SPASME DE LA GLOTTE. — DESCRIPTION
dehors de la première dentition; il est plus fréquent chez les garçons que chez les filles, à la ville qu'à la campagne ; il se développe principalement chez les enfants élevés au biberon et chez ceux qui sont sevrés trop tôt; c'est un des effets de l'alimentation prématurée.
Description. — Cette maladie procède par accès irréguliers; ces accès surviennent au réveil ou à propos des mouvements de déglutition, ou encore quand l'enfant se met en colère. Tout à coup la respiration se suspend; la figure devient anxieuse ; elle rougit fortement, et, dans les accès intenses, les lèvres bleuissent; puis, après 30, 40 secondes, la respiration se rétablit par une inspiration convulsive ; l'air, en passant rapidement par la glotte encore rétrécie, fait entendre un sifflement aigu prolongé. Ce sifflement caractéristique ressemble à celui qui se produit en dehors de toute maladie chez les enfants colères qui se sont pâmés.
Quelquefois la maladie se compose d'un accès unique; soit que l'enfant succombe au premier accès, soit au contraire que la maladie se termine ainsi brusquement par la guérison ; mais le plus souvent les accès se multiplient et se rapprochent, alors d'autres muscles participent au spasme: le diaphragme, les muscles de la face, ceux des extrémités; quelques enfants sont pris d'une attaque complète d'éclampsie. Si la maladie se prolonge, elle altère la 'constitution; les enfants maigrissent, de viennent pâles, anémiques, et tombent clans une sorte de cachexie.
Si la maladie n'est point arrêtée par un changement de lieu ou de régime, ou par un traitement approprié, les enfants succombent pendant un accès. On a décrit une variété de spasme de la glotte dans laquelle le spasme était limité au diaphragme. Dans ces cas fort rares, la glotte étant libre, le sifflement caractéristique ne se produit point.
Cette maladie avait été appelée asthme thymique, parce qu'on avait cru observer qu'elle coïncidait toujours avec l'hypertrophie du thymus. Les recherches récentes d'anatomie pathologique ont démuntré l'erreur de cette opinion.
Traitement.— Moschus est le médicament principal ; sapathogénésie comprend les contractions spasmodiques du larynx, et la clinique compte un grand nombre de guérisons par le musc; mais il est souvent nécessaire d'arriver à la dose de quelques centigrammes. Platina, zineum m'ont encore donné des succès. J'ai prescrit zineum à cause de son emploi fréquenten allopathie contre les convulsions, et platina parce que, administré chez un adulte pour une névrose, il avait déterminé, chaque fois que le malade prenait une cuillerée de sa potion, un véritable spasme de la glotte. Cuprum pourrait encore être essayé. Pendant l'accès, il faut relever l'enfant, le porter à l'air, lui jeter de l'eau à la figure, le flageller. L'application d'eau froide, d'huile chloroformée sur la région antérieure du cou sont deux moyens que nous recommandons pour rompre le spasme.