CHAPITRE II
ASCITE
Vascite est une lésion constituée par l'accumulation de sérosité clans la cavité du péritoine. Cette lésion s'observe dans les affections du cœur, dans la cirrhose; elle accompagne les Un neurs cancéreuses ou tuberculeuses qui siègent dans le péritoine ou dans le foie ; elle peut se produire avec d'autres hydropisies dans toutes les maladies qui donnent lieu à l'albuminurie, et c'est à ce litre qu'on l'observe après les fièvres éruptives et pendant la grossesse. L'ascite est de plus un des éléments les plus constants de toutes les cachexies ; cachexie des fièvres intermittentes, lcUcocylhcmie, cachexie cancéreuse, tuberculeuse; etc.
Il ne faut pas coUfciÉdre avec Vascite les accumulations cle
sérosités, enkystées ou non, qui accompagnent ou qui suivent les diverses espèces d'inflammation du péritoine ; l'ascite se produit sans inflammation, et parcourt foutes ses périodes sans inflammation; à moins qu'un accident, une violence extérieure, une paracentèse, une injection médicamenteuse, ne viennent à développer une péritonite.
L'ascite symplomatiquc est toujours liée soit à un obstacle à la circulation veineuse, soit à une altération du sang. On comprend que les symptômes et la marche de ces ascites varient avec les maladies dont elles sont un symptôme. A marche aiguë, accompagnées d'une fièvre quelquefois intense, sthéniques, comme on dit, à la suite de la fièvre scarlatine, elles sont tovt à fait apyrétiques, chroniques, asthéniques clans la cirrhose. Il est inutile de s'arrêter sur toutes ces différences qui ressortent naturellement de l'histoire de chaque maladie en particulier, et qui encombrent si inutilement la plupart des articles et monographies sur Yascile.
Indépendamment des ascites symptomatiques, il existe une ascitc essentielle ; son existence est établie sur des observations qui présentent toutes les garanties scientifiques.
Etiologie.— Ce n'est guère qu'à partir de la seconde enfance qu'on a constaté l'existence d'une ascite essentielle ; elle semble un peu plus fréquente chez les hommes que chez les femmes, et Y humidité eslune cause occasionnelle universellement admise. Chez la femme l'ascite est souvent liée à Y aménorrhée. Est-ce à titre de symptôme? ou bien, dans ce cas, l'ascite déterminé-telle la suppression des règles? C'est principalement à l'époque de la puberté et à l'âge du retour qu'on observe ces ascites.
L'ascite débute sourdement par un malaise, quelquefois même par un mouvement fébrile de quelques jours. Les douleurs de ventre sont peu intenses, elles peuvent manquer complètement.
Le symptôme principal, presque unique à la période d'état, est le développement de l'abdomen. Ce développement se fait progressivement ; le liquide accumulé dans le petit bassin pendant les premiers temps gagne peu à peu les flancs, repoussant
ASCITE. — TRAITEMENT. lyd
les inlcstins vers la région ombilicale, puis vers l'épigastre. L'abdomen se distend, le diaphragme s'immobilise : d'où une dyspnée quelquefois excessive, empêchant le malade de se coucher, déterminant la teinte violacée des lèvres et un commencement d'asphyxie ; de là encore des palpitations, des lipothymies, et du côté de l'estomac, des troubles de la digestion.
Inspection. — Quand le ventre a déjà été distendu par des grossesses antérieures ou quand l'hydropisie se reproduit après la paracentèse, le ventre est aplati, élargi vers les fosses iliaques. Dans les autres circonstances, surtout si le liquide se produit rapidement, le ventre est globuleux.
Fluctuation. — Elle se perçoit d'un côté à l'autre du venlre, par un choc brusque opéré d'un côté tandis que la main appliquée à plat reçoit le flot du liquide du côté opposé. Quand il y a peu d'eau on perçoit le choc du liquide entre deux doigts, le troisième frappant brusquement l'abdomen.
La percussion permet de constater une matité qui varie avec la position des malades.
Habituellement heureuse dans l'ascite essentielle, la terminaison s'opère souvent par des crises. Ce sont des évacuations excessives par les urines, les selles, les sueurs, ou même par les vomissements ou la salivation. Quelquefois il se fait une éraillure sur la ligne blanche, à l'ombilic, dans les parois vaginales; le liquide s'échappe peu à peu par cette ouverture, et la guérison a quelquefois suivi ce mode de terminaison.
La durée de la maladie est variable, mais toujours longue; cependant il y a des exemples de guérison après six semaines et deux mois ; la mort arrive par asphyxie, syncope ou par péritonite.
Traitement. — Helkboi merevrius, china, arsenicum,î'odum, pulsalilla, ledum palustre, pruna spinosa, sont les médicaments principaux à employer dans le traitement de l'ascite. L'expérience clinique a démontré l'efficacité de tous les médicaments que nous indiquons ; seulement les observateurs n'ontpas suffisammenldistingué l'ascite symptomaliquedcl'ascitc essentielle. Jousset, "Ie édit. t. II — 13
Hcllcbnrus niger est indiqué principalement dans les ascil.es récentes et au début du traitement. Un mouvement fébrile, avec prédominance de froid, l'absence de soif, un sentiment de froid dans le ventre, indiquent ce médicament.
China est indiqué quand l'état cachectique est déjà prononcé. Ce médicament est surtout efficace quand l'ascite s'est développée après des hémorrhagies. La diarrhée aussitôt après les repas, la soif vive, la boulimie, avec digestion troublée, la gêne de la respiration, les urines très-fréquentes, peu abondantes, troubles, avec un dépôt blanc ou rouge, indiquent encore ce médicament.
Arsenicum s'est montré bien souvent efficace contre les ascites arrivées au dernier degré, avec suffocation, syncope, lientérie, amaigrissement squelettique, agitation et anxiété nocturne, fièvre hectique.
lodium est indiqué dans toutes les hydropisies et par conséquent dans l'ascite. Les symptômes sont : l'amaigrissement excessif, la boulimie, l'anxiété cardiaque, avec tremblement des membres, l'urine très-foncée et très-rare.
Pulsatilla est spécialement indiqué dans le traitement de l'ascite, avec aménorrhée; principalement à l'époque de la puberté. Cependant ce médicament a aussi produit la guénson dans l'âge critique. Lachesis devrait être essayé spécialement dans cette circonstance.
La pathogénie et la clinique ne permettent pas encore de préciser les indications de mercurius, ledum palustre, ferrurri, mk fur et pruna spinosa.
Quant aux doses, pulsatilla a donné deux guérisons à la 30°; une dose tous les huit jours ; mais, comme dans toutes les maladies chroniques, je conseille de varier beaucoup et les doses et le mode d'administration.
Nous trouvons les renseignements suivants dans Richard
Hughes:
Apis. Son action sur les membranes séreuses doit le taire essayer, il pourra dans certains cas rendre service.
Apocynum camàbUlm, d'après le D< flalle, possède de remarquables propriétés contre toute espèce d'hydropisic.