoudre l’indigo , et Facide nitrique qui est aussi trop affaibli pour décomposer l’indigo , n’en dissolvent que la partie terreuse et la partie
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f'XlrRctlvequi sont étrangères à la substance colorante.
L’acide nitrique concentré , attaque l’indigo avec une telle violence qu il 1 enflamme t s il est affaibli à un point convenable , il agit avec moins de vivacité : la couleur de l’indigo devient ferrugineuse ; le résidu après cette opération a 1 apparence de la terre d’ombre et ne fait que le tiers de l’indigo. L’alcali fixe précipite, de l’acide nitrique qui a agi sur l’indigo , un peu d’oxide de fer mêlé de baryte et de terre calcaire ; mais si on ajoute trop d’alcali, une partie du précipité •se redissout , et rend la couleur de la liqueur plus foncée qu’elle n’était auparavant.
Haussmann décrit dans une dissertation trèsintéressante , des observations plus suivies sur les changemens que l’acide nitrique produit dans l’indigo fi). Lorsque tout l’indigo a paru détruit, il a trouvé un coagulé , qui , après avoir été dépouillé de tout acide nitrique par le lavage , formait une masse brune et visqueuse, qui se dissolvait dans l’alcool , et n’était dissoluble que dans une grande quantité d’eau : elle avait une amertume considérable. L’eau qui avait servi aux lotions , a donné par l’évaporation de petits cristaux qui étaient probablement de l’acide oxalique.
(i) Journ. de Phys, 1788^.
L’aeide muriatique oxigeiië a peu d’action sur l’iudigo en substance ; mais , ce qui prouve que cette inaction ne dépend que de la cohérence , c’est qu’il en détruit facilement la couleur , et en change la composition , lorsqu’il est en dissolution ; si après qu’il a opéré cette destruction^ on fait évaporer la liqueur , on retrouve une substance noirâtre analogue à celle qui résulte de la décomposition par l’acide nitrique.
La décomposition par l’acide nitrique et par l’acide muriatique oxigéné est réciproque , et les effets dépendent du passage de l’oxigène de ces acides à une combinaison plus intime avec l’hydrogène et le carbone, sur-tout avec l’hydrogène : il se forme une combinaison où le charbon domine , mais avec des proportions déterminées par les circonstances.
Il n’y a donc que l’acide sulfurique qui puisse dissoudre l’indigo ; mais nous verrons qu’il ne produit lui - meme cet effet qu’au moyen d’un changement de composition qui altère peu la couleur de l’indigo , mais qui le rend soluble par les autres acides et par les alcalis.
L’alcali fixe, dissout quelques substances étrangères à la partie colorante de l’indigo ; mais il attaque peu les parties colorantes elles-mêmes, l’ammoniaque ou alcali volatil caustique agit à-peU'près de la même manière. L’indigo précipité , se dissout promptement et à froid dans
les alcalis, soit fixes, soit volatils, s’ils sont purs ou caustiques ; leur couleur bleue se change peu à peu en vert, et finit par se détruire; niais si les alcalis sont combinés avec l’acide carbonique , ils ne produisent pas cet eifet. L’eau de chaux a peu d’action sur l’indigo ; mais elle dissout celui c{ui est précipité : elle altère et finit par détruire sa couleur , à - peu - près comme les alcalis caustiques.
L’indigo exposé à l’action du feu dans un creuset ouvert ou sous une moufle, fume, se gonfle, rougit, et meme quelquefois prend feu en donnant une flamme blanche ; cent parties d’indigo laissent trente-trois ou trente-quatre parties de cendres.
Ces cendres ne donnent point d’alcali fixe lorsqif on les lessive avec l’eau distillée : l’acide muriatique en dissout la plus grande partie avec une petite effervescence : le résidu c[ui est insoluble , en forme le onzième , et il a les caractères de la terre silicée.
La dissolution faite avec l’acide murîatiaue-
produit du bleu de Prusse en y mêlant du prussiate de potasse : mais le fer que l’on sépare par- là ^ ne doit pas être confondu avec celui qui entrô seul dans la composition des parties colorantes.
