CHAPITRE PREMIER
CYSTITE
C'est une maladie caractérisée anatomiquement par l'inflammation de la muqueuse vésicale. Elle peut survenir indépendamment de toute autre maladie, sous l'impression du froid, ou à la suite du cathétérisme ; elle accompagne toujours la présence d'un corps étranger dans la vessie et est le symptôme habituel de la pierre; enfin, elle peut compliquer la blennorrhagie. Elle est symptomatique de l'empoisonnement par les canlharides et la térébenthine. Toutes les maladies qui peuvent donner lieu à la rétention d'urine sont des occasions de cystite: les rétrécissements de l'urèthre, les maladies de la prostate, les paralysies de la vessie, suite d'affections de la moelle et du cerveau. Les goutteux et les dartreux sont plus que les autres hommes sujets à la cystite ; mais nous ne possédons pas d'observations suffisantes pour donner les signes clistinctifs de l'inflammation de la vessie dans ces deux maladies.
I. Forme aiguë. — La cystite qui succède à l'impression du froid, à l'empoisonnement par les cantharides, à un cathétérisme,à une blennorrhagie, suit une marche aiguë>Le mouvement fébrile est peu développé, la douleur est caractérisliquepar ses irradiations. Elle siégea l'hypogastre et s'étend en haut vers les reins, en bas vers l'extrémité du canal de l'urèthre; elle augmente par la pression et par le mouvement, principalement par celui de la voiture. Le ténesme vësical, quelquefois poussé au
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plus haut degré, est un symptôme constant. Quelquefois, le spasme du sphincter est tellement violent, qu'il en résulte une rétention d'urine passagère. Les urines sont brûlantes ; elles déposent bientôt un mucus visqueux, semblable à du blanc d'œuf peu cuit, mucus qui se réunit en masse au fond du vase.
La cystite que nous décrivons se termine le plus souvent par la guérison, après un septénaire, quelquefois moins, quelquefois plus ; d'autres fois, elle passe à Y état chronique.
IL Forme chronique. — La cystite suit quelquefois unewarche chronique dès le début; la douleur est peu sensible, le ténesme et la présence du mucus dans l'urine sont les deux signes de cette affection, pendant la première période de la maladie.
Lorsque la cystite persiste pendant longtemps, il se développe des lésions consécutives fort importantes à étudier. La vessie subit une véritable hypertrophie excentrique, comparable à celle du cœur. Les faisceaux musculaires, développés, constituent ce qu'on a appelé les vessies à colonnes. Le réservoir de l'urine, énormément développé, forme une tumeur qui dépasse l'ombilic; cette distension s'accompagne d'une demiparalysie de la vessie qui se vide incomplètement et reste constamment distendue. Le mucus puriforme est très-abondant et peut constituer le tiers, la moitié des urines rendues ; il fermente et détermine l'alcalinité de l'urine qui devient fortement ammoniacale. Le microscope permet de reconnaître alors des cellules de pus et de mucus; des cristaux étoiles d'urate d'ammoniaque et les grands cristaux en forme de couvercle de cercueil (Niemeyer) de phosphate ammoniaco-magnésien. La cystite arrivée à ce degré s'accompagne de fièvre hectique avec amaigrissement squelettique et grands dangers pour la vie des malades.
Dans ces vessies dilatées se produisent souvent des ulcérations ; d'où des abcès, des péricystites et des perforations. Quelquefois, entre les colonnes musculaires, la muqueuse fait hernie et constitue de larges diverliculumsj où séjournent une urine purulente et des concrétions calculeuses.
Dans des cas plus rares, et sans que je puisse en préciser la raison, la vessie subit une hypertrophie concentrique, et coristi-
tue alors derrière le pubis, une tumeur dure, pyriforme, qui peut donner Ueu à bien des erreurs de diagnostic.
Quand la cystite a déterminé toutes ces lésions, elle est habituellement incurable et amène la mort par épuisement des malades.
Une terminaison plus rare et plus grave est la gangrène de la muqueuse vésicale. Elle s'observe principalement dans les empoisonnements par les cantharides, et chez les vieillards, lorsque la cystite chronique passe à l'état aigu. Une urine sanguinolente, brune, fétide et l'affaissement du malade sont les signes de cette terminaison promptement mortelle.
Traitement. — Quand la cystite est aiguë, qu'il y a ténesme violent et que les urines contiennent des glaires et du sang, le médicament principal est cantharis; ce n'estque dans le cas de fièvre violente qu'on devrait employer aconilum.
Pulsatilla convient quand il y a ténesme, douleur au col de la vessie, urines sanguinolentes ; mais il sera préféré si les urines sont purulentes : et si,après la miction, le malade éprouve des douleurs crampdïdes dans les cuisses et dans le bassin.
Digùalis est indiqué par l'inflammation du col de la vessie; urines difficiles ou même rétention d'urine.
Nux vomica est indiqué par le ténesme, les douleurs du col, les urines sanglantes. Ce médicament est prescrit chez les hémorrhoïdaires et dans la cystite due à la gravelle.
Quand la cystite n'est plus à la période aiguë, si le dépôt est encore catarrhal, semblable à du blanc d'oeuf peu cuit, dulcamara est le médicament principal : ténesme, douleur vésicale, urines troubles, contenant un mucus visqueux.
Sulfur vient après dulcamara; il est indiqué par un dépôt de muco-pus abondant, des urines fétides, sanguinolentes par
moment. , .
Tarcntala m'a rendu des serv ices quand le ténesme est trèsmarqué. On pourra encore consulter comum, antimomum el
Si les urines sont purulentes avec mouvemen M, ■ , => crissement et chute des forces, cantkaride, devient encoi e le me-
HÉMORRHAGIE VÉSICALE. — TRAITEMENT. 405
dicament principal. J'ai obtenu une très-belle cure avec ce médicament à la 6° et la 3° dilution. A un degré moindre, quand il n'y a ni pierre, ni amaigrissement, cantharis convient si les urines s'ont puriformcs.
Excepté sulfur que j'ai prescrit de la 6° à la 30° dilution, j'ai toujours employé les autres médicaments à la 3° dilution.