‹ Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernesChapitre 1 sur 106 · Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes · texte numérisé non relu

Élements de la philosophie chrétienne comparée avec les doctrines des philosophes anciens et des philosophes modernes

I. Les questions discutées jusqu'ici.; regardent le monde en général, les corps inanimés, et, parmi les êtres vivants, les végétaux et les bêtes ; nous allons traiter présentement de rhomme. Cette étude, qui a reçu le nom â^Aîithropologie, ainsi que nous Pavons observé plus haut(i), devait être renvoyée à cette place et former une partie spéciale de la Philosophie. Comme, en effet, Thomme contient en lui-même, d'une manière éminente (2), tout ce que nous avons observé dans les diverses natures des choses, et que de plus il participe, à cause de son intelligence, aux propriétés par lesquelles les substances intellectuelles, ou les anges, remportent sur les autres créatures (3), il est, pour ainsi divQ^ Vanneau qui unit la nature visible avec la nature invisible, et qui, delà réunion de toutes les créatures, forme l'unité de ce vaste univers (4).

(i) Voir la Cosmologie, Introd., pag. 274.

(2) Voilà pourquoi l'homme fut appelé par les Grecs un petit monde, fjnyipo'Koa-fA.oç. « L'homme est appelé un petit monde, dit saint Thomas, parce que toutes les créatures du monde se trouvent en quelque manière réunies en lui » ; I, q. XCI, a. i c. Cf. S. Bonaventure, In lib. III Sent., Dist. II, a. i, q. 2 7'esol.

(3) (( La vie des hommes, dit saint Augustin, tient le milieu entre celle des anges et celle des bêtes » {In Joann. Evang., c. V, tract. XVIII, n. 7) ; ailleurs il dit encore : a L'homme occupe le milieu entre les bêtes et les anges » ; De Civit. Dei, lib. IX, c. i3, n. 3 ; cf. ibid., lib. Xli, c. 21.

(4) Nous ne pouvons nous dispenser de reproduire ce beau passage de Némésius : u Personne n'ignore, dit-il, que l'homme ressemble aux êtres inanimés, qu'il participe à la vie des bêtes et s'unit d'une certaine manière par la raison avec les purs esprits. Car il ressemble aux êtres inanimés — par le corps — ; il ressemble aux plantes par le corps, par la nutrition, et par l'âme générative ; pour ce qui est des animaux privés de raison, il leur ressemble par tous ces caractères, et en outre par le mouvement intérieur, par l'appétit, par les passions et enfin par la faculté de sentir et de respirer. Toutes ces choses sont communes aux hommes et aux animaux sans raison, cependant toutes ne sont pas communes à tous. Mais, par l'intelligence et la raison, l'hom-

Page 1