Outre le fer et la terre silicée , la cendre contient de la terre Calcaire et de la baryte.
L indigo détonne fortement avec le nitre. Il a 4onné dans la distillation de l’acide carbonique ,
5o DE LA TEINTURE
une liqueur qui contenait un peu d’alcali volatil , et une huile qui était semblable à l’buile empyreumatique du tabac, et qui se dissolvait fort bien dans l’alcool.
Bergman conclut de son analyse , que cent parties de bon indigo contiennent :
Parties mucilagineuses qu’on peut séparer
parl’eaul
Parties résineuses solubles dans 1 alcool . 6
Parties terreuses qui sont dissoutes par 1 acide acétique , lequel ii attaque point le fer
qui est ici dans l’état d’oxide . . . . • 22
Oxide de fer qui est dissous par l’acide muriatique . . . i3
Pestent quarante-sept parties , qui sont des molécules colorantes presque pures , et qui , distillé,es seules , ont donné :
Acide carbonique ^
Liqueur alcaline ^
Huile empyreumatique 9
Charbon
Le charbon brûlé à l’air libre, a donné quatre parties de terre, dont environ la moitié était du fer oxidé , et le reste une poudre silicée très-subtile.
Il résulte de cette analyse, que l’mdigo pur contient à-peu-près les memes élémens que les substances animales, et il est à croire que loii retrouvera du phosphate dans les cendres j mais
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ce qui le distingue des substances animales, c’est îa grande quantité de cliarbon qui doit donner à sa composition une plus grande stabilité que n’en ont les substances ammales ordinaires ; cependant nous avons déjà vu que si sa préparation n’était pas faite avec ménagement, il pouvait subir les effets de la putréfaction ; par-là il est altéré ou détruit. (>.elui dont la fermentation est poussée trop loin devient noir : on le désigne comme iii‘ digo brûlé.
Bergman attribue sa couleur au fer, et le compare au prussiate de fer et aux molécules noires qui sont formées par la combinaison d’un astringent et de l’oxide de fer : cette comparaison ne nous paraît pas exacte : le fer qui se trouve dans la composition des parties colorantes de rindigo, ne fait giières plus que le trentième de leur poids; les modifications qu’elles reçoivent par la combinaison de 1 oxigène ou par son exclusion , et que nous allons examiner , ne correspondent point avec les effets de l’oxidation de ce métal. Il nous paraît donc qu’il est plus convenable de considérer la couleur de 1 indigo comme un résultat-de 1 action réciproque de tous ses éléinens , que comme une propriété dérivée de run d’eux.
L’on a vu que les alcalis et la chaux ne dissolvaient pas l’indigo, mais , dans les procédés dont on se sert , il devient soluble par ces substances, desquelles il est ensuite précipité sur les matières
que l’on teint. La dissolution de l’indigo par l’aL cali ou par la chaux est verdâtre ; elle devient bleue àl a s iirface , parce que l’indigo en est précipite sous sa forme naturelle : cette couleur verte n’est point produite par les alcalis , ainsi que dans plusieurs autres substances végétales , comme l’observe Bergman ; car les parties bleues qui sont devenues vertes , recouvrent leur couleur , dès qu’on sature l’alcali avec un acide qui lui-méme peut leur donner une couleur rouge ; mais il a fallu que les parties de l’indigo éprouvassent un changement pour se dissoudre dans les alcalis , et les acides n’ont point la propriété de les rendre rouges. Il s’agit d’examiner quel est le changement qu’éprouvent les parties de l’indigo pour se dissoudre dans les alcalis.
Bergman considère deux procédés pour en déduire la cause des changements qu’éprouve l’indigo. Nous entrerons dans plus de détail sur ces procédés lorsque nous les examinerons comme opérations de teinture i il suffit ici de les indi- ‘ quer. Si l’on mêle du sulfate de fer avec poids égal d’indigo et le double de chaux dans de Beau, bientôt l’indigo se dissout ; mais Bergman a observé que si Ion fesait bouillir le sulfate de fer dans beaucoup d’eau pendant plusieurs lieiires, et si l’on réduisait par l’évaporation cette eau k une quantité convenable , la dissolution ne pou-