PHLEGMON ET ABCÈS DU SEIN
On en décrit quatre espèces : phlegmon du tissu cellulaire superficiel, phlegmon du tissu cellulaire profond ou sous-mammaire, phlegmon de l'aréole ou abcès tubéreux, phlegmon de la glande mammaire.
Les phlegmons et abcès du tissu cellulaire superficiel ne présentent rien de spécial, ils marchent comme dans toutes les autres régions ; seulement il faut être prévenu de leur existence pour ne pas les confondre avec l'abcès de la glande mammaire.
Le phlegmon du tissu cellulaire du sein marche très-vite, il s'accompagne promptement de rougeur à la peau et présente une fluctuation complète à la fin du premier septénaire.
Traitement.. — Au début solubilis, puis hepar sulfuris et silicea, quand la suppuration est formée. Dès le début, on recouvre
le sein d'une couche épaisse de collodion. Il faut ouvrir ces abcès aussitôt que la fluctuation est perceptible. On peut continuer l'allaitement.
Phlegmon et abcès sous-mammaires. — Si on retranche les abcès dus à la propagation d'une pleurésie purulente etccux qui sont liés à la carie des côtes, les phlegmons sous-mammaires sont excessivement rares. Ils s'accompagnent d'un mouvement fébrile violent ; ils déplacent le sein en masse et le repoussent en avant. La pression exercée sur le sein donne une sensation d'élasticité comme si l'organe reposait sur une vessie pleine ; un œdème variable se montre au pourtour de la mamelle, et la fluctuation est bientôt manifeste.
Traitement. — Le même que précédemment, mais seulement il est moins efficace. Il faut ouvrir aussitôt que possible en bas et en dehors : ou en bas et en dedans, suivant le côté sur lequel les femmes restent couchées.
Phlegmons et abcès de l'aréole. —Ils sont petits, multiples. Les abcès font une grande saillie et produisent de petites tumeurs violacées qui s'ouvrent facilement; ils sont presque constamment la suite des gerçures du mamelon. S'ils tardent à s'ouvrir, il faut les ponctionner avec la pointe d'un bistouri.
Phlegmons et abcès de la glande mammaire. — Comme les précédents, il sont souvent une suite des gerçures du mamelon ; ils ne surviennent guère que pendant la grossesse ou pendant l'allaitement ; cependant j'en ai observé un cas chez une vierge. L'époque à laquelle ils se montrent le plus souvent, s'étend du 15e jour à la fin du 4° mois.
Ces phlegmons sont plus petits que ceux du tissu cellulaire ; ils marchent beaucoup moins vite et n'arrivent à suppuration qu'au milieu ou à la fin du second septénaire. Comme le pus pénètre dans les canaux galactophores, il est prudent de suspendre l'allaitement lorsque le phlegmon est arrive à suppuration. Ces abcès sont multiples et se développent successivement, quelquefois pendant plusieurs semaines. Velpeau en a compté 33 sur le même sein.