‹ Éléments de médecine pratique [electronic resource]Chapitre 126 sur 350 · CORYZA · texte numérisé non relu

CORYZA

nuements plus ou moins l'réquenLs el l'écoulement d'un mucus clair, limpide comme de l'eau, constituent les deux symptômes principaux de la maladie dans sa première période. Lorsque le coryza est intense, les douleurs deviennent extrêmement vives, et, chez les personnes très-impressionnables, elle atteignent quelquefois un degré excessif; elles siégentprincipalementdans le front, au niveau des sinus frontaux et dans les joues, où elles correspondent à l'inflammation des sinus maxillaires; elles s'exaspèrent et s'irradient à la façon des névralgies. L'inflammation s'étend plus ou moins à la conjonctive et détermine de la photophobie, mais surtout du larmoiement. Le liquide séreux qui s'écoule des fosses nasales est plus ou moins abondant ; il s'arrête quelquefois quand le malade est au chaud. Le coryza est alors sec; les narines sont enchifrenées, et cet état est quelquefois plus pénible que celui de coryza fluent. Le flux nasal est souvent très-âcre; il rougit et même excorie la lèvre supérieure.

Pendant cette période, la voix est nasonnée et la respiration plus ou moins interrompue. Chez Y enfant nouveau-né, cette obstruction des fosses nasales a les plus graves inconvénients. L'enfant ne peut respirer que par la bouche, et lorsqu'il veut téter, il est pris de suffocation; l'alimentation devient trèsdifficile et les ailleurs parlent d'enfants morts de faim pendant un rhume de cerveau ; nous n'avons jamais vu une terminaison aussi funeste. Après quelques jours de cette période, la résolution commence, les éternuements cessent ; la céphalalgie diminue, le liquide sécrété devient de plus en plus épais, et sa couleur est jaune ou verte ; l'odorat se perd quelquefois complètement. Ceitc période peut se prolonger très-longtemps, surtout chez les scrofuleux.

Nous dirons un mot du coryza symplomatiquc de la goutte et de la scrofule.

Coryza goutteux. — Il est constitué par des accès d'éternuemenls excessivement répétés et un écoulement séreux trèsabondant. Les malades éternuent 50 fois, 100 fois de suite; le I i ' 1 1 1 1 i.l c si'i'C'iix s'écoule^ aussi abondamment que le sang dans

l'épistaxis. Ces accès débutent et finissent brusquement. Chez certains malades ils se répètent souvent. Je n'ai jamais observé ce coryza que chez les goutteux et chez les hémorrhoïdaires. Ce qu'on appelle la fièvre des foins, n'est autre chose qu'une variété de coryza goutteux ou hémorrhoïdaire survenant plus particulièrement au printemps et acquérant une intensité excessive. Le nez et les yeux sont gonflés outre mesure. Les éternuements, les écoulements d'eau et le larmoiement atteignent le plus haut point. Ces différents symptômes s'accompagnent d'une céphalalgie violente, de courbature, de petits frissons et d'un véritable mouvement fébrile à types rémittents.

Coryza scrofuleux. — C'est une aflection presque constante dans la scrofule. Il affecte une marche chronique ; la douleur est nulle ou presque nulle ; l'écoulement plus ou moins abondant est toujours épais et coloré ; la voix est nasonnée, elle ne peut être soutenue longtemps et devient facilement criarde. Quand cette affection s'est prolongée avec des alternatives de mieux-et de plus mal, la membrane pituitaire s'épaissit et s'ulcère, les mucosités prennent une odeur désagréable et sont souvent mélangées de sang ; l'odorat devient très-obtus ou se supprime même tout à fait.

Traitement. — Au début du coryza le médicament le plus généralement indiqué est ma; vomica. Je l'administre à la dose de quelques gouttes de la 3e dilution, une cuillerée toutes les heures, et souvent il m'est arrivé d'arrêter la maladie en vingtquatre heures.

Le médicament qui m'a le plus souvent réussi après nux, vomica est mercurius solubilis, administré de la même manière.

Les signes qui feront préférer mercurius à nux vomica sont la rougeur et l'excoriation de la lèvre supérieure et de l'ouverture des narines, un écoulement plus continu: nux vomica convient davantage quand il y a alternance de coryza sec et do coryza humide.

Chamomilla m'a rendu de grands services dans les. cas de douleurs insupportables, dans lé front ot dans les joues.

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