CHAPITRE XX
Mouvements rectilignes continus , — rectilignes alternatifs ,
— circulaires continus , — circulaires alternatifs. — Transformation de ces mouvements les uns dans les autres. — Cames et pilons. — Appareils de Zureda et de Leupold. — Joint universel ou joint brisé, de Hooke.
— Moyen de remplacer le volant dans les bateaux à vapeur. — Transmission du mouvement de la tige du cylindre au balancier. — Levier arqué. — Parallélogramme de Watt.
360. — Le lecteur se ferait une idée Irès-incom- ()lète de la mécanique, s’il supposait qu’une machine n’a d’autre destination que celte d’établir l’équilibre entre une puissance et une résistance inégales, ou de produire, avec un moteur dont la vitesse est donnée, une autre vitesse plus grande ou plus petite. Dans les arls et dans les manufactures, le genre de mouvement produit importe ordinairement beaucoup plus que la vitesse ou que ta quantité de mou-
vcmenl produite. Ce dernier élément peut influer sur la quantité d'ouvrage obtenue dans un temps donné, tandis que la nature du mouvement est essentiellement liée à la nature de l'ouvrage, et que cet ouvrage ne peut être produit, en quantité quelconque, que par un mouvement d'un genre déterminé. Or, il arrive rarement que la puissance motrice ait précisément le genre de mouvement qu'il convient d'imprimer aux parties actives de la machine, pour l'exécution de l'ouvrage qu'on se propose. De là le besoin d'organiser la machine de telle sorte que certaines parties, en cédant à l'action du moteur, impriment à d'autres parties un mouvement d’un autre genre. En d’autres termes, de là le problème de la transformation du mouvement.
Pour donner de ce problème une solution complète, il faudrait décrire d’abord toutes les variétés de puissances motrices qui sont à notre disposition -, * puis toutes les variétés de mouvement qu’on peut avoir besoin de produire ; montrer enfin tous les moyens par lesquels on peut faire concourir chaque espèce de puissance motrice à la production de chaque espèce de mouvement. Une telle énumération serait évidemment impraticable, et nous ne pourrions en donner ici, môme une esquisse incomplète. Cependant quelques-uns des procédés employés à la modification du mouvement sont si ingénieux, et il est si nécessaire d’en avoir une idée pour l’intelligence des machines complexes, que nous croyons devoir dire quelques mots au moins de ceux qui sont le plus usités, ou qui se distinguent par leur élégance et leur simplicité.
361. — On peut dislinsiier les mouvements qui se présentent pour l’ordinaire dans les applications delà mécanique aux arts, en mouvements rectilignes et en mouvements de rotation. Dans lé mouvement rectiligne, toutes les parties du corps mobile décrivent avec la môme vitesse des lignes droites parallèles. Dans le mouvement de rotation, tous les points 'tournent autour du môme axe, en décrivant dans le môme temps des cercles complets ou des arcs d'un môme nombre de degrés, quoique de dimensions inégales.
Los mouvements rectilignes et circulaires peuvent de rechef se distinguer en mouvements continus et en mouvements alternatifs, selon que les points mobiles se meuvent constamment dans le même sens ou alternativement dans des sens opposés. En conséquence, nous aurons quatre espèces principales de mouvements, qui pourront appartenir aux puissances motrices , ou qu’il s’agira d’imprimer aux parties actives de la machine. Ces mouvements seront :