CHAPITRE II
OLOSSITE
La glossilc est ^inflammation du parenchyme de la langue. G'esfc bien plus souvent une affection symptomatique d'un empoisonnement ou la suite d'une lésion traumalique qu'une iftaladie essentielle développée spontanément. Quant à la glossite superficielle, nous en avons dit quelques mois à propos de la stomatite, dans l'histoire de laquelle elle rentre tout naturellement.
La glossite symptomatique à été observée dans le cours âee fièvres typhoïdes et pendant la variole; dans ce cas elle se lermine quelquefois par une destruction partielle de l'organe. Les piqûres d'insectes venimeux ou de serpent, la cantharide, la peau du crapaud, ont déterminé des glossites intenses; le tabac, le daphné mezereum employés en gargarisme ont aussi produit cette affection.
La glossite essentielle se développe habituellement sans cause externe appréciable; d'autres t'ois c'est à l'occasion d'une brûlure ou d'un déchirement de l'organe. L'irritation causée par la présence d'un fragment de dent est une cause occasionnelle fréquente.
Le début de la maladie est brusque ; cl l'affection locale ouvre la marche des symptômes quand la maladie est déterminée par le traumatisme. Dans les cas où elle se développe spontanément, un mouvement fébrile très-caractérisé existe dès le début. La douleur est habituellement peu intense, et le gonflement rapide et excessif de la langue constitue le symptôme principal.
Dans la période d'état, la langue, horriblement tuméfiée, nu peut plus être contenue dans la bouche; elle pend au dehors de plusieurs travers de doigt. Comprimée par les dents, elle est d'un rouge sombre, livide et bientôt tout à fait noire.
On comprend que la phonation et la déglutition deviennent impossibles. Mais un accident autrement grave, c'est la difficulté de la respiration et l'asphyxie qui en est la suite. Le gonflement de la base de la langue s'oppose à l'entrée de l'air ; de là des efforts d'inspiration, la coloration rouge, livide, bleuâtre, la tuméfaction de la face et des lèvres, une anxiété considérable, puis une véritable somnolence, et enfin la mort si l'art n'intervient pas promptemenl.
Lorsqu'un abcès se développe dans l^aiSseUfr d'e la langue, l'œdème qui entoure toute suppuration se propage à la glotte el devient encore une cause d'asphyxie.
On a signalé des cas de glossites dans lesquelles l'inllamma' tion restait bornée à une moitié de la langue.
La marche de cette maladie est continue el extrêmement rapide; on a observé des suffocations mortelles après viiiirl-